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Théâtre 13/Seine  (Paris)  février 2016

Spectacle conçu et mis en scène par Philippe Fenwick, avec Philippe Arestan, Philippe Borecek, Philippe Fenwick, Alexandre Fournier, Hugues Hollenstein, Grit Krausse, Marine Paris, Sergueï Vladimirov et des artistes invités.

Un mot vient forcément aux lèvres en pensant au travail de Philippe Fenwick : foutraque.

Il suffit, avant même que "Transsibérien Je suis" commence, de regarder la scène où va uniquement se passer le spectacle : d'un côté une pièce qui semble habitée où traînent par terre de vieux magazines, de l'autre, une plus petite pièce avec un bureau où s'accumulent aussi des objets hétéroclites et un portant à roulettes encombrés de vêtements divers... Sans oublier les rails de train électrique qui traversent les deux parties de la scène...

Comme on sait qu'un spectacle précédant de Philippe Fenwick s'appelait "On a fait tout ce qu'on a pu mais tout s'est passé comme d'habitude", on n'ignore pas qu'on va être dans un univers paradoxal.

Ici, tout débute à Vierzon où l'homme à nom de chariot élévateur est devenue une drag-queen chantant en play-back "Gloria" de Sheila. Mais ce commencement, comme bien d'autres moments de la pièce, n'est qu'une fausse piste seulement propice à flash-back.

Car c'est à Brest que l'action se déroule, dans la chambre du chanteur Jacques Mercier, vedette brestoise victime du départ pour Toulon de la flotte de guerre. Lui qui triomphait dans un cabaret de Recouvrance, le voilà prostré dans sa chambre rêvant de prendre le Transsibérien terminus Vladivostok. Au point qu'un jour, une nuit, il disparaît corps et bien, dans une configuration "Mystère de la Chambre jaune".

Épopée sur "les traces d'un homme qui n'est jamais parti", "Transsibérien Je suis" ne pourrait se résumer exhaustivement dans le temps que dure la pièce. Il faut se résigner à en souligner l'étrangeté permanente sans chercher à dénouer un par un ses fils qui s'entremêlent afin de déterminer ceux qui appartiennent à une réalité mouvante et ceux qui proviennent d'un rêve certain...

Ici, par exemple, le chanteur breton ne compose qu'en russe. La voisine revêche finit par se transformer en acrobate pendant que sa fille disgracieuse, qui joue médiocrement du violoncelle, devient une danseuse de tango sexy. Les placards conduisent dans l'ailleurs et les malles sont magiques.

Alors que sur les murs, une lanterne magique - ou plus exactement un "Ombroscope" conçu par Hugues Hollenstein - fait défiler un paysage sibérien, Philippe Fenwick tente de trouver un financement à son grand dessein : raconter le destin de Jacques Mercier. Et pour cela, le voilà parcourant les bureaux kafkaïens du Ministère de la Culture de la Dramatie, état indépendant coincé entre la Normandie et la Picardie. On dit quelque part que ce ministère occuperait 30 % de la population active dramate...

Tout cela s'embrouille savamment aux accords de guitare de Sergueï Vladimirov campant un Jacques Mercier barbu et perdu dans son ici et dans son ailleurs, son pays rêvé et son rêve fracassé.

Entre musique et cirque, Philippe Fenwick interprète avec aplomb, son propre rôle de ludion dégingandé perdu dans son projet de théâtre total. Tout ne fonctionne pas à cent pour cent dans ce caravansérail de propositions oniriques, mais, à l'image du petit train électrique, avance avec détermination dans la nuit vers son but : emmener loin de son fauteuil le spectateur.

Parfois, comme pendant ce moment de grâce où Gritt Krausse, masquée, qui joue ordinairement sa logeuse, fait un époustouflant numéro d'acrobatie avec un drap, on pense à Boulgakov et à toute cette escouade d'écrivains russes capables de transfigurer le sordide.

"Transsibérien Je suis" sait vraiment bien saisir l'âme russe comme on la conçoit sous l'emprise de la vodka à Brest et en Dramatie. Philippe Fenwick réussit donc l'impossible traversée du miroir sibérien, et même si sa fin piétine, son théâtre baroque emporte la conviction.

 

Philippe Person         
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Ce bel été indien se termine sur des orages, du tonnerre et des inondations terribles. Décidément 2020 ne nous épargne rien. Dans l'espoir de jours meilleurs et se faire plaisir au milieu de tout cela, voici notre sélection culturelle de la semaine.

Du côté de la musique :

"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre

Au théâtre :

les nouveautés :
"Aux éclats..." au Théâtre de la Bastille
"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
"Jos Jouben - L'Art du rire" à La Scala
"Mudith Monroevitz" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Ailleurs" de Gints Zilbalodis
at home :
"Caramel" de Nadine Labaki
"Tomboy" de Céline Sciamma
"Peur" de Danielle Arbid
"La Cour de Babel" de Julie Bertucelli
"La Bataille de Solférino" de Justine Triet

Lecture avec :

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"De soleil et de sang" de Jérôme Loubry
"Fin de combat" de Karl Ove Knausgaard"
"KGB" de Bernard Lecomte et "Napoléon, dictionnaire historique" de Thierry Lentz
"La danse du vilain" de Fiston Mwanza Mujila
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"Apeirogon" de Colum McCann
"Ce lien entre nous" de David Joy
"Dans la vallée du soleil" de Andy Davidson et "Les dynamiteurs" de Benjamin Whitmer
"Ensemble, on aboie en silence" de Gringe
"Hourra l'Oural encore" de Bernard Chambaz
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