Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Rencontre à Castel Gandolfo
Théâtre La Bruyère  (Paris)  février 2016

Comédie dramatique de Jean-Philippe Mestre, mise en scène de Pascal Vitiello, avec Bernard Lanneau et Michel Bompoil.

Le 28 juillet 1988, la Comédie-Française donne une représentation privée du "Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc" de Charles Péguy devant le pape Jean-Paul II, dans les jardins de sa résidence de Castel Gandolfo.

A son issue, le pape et Antoine Vitez, alors Administrateur de la Comédie-Française, entament une conversation. Un journaliste présent, Jean-Philippe Mestre, enregistre des bribes de cet entretien dans lequel les deux hommes semblent tout de suite en phase.

Malheureusement, l'entretien ne dure que quelques minutes. Jean-Philippe Mestre, partant du matériau qu'il a enregistré, imagine une discussion bien plus longue et écrit "Rencontre à Castel Gandolfo", pièce créée à Monaco dans une mise en scène de Pascal Vitiello avec Bernard Lanneau dans le rôle de Karol Wojtyla et Charles Gonzales dans celui d'Antoine Vitez, et aujourd'hui reprise avec Michel Bompoil qui remplace Charles Gonzales.

Depuis Jean-Claude Brisville, on a l'habitude de ce genre de pièces qui correspondent à ce qu'est le "biopic" au cinéma et qui ont surtout l'avantage de mettre face à face des comédiens ravis d'incarner de grands personnages.

Le grand plus de ce que fait ici Jean-Philippe Mestre est d'être fondé sur un vrai moment de "communion" entre un homme de foi religieuse et un homme de foi théâtrale. Il ne s'agit pas d'une rencontre fantasmée ni arrangée pour provoquer des effets théâtraux et permettre aux deux protagonistes d'aligner les mots d'auteur ou de reprendre des phrases qui leur auraient été attribués abusivement.

Jean-Philippe Mestre a fait un travail de fourmi dans les textes et déclarations des deux hommes. Ce qu'il leur fait dire, ils l'ont dit ou auraient pu le dire.

Ecrit avec une intelligence rare, sans jamais vouloir briller, "Rencontre à Castel Gandolfo" devrait rendre humble à tout jamais Eric-Emmanuel Schmitt, car il s'en suit une conversation de haute volée entre deux êtres exceptionnels, qui, par-delà leurs différences (l'un croit et l'autre pas, l'un vise les cœurs, l'autre les esprits) se découvrent semblables.

Avec peu de moyens, un simple fond vidéo qui peut changer de couleur, Pascal Vitiello crédibilise ce véritable coup de foudre entre celui qui vit dans la transcendance et celui qui s'enflamme encore pour l'utopie. Il suffit de quelques pas sur scène, de quelques arrêts dans leur supposée promenade pour que les idées changent de chapitres, s'enchaînent toujours avec bienveillance.

Bernard Lanneau est un Jean-Paul II presque débonnaire qui sait écouter l'autre. Michel Bompoil est un Vitez plus fébrile, forcément moins à l'aise devant l'incarnation d'un milliard d'hommes dont il ne partage pas les convictions, mais qui parvient peu à peu à se détendre.

Que les non-chrétiens, voire ceux que l'homme en blanc hérisse, se rassurent : Jean-Paul II ne fait pas profession de foi mais profession d'humanité. Que les non-marxistes rétifs à tout ce que le rouge signifiait n'aient aucune crainte : Antoine Vitez n'est pas un idéologue sectaire mais lui aussi un ami du genre humain.

Qui que l'on soit, on sera donc emporté par cet échange où chacun ne cherche pas à avoir raison de l'autre. Au point sans doute qu'on aura, sensation plaisante, l'impression de tout comprendre de qu'expriment ces deux grandes consciences.

Peut-être déchantera-t-on une fois qu'on les aura quittés. Mais restera l'onde de choc d'un vrai moment de théâtre réellement magique.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=