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Grand Palais  (Paris)  Du 2 mars au 4 juillet 2016

Avec "Carambolages", la RMN-Grand Palais propose une exposition, sinon inédite du moins atypique, qui va tant faire couler beaucoup d'encre quant à son concept et ses motivations que solliciter les petites cellules grises du visiteur.

En effet, conçue sous le commissariat de Jean-Hubert Martin, historien de l’art qui fut directeur de musée, notamment de la Kunsthalle de Berne et du Musée National d’Art Moderne de Paris, elle s'inscrit dans une réflexion muséale dissidente initiée dès la fin du 19ème siècle et basée sur l'iconologie, une conception transculturelle de l’art et une approche comparatiste des oeuvres.

Le commissaire retient un mode opératoire, qu'il décline depuis la fin des années 1980, tel dans "Artempo - Where time becomes art" au Musée Fortuny à Venise et "Une image peut en cacher une autre" au Grand Palais, qui repose sur un constat - la nécessité de trouver une nouvelle taxinomie en raison de la mondialisation et de la dégradation de la culture classique et chrétienne - et un manifeste idéologique.

Carambolages, Art Remix pour initier ou pour initiés ?

En effet, nonobstant les arguments de présentation, éviter la monotonie de l'exposition monographique ou thématique, de vulgarisation, sortir l'exposition du ghetto de l'art savant, et d'interactivité du visiteur, susciter la réflexion et l'imaginaire, l'exposition repose sur un manifeste anti-historiciste contre l'emprise de l'Histoire de l'art comme mode de narration spatio-temporelle universelle qui fonctionne sur le mode de la séquentialisation et de la contextualisation, historique, philosophique, et sociologique, et les deux schémas que sont l'évolution et l'influence.

Jean-Hubert Martin propose donc une nouvelle approche méthodologique dont la finalité serait la "libération esthétique" opérée selon deux axes.

D'une part, une double recontextualisation : l'appariement formel et/ou sémantique des oeuvres, inspiré de l'ancêtre du musée que fut le cabinet de curiosités avec son accumulation apparemment hétéroclite mais qui, en réalité, répondait aux goûts de son propriétaire, et la mise en résonance avec l'art contemporain. et essentiellement les oeuvres d'incontournables blockbusters que sont Maurizio Cattelan, Wim Delvoye ou le couple 'Annette Messager et Christian Boltanski avec respectivement "Gants-Tête" et "Ombre: Le Pendu".

D'autre part, la combinaison de la pensée analogique de la Renaissance, par un appariement sur le mode de l'épanadiplose, et la pensée visuelle, le regard, mode de perception premier, constituant le véhicule de l'impact émotionnel et intellectuel.

Cela se traduit par une présentation ordonnée selon un parcours circonvolutionnaire réalisé par Hugues Fontenas et comportant 27 travées immersives non chapitrées présentant chacune une sélection restreinte d'oeuvres "anonymes", car dépourvues de cartels individuels, l'identification étant effectuée à partir d'un petit écran numérique récapitulatif placé en regard de la cimaise.

A noter que la déambulation peut être "sonorisée" par chargement d'une application pour smartphone, qui a été élaboré comme une suite musicale composée par Jean-Jacques Birgé avec la participation du saxophoniste-clarinettiste Antonin-Tri Hoang et du violoncelliste Vincent Segal.

L'exposition s'ouvre avec une salle-prologue avec notamment une toile d'Erro ("Les origines de Pollock") racontant que le dripping est né d'un cerveau assailli par les références artistiques et le néon "Listen to your eyes" de Maurizio Nannucci, message en forme de "clin d'oeil" qui doit guider la visite.

Articulée autour d'un "Mur des réinterprétations", composé d'une ensemble de magnets permettant au visiteur de transcrire son propre enchaînement des oeuvres, elle se développe sur deux niveaux en une suite éclectique de séquences traitant de thématiques classiques telles, et entre autres, le corps, la guerre, la beauté animale, la mort et le sacré, et d'autres plus singulières comme les fonctions d'excrétion.

L'intérêt réside en l'appréhension de la manière dont se dévide la bobine qui est boutiquée sur le modèle invoqué de la comptine "marabout-bout de ficelle" et satisfait, de l'oeil à l'esprit de Dieu, à la boucle infinie.

Par exemple avec la première salle bien évidemment consacrée au regard pour aboutir par l'intermédiaire d'une oeuvre transitionnelle, en l'occurrence "La vision de Zacharie" de Ambroise Croizat, à un monstre cornu chinois.

D'autres associations s'avèrent plus érudites qu'intuitives telle celle d'un prosaïque "tableau-piège" (Variations on a meal 1964") de Daniel Spoerri, plasticien affilié au Nouveau Réalisme, avec un emblème sacré nigérian sur le thème de la mémoire.

Si la transversalité spatiale est globalement assurée, celle temporelle concerne essentiellement trois périodes : l'Antiquité, l'art du 16ème au 19ème siècle et l'art contemporain.

Par ailleurs, la monstration sort des sentiers battus des chefs d'oeuvre pour retenir des oeuvres "mineures" de noms illustres et la production de petits maîtres voire d'anonymes dont certaines constituent de vraies curiosités, et découvertes.

Ainsi le diptyque néerlandais dont un volet retenu pour l'affiche, les crucifix des tranchées et les portraits d'Hitler voisinant avec l"Absurdistan", une croix gammée composée de jambes bottées de la plasticienne Gloria Friedmann.

Force est de constater que l'exposition résulte d'un choix subjectif quant aux oeuvres et d'un processus mental propre à son concepteur quant à son ordonnancement ce qui paraît pour le moins paradoxal avec le concept de comparativisme libre alors même que, concomitamment, le visiteur se retrouve en roue libre dans un parcours directif et fléché.

Car le document d'accompagnement ne comporte que le plan d'une exposition dépourvue non seulement de notices mais également de textes d'introduction des salles. Dès lors, destinée au visiteur-Candide et présentée comme "une promenade artistique" pour "inviter à un divertissement qui entend stimuler le savoir", elle peut déconcerter le néophyte d'autant que son éventuel "décodage" implique d'y consacrer un temps conséquent.

Son caractère ludique incite à la visite pour se livrer au jeu mental proposé par Jean-Hubert Martin dont les clés et clins d'oeils ne sont pas totalement divulgués même dans le superbe catalogue-objet à la conception originale avec ses trois fascicules sous emboitage, scindant essais, commentaires d'oeuvres et reproduction de celles-ci sur un dépliant en accordéon.

 

En savoir plus :

Le site officiel de la RMN-Grand Palais

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation de la RMN-Grand Palais


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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
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du boulevard :
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du côté des humoristes :
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et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
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