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Mikhaël Hers  février 2016

Réalisé par Mikhaël Hers. France/Allemagne. Drame. 1h46 (Sortie le 17 février 2016). Avec Anders Danielsen Lie, Judith Chemla, Marie Rivière, Féodor Atkine, Dounia Sichov, Stéphanie Déhel, Lana Cooper, Jean-Pierre Kalfon et Thibault Vinçon.

Pour une fois, on ne sera pas parmi les premiers à dire tout le bien qui mérite d'être dit sur " Ce sentiment de l'été" de Mikhaël Hers.

Il y a déjà quatre ans, on avait écrit, ici-même, que "Memory Lane", le premier film de Mikhaël Hers, était plein de promesses. On avait aimé cette manière de suivre un groupe de personnages vivant dans une banlieue plutôt résidentielle et qui mettait du temps à quitter leurs adolescences.

Avec ce sujet original, traité avec modestie, mais avec aussi une belle assurance, on sentait confusément que ce premier film pouvait inaugurer une œuvre. "Ce sentiment de l'été" le confirme. Tout y est apparemment différent, pourtant on y pointe des thèmes communs, une sensibilité voisine où se mélange bienveillance et observation.

Bien entendu, puisqu'il traite de la mort d'une jeune femme, et du long chemin que son ami, sa sœur et tout son entourage vont faire pour reprendre une vie approximativement normale, ce second film porte en lui une gravité plus forte que le précédent. On sait d'emblée gré à Mikhaël Hers d'avoir attendu le temps qu'il fallait pour permettre à son cinéma d'être à la hauteur de ses grandes ambitions.

Trois étés, trois pays, trois manières de voyager, d'errer, de déambuler entre chagrin et nouvelle quête de bonheur vont se succéder afin que son compagnon trouve l'énergie pour avoir envie d'un autre destin et que, peut-être sa sœur commence elle aussi à penser à elle.

Il ne s'agit pas d'oublier l'être tant aimée mais de le laisser se sédimenter en soi, pour qu'il cesse d'être un obstacle pour la suite, mais au contraire qu'il en permette l'accomplissement.

Mikhaël Hers a mis en tête de distribution Anders Danielsen Lie que l'on a découvert dans "Oslo, 31 août" et revu dans "Fidelio, l'odyssée d'Alice". Avec son bel accent scandinave un peu traînant, un peu murmurant, il incarne avec un rare frémissement un homme jeune frappé à l'impensable perte d'un amour débutant. De Berlin à New York en passant par Paris, il cherche une paix intérieure et le courage de survivre à la disparition de sa belle compagne.

Mikhaël Hers sait filmer les lieux apaisants comme les jardins publics et leurs pelouses ou les cœurs des villes trépidants vus d'une chambre ou d'un toit. Dans les deux cas, son personnage semble s'en imprégner et en tirer de douces consolations.

En contrepoint, Judith Chemla assume sa fragilité d'adolescente attardée, orpheline de sa sœur. Chaque fois qu'elle est à l'écran, elle pourrait rire ou pleurer, et elle se maintient dans cet entre-deux avec la justesse d'une grande actrice.

On pourrait croire que ces deux beaux personnages écorchés par la même souffrance vont finir par se retrouver. Mikhael Hërs s'amuse à le laisser supposer, ou peut-être un moment l'a-t-il envisagé. Mais il a bien eu raison de ne pas se laisser aller à une astuce scénarique facile...

Film d'une vraie richesse, "Ce sentiment de l'été" de Mikhaël Hers ne s'attache pas qu'à ces deux protagonistes. Au contraire, que ce soient les parents de Sasha, très délicatement campés par deux "Rohmériens", Marie Rivière et Féodor Atkine, ou d'autres personnages amicaux saisis à Paris, Berlin ou New York, tous paraissent consistants et filmés avec plaisir. A commencer par Jean-Pierre Kalfon, qui porte avec élégance la jupe, sans que cela nuise en rien au ton du film.

Même s'il commence avec un drame, "Ce sentiment de l'été" sait cultiver sans ostentation l'art universel du petit bonheur qui peut devenir grand.

Aux accents de ballades nostalgiques minimalistes, le film trace lentement son sillon dans les têtes. Comme " Memory Lane", il tranche par ses choix radicalement opposés au cinéma bruyant et maniéré qui domine. On remarquera particulièrement comment Mikhaël Hers sait créer un climat quand il filme la party ayant lieu sur le toit d'un immeuble new-yorkais.

"Ce sentiment de l'été" de Mikhaël Hers se verra avec d'autant plus de plaisir qu'on a désormais la certitude qu'il sera suivi d'autres films où le réalisateur de " Memory Lane" devrait encore monter en puissance.

 

 

Philippe Person         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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