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Philippe Falardeau  juillet 2016

Réalisé par Philippe Falardeau. Canada. Comédie. 1h44 (Sortie le 27 juillet 2016). Avec Patrick Huard, Irdens Exantus, Clémence Dufresne-Deslières, Suzanne Clément, Robin Aubert, Micheline Lanctôt Rôle, Paul Doucet et Ellen David.

Une vieille légende infondée affirme que l'humour québécois serait aussi léger qu'un pancake gorgé de sirop d'érable. Même si Denys Arcand a fourni quelques films qui démentaient l'adage et ont connu une renommée internationale, comme "Le déclin de l'empire américain", il faut reconnaître qu'il en a aussi tourné d'autres qui ont entretenu sans peine la légende.

"Guibord s'en va-t-en guerre" de Philippe Falardeau, auteur de films qu'on a pu voir de ce côté-ci de l'Atlantique, comme "Congorama" ou "Monsieur Lazhar", ne prétend pas hisser le cinéma québécois au niveau de la comédie d'auteur. Pour cela, Guibord, son héros, n'est pas un politicien conforme à tous les autres.

Pour commencer, c'est un ancien hockeyeur, un véritable indépendant (mais quand même plus conservateur que progressiste), qui doit ménager la chèvre et le chou pour avoir son strapontin au Parlement fédéral.

Et sa chèvre appartient à la tribu des amérindiens qui menace à la moindre occasion de bloquer les routes et d'en revenir à ses coutumes d'avant l'arrivée des Blancs. Et son chou a les muscles et la peau tatouée d'un vrai camionneur qui demande à Guibord de libérer les routes barrées par les autochtones et prêt à couper la circulation pour se faire entendre.

Mais l'Histoire avec une grande hache peut tout se permettre, et notamment d'enrayer la routine politique du plus sympa des politiciens... Quand le Canada, à l'instar de son grand frère d'Amérique du Nord, rêve d'entrer en guerre au Moyen Orient, l'improbable devient possible : c'est la voix de Guibord qui peut faire pencher la balance du côté du camp de la paix ou de celui des va-t-en guerre...

Dès lors, l'inconnu de la politique de proximité devient célèbre et incontournable. Acceptera-t-il le poste de ministre qu'on lui propose s'il vote bien ? Se montrera-t-il enfin ambitieux pour réveiller l'intérêt de sa bien-aimée ou respectera-t-il ses convictions comme sa fille rebelle le souhaiterait ?

"Guibord s'en va-t-en guerre" de Philippe Falardeau n'empiète pas sur les plate-bandes de Frank Capra, et il n'est pas question que son personnage sympathique et lymphatique soit transfiguré par le destin entrevu. Ce n'est pas un homme américain pris dans la foule et devenant l'expression du destin démagogique d'un peuple.

Avec son accent et sa bonne tête, Guibord restera Guibord quoi qu'il se passe. Pas question de déroger à ses habitudes même si le sort de l'humanité mondialisée dépend de son bon vouloir.

Si Philippe Falardeau fait profession de satire politique, c'est pour dire que, dans une société "démocratique" aussi bien huilée et aussi bien organisée, un Guibord sera toujours remis à sa place, pas très loin de la case Départ.

Pour donner tout son sel à sa parodie, Falardeau a affublé Guibord d'un conseiller parfaitement adapté à son profil, en la personne de Souverain, un étudiant haïtien en sciences politiques.

Grâce à lui, et à Skype, toute cette aventure minusculaire sera suivie par tout un aréopage d'Haïtiens, fiers et contents du rôle que l'un des autres joue auprès d'un ancien hockeyeur député truculent et emblématique du Québec profond.

Patrick Huard, qu'on a vu dans "Starbuck" et dans "Mommy" de Xavier Dolan, est totalement à sa place dans le rôle de Guibord. Tous les comédiens qui l'entourent sont heureux de participer à une aventure qui fait entrer de plein fouet le cinéma québécois dans une dimension internationale sans qu'il paraisse avoir des habits trop grands pour l'occasion.

Réjouissant, gentiment porteur d'une vraie critique politique, "Guibord s'en va-t-en guerre" n'est pas un film de simple distraction. Il marque aussi le renouveau d'un cinéma qui n'hésite plus à regarder les maux qui minent la société qu'il s'agit pour lui de refléter. Une bonne nouvelle.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
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"Debbie et moi" de Thomas Cousin
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"Tango" de Pascal Contet
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"Paysages" de Raphaële Lannadère
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Au théâtre au salon :

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"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

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"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

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"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

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"88" de Pierre Rehov
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"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
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"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
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