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puce Les Cavaliers
Théâtre La Bruyère  (Paris)  février 2016

Comédie dramatique d'après le roman éponyme de Joseph Kessel, mise en scène de Eric Bouvron et Anne Bourgeois, avec Eric Bouvron, Gregori Baquet (en alternance avec Benjamin Penamaria), Khalid K. et Maïa Gueritte.

Apprêtez-vous à un voyage envoûtant dans l'Afghanistan ancestral, celui d'avant les kalachnikovs, les hélicoptères et les lance-roquettes.

D'un livre à grand spectacle de Joseph Kessel dont John Frankenheimer avait tiré un film trépidant en cinémascope avec Omar Sharif, Eric Bouvron a réussi l'impossible adaptation pour la scène, celle qui fait vivre un vrai beau moment de théâtre.

A l'évidence des grands paysages filmés ou décrits, il a substitué une réalité absolument supérieure : la réalité du rêve. Et cela, sans vidéo, avec seulement trois personnages, un grand tapis, le chant d'un "griot" qui transcende le folklorique pour atteindre une pure musique... et une odeur d'encens pour tout parfum d'Orient.

A ceux qui se demanderont où sont les chevaux omniprésents dans le livre et comment ils peuvent se déplacer sur les quatre planches d'un théâtre, on ne révélera pas comment Eric Bouvron et Anne Bourgeois les ont mis en scène.

Mais ils sont effectivement là, bien présents, hennissants, se cabrant, beaux et fiers, superbes comme l'étaient les cheveux des cavaliers afghans furieux dans les joutes et dans le bouzkachi, ce polo antique au code d'honneur raffiné.

Ayant échappé à tout ridicule parce qu'il vise l'âme adolescente qui survit dans tous les adultes, leur soif d'aventure et leur envie d'ailleurs, le spectacle proposé par Eric Bouvron additionne les bonnes intuitions.

Ainsi, au lieu de raconter par le détail le roman de Kessel, il le transforme en une sorte de conte des mille et une nuits afghanes où le mystère importe plus que l'explication. A la surcharge orientaliste qui pouvait être étouffante, il a préféré une scène simplement revêtu d'un tapis, laissant aux lumières de Stéphane Baquet le soin de rendre avec subtilité les intérieurs et les extérieurs, les jours et les nuits, les déserts et les campements.

Pareillement, les costumes de Sarah Colas sont colorés sans ostentation, efficaces dans leur évocation. Et puis, question couleur, il y a la musique prégnante de Khalid K qui peut passer d'une mélopée musulmane à une esquisse de hip hop, qui peut aussi se faire aussi sons, bruit de vent ou sabots de cheval au galop.

En soi, le travail sonore de Khalid K a l'importance d'une "musique de films". Elle souligne l'action, la tempère, l'annule ou la transcende. Bien après qu'on aura quitté le théâtre, ses échos résonnent encore. Tout comme les mots échangés par les protagonistes de ce conte oriental.

Pouvant jouer plusieurs personnages, Eric Bouvron, Grégori Baquet (ou Benjamin Penamaria) et Maïa Guéritte emportent immédiatement la conviction. On est tout de suite sous le charme de leurs paroles douces ou amères, de leurs rhétoriques suaves pleines de sous-entendus ou de vérités divines et de tous ses aphorismes liés aux éléments qu'ils laissent tomber définitifs comme la lame d'un sabre quand elle fait office de couperet.

Exaltés ou apaisés, ils contribuent par les nuances de leur jeu à créer cette ambiance onirique qui est d'ordinaire très difficile à rendre sur scène. On souhaite à ces "Cavaliers" de galoper longtemps dans cet Afghanistan théâtral rêvé. En tout cas, le souffle de ces pur-sang fantasques demeurera dans les cœurs de bien des spectateurs.

 

Philippe Person         
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Pas encore de vaccin, pas encore d'espoir de voir réouvrir les lieux culturels mais toujours notre sélection pour agiter vos sens et continuer de soutenir les artistes qui en ont bien besoin. Et n'oubliez pas, tous les jours un programme différent sur la TV de Froggy's Delight.

Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman
"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
"Les Topor #2 - Prix de l'inattendu" au Théâtre du Rond-Point
"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

en virtuel :
"Léon Spilliaert - Lumière et solitude" au Musée d'Orsay
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

at home :
"A la recherche de Vivian Maier" de Charlie Siskel et John Maloof
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

"Diamants" de Vincent Tassy
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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