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T2G  (Genevilliers)  janvier 2016

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Pascal Rambert, avec Marie-Sophie Ferdane, Laurent Poitrenaux, et en alternance, Anas Abidar et Nathan Aznar.

"Argument", c'est l'éternel duo amoureux, un homme et une femme. Mais sans "chabada" lelouchien. Car son auteur, Pascal Rambert, y décline la thématique de l'amour sous la forme du pandémonium conjugal.

Sur le fond, cette partition procède d'une hybridation en miroir des thèmes de ses précédents opus, "Clôture de l'amour", dissection de la mort d'un amour, et "Répétition", exploration de l'effet dévastateur de la jalousie.

Par ailleurs, elle a été conçue sur mesure pour les comédiens Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux dont le talent et la dramaturgie gestuelle ont inspiré l'implantation spatio-temporelle dans le dernier quart du 19ème siècle et le cadre d'un drame bourgeois qui révèle une tragédie maritale dont le catalyseur est une jalousie d'obédience shakespearienne.

Prototype du bourgeois commerçant à l'âme de boutiquier, conformiste et conservateur, étriqué dans ses idées comme dans son costume et sa posture, Louis aime passionnément sa femme.

Mais la découverte d'un médaillon vide, pendant du mouchoir dérobé, le transforme en Othello terrassé tant par le soupçon de l'existence d'un rival heureux, conforté par le fait que, depuis la naissance de leur enfant, son épouse se refuse au devoir conjugal, que par un sentiment de dépossession.

Et cette jalousie fulgurante constitue également le catalyseur d'une rupture idéologique consommée résultant d'un antagonisme radical.

Car si Annabelle aime Louis, elle est animée d'une conscience politique et féministe. Idéaliste, progressiste, elle soutient la cause ouvrière, romanesque, elle lit des romans qui trouble la frontière entre la réalité et la fiction mais qui ne fait cependant pas une bovarienne taraudée par "les appétits de la chair, les convoitises d'argent et les mélancolies de la passion", elle ne supporte plus sa condition.

Et si elle n'appartient pas à la génération des pré-féministes militantes qui s'émancipent du carcan bourgeois, elle s'affirme par voie de la résistance intérieure refusant la condition qui exclut la jeune fille du domaine du savoir et cantonne la femme à l'univers domestique, le statut juridique qui assimile la femme à un bien meuble entrant dans le patrimoine du mari et l'assujetissement au désir masculin en pratiquant une jouissance onaniste sur fond de toile de Jouy aux motifs de pastorale.

Patrick Rambert immerge sa partition tant dans le contexte social et l'esprit de cette époque que dans la langue usitée et le registre littéraire mêlant réalisme, romantisme noir et fantastique, qui président également au nouveau genre du drame lyrique de l'amour à mort, et non exempt d'un lyrisme et d'une emphase qui, n'ayant plus cours dans le monde contemporain, ne manquera pas d'attirer les quolibets imbéciles d'aucuns.

En quatre tableaux et trois noirs-intermèdes durant lesquels la voix-off de Denis Podalydès apporte des compléments narratifs, cet affrontement, qui comporte également un aspect métaphorique par ses adhérences avec la situation socio-politique de l'époque, se déroule dans dans un fascinant dispositif scénique conçu par Daniel Jeanneteau sublimé par les lumières crépusculaires de Yves Godin qui crée l'atmosphère délétère qui sied à la situation, de la falaise battue par le vent comme d'un cimetière.

Pour porter ce bel exercice de style et cette confrontation tragique sans vainqueur mais avec une victime innocente, le fils jamais nommé comme tel mais comme "l'enfant Ignace", deux stradivarius dont la performa,ce et l'époustouflante puissance de jeu emportent totalement le spectateur.

Dans une cage tendue de plastique noir ruisselante d'une incessante pluie fine et embrumée, au souffle tragique de Marie-Sophie Ferdane, une des rares comédiennes de sa génération à en posséder les moyens, bouleversante dans sa revendication de la liberté d'exister et de penser, répondent la finesse du jeu organique et le corps douloureux de Laurent Poitrenaux.

Une très belle réussite pour ce pas de deux de haut vol.

 

MM         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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