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puce Le Discours aux animaux
Théâtre des Bouffes du Nord  (Paris)  février 2016

Texte de Valère Novarina dit par André Marcon.

Quand il s'avance vers son public sur la scène des Bouffes du Nord, tout de noir vêtu, dans un long manteau presque trop grand pour qui lui donne des airs de clochard céleste, André Marcon ne doit pas être dépaysé.

En effet, cela fait trente ans presque jour pour jour qu'il arpentait pour la première fois cette même scène pour créer ce texte.

Si on l'a aperçu quelques minutes avant la représentation, on a l'impression qu'il est comme un sportif qui a zappé son entraînement pour être directement en prise avec l'épreuve qui l'attend, pour communier sans intermédiaire avec la piste dont il connaît chaque centimètre par coeur pour accomplir un exploit de plus.

Car ce "Discours aux animaux" que lui a écrit Valère Novarina n'est pas une simple accumulation de mots qu'il faut retenir. Poésie théâtrale, ce texte hypnotique est un hymne aux "animauuuuux, comme s'en délecte Marcon au point de réitérer plus d'une fois, cet "animauuuuux" qui tient de l'appel et de la plainte.

Car il faut redoubler d'attention pour se laisser emporter "en conscience" presque pendant une heure par le débit rapide de Marcon. Sinon, si l'on ne connaît pas le style bien particulier de Valère Novarina, on pourra vite perdre pied et simplement succomber à la mélodie des mots dits par Marcon.

Il faudra aussi souscrire à ce qui est dit et qui n'est pas forcément totalement compréhensible à la première écoute, voire à la première lecture. Quelque part le texte de Novarina nécessite une préparation, un "effort" du spectateur pour qu'il s'adapte à un univers dans lequel on n'entre pas en un tournemain.

En quelque sorte, "Le Discours aux animaux" se relit, se réécoute, se revoit. La première fois n'est qu'une approche, un ticket d'entrée à remontrer à chaque nouveau passage.

Riche en circonvolutions, en phrases qui déroutent, en mots qui étonnent, "Le Discours aux animaux" n'est jamais frontal. Tout juste peut-on en l'abordant, découvrir qu'André Marcon part sur les chapeaux de roues pour peu à peu ralentir, voire s'anéantir dans l'énumération finale.

Texte totalitaire, "Le Discours des animaux" n'admet aucune critique puisqu'il procède par moments indéniables qui laissent son spectateur hors de tout état critique. Il faut être Jacques Rebotier, avec son "Contre les bêtes", pour réussir à susciter une contre-proposition d'autant plus dangereuse pour "Le Discours aux animaux" qu'elle s'inscrit en chant militant, là où le texte de Novarina n'expose arbitrairement que son lyrisme et son art poétique.

Dans cette heure étrange où Marcon paraît parfois mécanique et trop assuré, et parfois en lutte contre ses propres routines face à un texte trop dit, passent des sentiments contradictoires. Il y a de l'ennui, il y a du sublime, une densité alternative, qui tourne à vide ou touche au plus profond.

Il y a des fulgurances et des lieux communs. Il y a un flot exaspérant de formules qu'on aimerait retenir et qui s'annulent les unes et les autres en se succédant. Il y a une œuvre brillante, tellement brillante qu'elle finit par en être terne.

 

Philippe Person         
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