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puce Le Misanthrope vs Politique
Vingtième Théâtre  (Paris)  mars 2016

Comédie dramatique d'après l'oeuvre de Molière, adaptation et mise en scène de Claire Guyot, avec Julie Cavanna, Pierre Margot, Emmanuel Lemire, Edgar Givry, Nastassja Girard, Benoit Du Pac, Denis Laustriat et Annick Roux.

Ces dernières années, on a pu voir un "Misanthrope" bobo de Thibault Perrenoud dans lequel Arsinoé arrivait en vélo sur la scène du théâtre de la Bastille, un autre très caricatural et m'as-tu-vu de Jean-François Sivadier où l'on voyait Nicolas Bouchaud arpenter la scène de l'Odéon aux accents de "Should I stay or should" des Clash.

Le "Misanthrope" politique que propose Claire Guyot penche plutôt du côté sympathique de Thibault Perrenoud que du côté emphatique de Jean-François Sivadier.

C'est une version malicieuse du chef d'oeuvre de Molière où l'on verra Célimène compter des billets de cent euros, les glisser dans des enveloppes et les remettre quelques scènes plus tard à Oronte. Les petits marquis pourraient s'appeler Laurent Wauquiez et Bruno Lemaire.

Philinte, lui, a des répliques que l'on entendrait bien dans les bouches de tous les centristes oscillants entre le centre gauche et le centre droit. Quant à Pierre Margot, son Alceste a des accents de Mélenchon revu et corrigé par Philippe Torreton...

Ce qui est fort distrayant, et souvent jubilatoire, dans ce "Misanthrope  vs Politique", c'est le côté astucieux de la mise en scène de Claire Guyot, qui, glisse ses parti-pris par les gestes, les costumes et les décors, alors même qu'elle ne change pas un mot au texte de Molière.

Dans la scène d'exposition, Alceste, à son bureau de haut-fonctionnaire ou de ministre, signe des parapheurs pendant qu'à côté de lui, Philinte, est derrière son ordinateur à vérifier on-ne-sait-quelle statistique ou à mettre au point une quelconque loi. Alceste signe en récitant "Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode...". Toute la pièce est dans cet esprit et fonctionne à merveille d'autant que les vers sont clairement dits par une distribution solide.

Peut-être qu'ici Célimène, interprétée par Julie Cavanna, perd son côté "Précieuse" et qu'elle est moins ambigüe dans ses choix, Claire Guyot montrant clairement qu'elle est très proche d'Alceste et que c'est par tactique politique qu'elle ménage la chèvre Oronte et le chou Petits marquis, mais cela n'introduit aucun contresens dans la pièce.

Menée rapidement, "Le Misanthrope vs Politique" bénéficie d'un joli décor de Jean-Michel Adam, des costumes modernes de Nadia Rémond, qui fait d'Alceste un homme en noir sans rubans verts et de Célimène une jeune femme chic et gentiment sensuelle en pantalon, le tout bénéficiant des jeux de lumière de Laurent Béal pour éclairer tantôt le bureau d'Alceste, le bar et le canapé de Célimène.

On rit en appréciant les mots de Molière restitués avec bonheur par toute la troupe. Comme dans la version de Thibault Perrenoud, on relativise aussi l'attitude d'Alceste. On ne voit pas en lui un radical ayant soif d'absolu, mais un grognon cyclothymique que Philinte devrait convaincre de revenir à de meilleurs dispositions. Pareillement, Célimène, jeune veuve imprudente, qui manque encore d'expérience au milieu des loups de la Cour ou de l'Élysée, des cabales mondaines ou des coteries politiciennes, devrait vite pouvoir faire oublier ses petites saillies incendiaires.

Bref, "Le Misanthrope" est devenu avant tout un divertissement qui a tout d'une revue de chansonnier avec l'ajout d' un petit grand plus : Molière. Cette version, didactique et drolatique, qui n'a pas besoin de notes en bas de page, sera parfaite pour faire découvrir Molière aux collégiens et aux lycéens.

 

Philippe Person         
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