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Ian Merrick  mai 2016

Réalisé par Ian Merrick. Grande-Bretagne. Thriller. 1h40 (Première sortie 1977 - Sortie 13 juillet 2016). Avec Donald Sumpter, Debbie Farrington, Marjorie Yates, Sylvia O' Donnell, Andrew Burt et Alison Key.

Au moment où Cannes déverse ses films Kleenex, l'événement cinématographique majeur est à chercher du côté des DVD avec la sortie de "La Panthère noire" (The Black Panther) de Ian Merrick.

Ce film anglais est vraiment un quasi inédit puisque, depuis sa sortie en 1977, il n'a fait l'objet d'aucune attention. Même un spécialiste reconnu comme François Guérif, que l'on retrouvera dans un bonus éclairant, en ignorait tout.

Il faut dire qu'à sa sortie anglaise, le film fut très mal accueilli et très vite retiré des écrans, car, traitant d'un enlèvement qui avait choqué le Royaume-Uni, il fut interdit de diffusion dans beaucoup de grandes villes. On lui reprochait de vouloir profiter de ce fait-divers crapoteux qui s'était terminé par la mort insoutenable de la jeune victime.

En découvrant "La Panthère noire" de Ian Merrick, on comprend très vite que ses accusations étaient abusives et que c'est surtout la forme très sèche du film, son côté sombre et sans concession dans la description du mal qui a choqué l'époque.

Écrit avec Michael Armstrong, scénariste d'une vingtaine de films d'horreur, et réalisateur lui-même de films du genre, l'oeuvre de Ian Merrick est en effet très proche de l'esthétique des films d'horreur anglais tournés en grand nombre dans les années soixante et soixante-dix.

Dans son film, Merrick décrit soigneusement la médiocrité de son personnage, l'insère dans un cadre familial qui pourrait servir de base à un film social de Ken Loach. Parallèlement, il s'attache méticuleusement à ses activités nocturnes, lui fait traverser des paysages boueux et sordides avec comme point culminant ces couloirs d’égout et cette espèce de puits où il installe sa victime ligotée au-dessus d'une mare d'eau croupissante.

Peu loquace, tyrannique avec sa femme et sa fille, Donald Nielson, ancien militaire converti aux braquages sans envergure, qu'il pratique salement, est un personnage que Donald Sumpter, immense acteur que l'on peut voir encore aujourd'hui apparaître dans "Games of Thrones" ou "Millenium", sait rendre totalement antipathique sous ses airs d'anglais moyen à casquette. Dans sa double-vie, rien n'est à son avantage.

Quand il joue le jour les pré-Rambo en treillis militaire dans les bois, c'est pour finir par dépecer un lièvre. Quand il se transforme en bandit masqué, c'est pour dévaliser des épiceries de village ou des bureaux de poste campagnard.

Sur le visage de Sumpter ne se lit aucun plaisir, même dans le crime, car ce qu'il prépare avec un soin méthodique chez lui finit irrémédiablement dans la confusion et la violence.

Celui qui écrase une larme devant sa télévision en regardant une série à l'eau-de-rose, n'a guère de pitié pour la jeune fille qu'il emprisonne dans des conditions odieuses avant de la supprimer. Si l'angoisse et la peur l'habitent constamment, on n'éprouve pour lui aucun véritable sentiment de compassion.

Quand s'achève "La Panthère noire" de Ian Merrick, il est dit qu'il purge une peine de prison à vie. Pour celui qui ignore que la peine de mort était déjà supprimée en Grande-Bretagne à l'époque de ses méfaits, c'est une nouvelle douche froide. Car, même si on est un farouche opposant de la peine capitale, on souhaite inconsciemment qu'il ne survive pas à tant d'horreurs.

Que Ian Merrick ne s'arrange pas pour le supprimer symboliquement, même si le sort du vrai Donald Nielson a été la mort carcérale après 38 ans d'enfermement, rajoute à l'effet terrorisant de son film.

Quasi documentaire, d'une force brute imparable, "La Panthère noire" de Ian Merrick est désormais sorti du purgatoire des grands films maudits. Peu de chance qu'on l'oublie quand on l'aura vu. Au contraire, ce sera une source de questionnement pour tous les humanistes que cette plongée dans la banalité vertigineuse du mal.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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"Bach en miroir" de Marie-Andrée Joerger
"Drot og Marsk" de Peter Heise
"Bye bye baby" de Requin Chagrin
"Good for you" de Slim Paul
et toujours :
"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
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"Dusk" de Paddy Sherlock
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Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
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"Le Cabinet horrifique" de Valérie Lesort
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'Féminines" de Pauline Bureau
"Noire" de Tania de Montaigne
"Love & Politics" de Dan Turden
"NinaLisa" de Thomas Pédour
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Expositions :

en virtuel :
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"Yan Pei-Ming - Au nom du père" au Musée Unterlinden à Colmar
"Crinolines et chapeaux, la mode au temps des impressionnistes" au Musée de la Corderie Valois en Normandie
"Camille Moreau-Nélaton, Une femme céramiste au temps des impressionnistes" au Musée de la céramique à Rouen
"Jean Ranc, un montpelliérain à la Cour des rois" au Musée Fabre à Montpellier

Cinéma :

at home :
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"La course navette" de Maxime Aubert
des films cultes :
"Au revoir les enfants" de Louis Malle

"Little Odessa" de James Gray
"37°2 le matin" de Jean-Jacques Beyneix
"C'est arrivé près de chez vous" de Rémy Belvaux et André Bonzel
"La Balance" de Bob Swaim
et un court métrage "La pince à ongles" de Jean-Claude Carrière

Lecture avec :

"C'est quoi ton genre ?" de Agnès Vannouvong
"La petite ville des grands rêves" de Fredrik Backman
"Les somnambules" de Chuck Wending
"Mondes en guerre : tome IV, guerre sans frontières" de Louis Gautier
"Séquences mortelles" de Michael Connely
et toujours :
"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
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