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Interview  (Paris)  mecredi 11 mai 2016

En ce mois de mai, Bertrand Betsch, désormais installé à Toulouse, était venu à Paris à l'occasion de deux concerts et d'une séance d'enregistrement avec Kiefer. Les contributeurs à l'opération de crowdfunding lancée par Bertrand Betsch, via son label Les Imprudentes, avaient reçu sa dernière production, La vie apprivoisée, quelques jours auparavant. Ce nouvel album, sans être déroutant pour qui connaît l'univers de Bertand Betsch, se révèle ambitieux et riche de surprises en particulier au niveau de sa production. Par un jour pluvieux, nous avons donc rencontré l'interprète de "Passer sous le métro" et de "Pas de bras, pas de chocolat" pour lui poser quelques questions sur ce nouvel album, son rapport à la scène, son label et ses autres projets.

Tu es de retour avec un nouvel album La vie apprivoisée, de nouveau par crowdfunding. Ce projet a été lancé il y a un an environ. Pourquoi ce délai ?

Bertrand Betsch : Mes albums sont toujours préparés sur une longue période, que ce soit pour le processus d’écriture ou l’enregistrement. J’ai dû enregistrer la plupart des morceaux en 2014, mais nous sommes rentrés en studio seulement en juin 2015. Je travaille toujours de la même façon. J’enregistre les morceaux chez moi, j’en fais des versions abouties, ensuite je confie les sessions à mon producteur, Marc Denis. Celui-ci m’accompagne sur scène en tant que guitariste, mais il est également ingénieur du son et bassiste. Je travaille toujours les morceaux à partir de samples, sauf pour les chansons de La vie apprivoisée qui ont été faites au piano. Marc n'a conservé ce que j’avais fait que sur deux titres, "La beauté du monde" et "En sourdine". Il n’a rien modifié, il a juste fait un travail de mix de fréquences.

Pour les autres morceaux, il a fait venir un batteur et une violoniste, Salomé, qui a amené une grande plus-value à ce disque. Marc avait déjà travaillé avec elle. C'est une très grande technicienne qui maîtrise tous les styles musicaux, mais en plus elle a une très grande faculté d’improvisation . Ce qu’elle nous a apporté a été extraordinaire, notamment sur le titre "La vie apprivoisée". Il y a quatre parties de violons différentes, elle a harmonisé l’ensemble et ça a donné ce titre qui clôt l‘album d’une manière un peu magistrale.

Il me semble que certaines chansons ont été écrites il y a longtemps, période "La soupe à la grimace".

Bertrand Betsch : La Vie Apprivoisée est un album très composite. Le morceau le plus ancien est "Où tu vas", qui date de 1993. Ensuite, c’est "qui perd gagne" que j'avais écrit en 1994. "Les inséparables" date, pour sa part, de 1995. Les autres sont des morceaux plus récents, comme "La beauté du monde" et "En sourdine". Le plus long dans le processus de l’album a été le choix des chansons. J’ai toujours ce problème d’avoir beaucoup de morceaux en stock et de devoir faire un choix. Je cherche à trouver un équilibre entre les chansons afin que l'album soit cohérent tout en restant assez varié. J’ai établi une première sélection d’environ une vingtaine de titres, que j'ai ensuite envoyés à certains de mes proches afin de leur demander leur avis, tout en leur signalant que je devais en garder douze. Tout le monde a fait des retours assez différents. Du coup, je me retrouvais face à moi-même et je devais prendre ma décision seul.

Puis Marc m’a aidé. Ce qui est amusant avec Marc, c’est que nous avons une culture musicale assez différente, ce qui fait qu'il y a des morceaux dans lesquels il rentre complètement et d’autres pour lesquels ce n’est absolument pas le cas. C'est intéressant car il m’apporte des choses auxquelles je n’aurais pas pensé, qui ne sont pas dans mes domaines de compétence. C’est très enrichissant. Il a écouté les 20 titres que j’avais sélectionnés, puis il m’a donné son avis…Voilà, le choix final relève un peu du hasard. J'ai conservé ces douze titres-là, mais ça aurait pu être des titres différents. Le regard de Marc a amené une couleur et une certaine cohérence. Je trouve que ça reste un album très varié. D'ailleurs, si le mot de variété n’était pas si galvaudé, je pourrais me revendiquer artiste de variétés.

On te compare d'ailleurs parfois à Souchon, qui fait de la variété

Bertrand Betsch : J’aime beaucoup Alain Souchon. J’ai écrit l’album, et en le réécoutant, le deuxième titre "Aimez-nous les uns les autres" m’a fait penser à Souchon. Je trouve des connexions entre ce morceau et ceux de Souchon. C’est vraiment un artiste que j’aime beaucoup, spécialement quand il écrit et compose lui-même. J’aime aussi ce qu’il fait avec Voulzy mais moins que quand c’est lui qui signe la compo. C’est un compositeur hors pair, quelqu’un qui a réussi à être grand public tout en faisant passer des choses pas forcément faciles. Je pense en particulier à "Et si en plus y'a personne" qui est une chanson politique sur les problèmes que peuvent poser les religions, comme on le vit actuellement. Il fait passer des choses très mélancoliques mais avec beaucoup d’élégance et de douceur. Je l’aime beaucoup comme auteur, mais c’est en tant que mélodiste et compositeur que je l’admire. Cependant, il n’est pas l’artiste le plus important dans ma galaxie. Souchon vient après Manset. Si je devais établir une hiérarchie, ce serait celle- là.

Il y a sur cet album la présence de chœurs féminins et de plusieurs choristes différentes.

Bertrand Betsch : On a fait appel à une chorale mixte, mais c’est vrai qu’on entend plus les femmes. Il y a seulement un ou deux morceaux sur lesquels, moi aussi, je fais les chœurs. Ceci a été pensé en amont. J’avais le désir de travailler avec une chorale. Marc en connaissait une, ainsi qu’une chef de chorale.

Tu viens de jouer à La Menuiserie de Pantin (mai 2016), ce qui marque ton retour sur scène. Tu discutais et plaisantais entre les morceaux. Était-ce pour masquer une forme d’appréhension avant de te lancer dans les chansons ?

Bertrand Betsch : Pendant certains concerts, je parle beaucoup. Sur d’autres, je ne dis rien du tout. Parfois, ça m’aide à établir un lien avec les spectateurs ou à déstresser. En même temps, c’est une façon de faire corps avec le public, de l’atteindre, de l’intégrer davantage au set. Mais ensuite, il faut se remettre dans le morceau qui vient, il faut switcher et se reconcentrer. Ce n’est pas évident. Quand j’interviens entre les chansons, c’est improvisé, en fonction de mon humeur. A Pantin, c’était très mélangé. C’était un set tout neuf. Je n’avais pas joué depuis deux ans, c’était presque uniquement des morceaux que je n’avais jamais joués sur scène, à l’exception de deux ou trois et encore pas toujours sous cette forme. Par exemple, habituellement je joue "Le bleu du ciel" à la guitare, or cette fois-ci je l'ai interprétée au piano. Il y avait donc une forme de fébrilité due au fait que je ne suis pas encore très à l’aise avec les morceaux,. Ma façon de gérer cette fébrilité lors de ce concert à Pantin a en effet consisté à blaguer entre les morceaux.

Tu as pourtant joué devant une salle pleine, avec un public venu pour toi. Normalement, tu n'aurais pas dû avoir trop d’appréhension.

Bertrand Betsch : Ce n’est pas par rapport au public, c’est plus par rapport à moi et au fait que je suis en train de roder le set. Je ne suis pas encore dans les automatismes. Parfois des spectateurs viennent qui ne me connaissent pas. Par exemple, c’est ce qui s’est produit, le lendemain, à la Folie Douce à Paris. Je partageais l'affiche avec Samuel Cajal, de 3 Minutes sur Mer. De nombreux spectateurs m’ont découvert à cette occasion, certains sont venus me voir à l'issue du concert et ont acheté mon disque. A la Folie Douce, l’écoute était incroyable, impressionnante. Pourtant, la prestation en café-concert est plutôt considéré un plan roots, avec un son pourri, un public dissipé avec des gens qui boivent des coups, qui gueulent et font du bruit. Là, il y avait du silence et une écoute incroyable.

Tu parlais de ton public. Tu as depuis maintenant longtemps un noyau dur de fidèles. Quel rapport entretiens-tu avec ce noyau dur ?

Bertrand Betsch : Facebook a changé beaucoup de choses. J'y suis très présent. Je suis désormais en lien direct avec les gens. Ils m’envoient des messages auxquels je réponds toujours. Ça change par rapport à l’époque où j’ai commencé la musique. Les artistes étaient un peu sur un piédestal, un peu inaccessibles. C’était difficile de leur parler, de rentrer en contact avec eux. Aujourd'hui, ce qui me plaît beaucoup, c’est ce rapport direct avec le public. Avoir leur ressenti, c’est très fort. Je reçois beaucoup de témoignages de personnes qui me disent "ce que tu fais, ça me touche". C’est important pour moi, ça me motive beaucoup dans le fait de persévérer malgré la difficulté à continuer d’avancer et de faire des disques.

C’est beaucoup d’encouragements, c’est touchant. On a l’impression d’avoir une existence importante chez les gens, que ce soit ceux qui me suivent depuis longtemps ou ceux qui m’ont découverts plus tard. Ça permet de développer une forme d’intimité, de converser avec certains sans les connaître dans la vie et également de faire des rencontres. Généralement, ça se passe très bien. Ce sont des rapports simples, il n’y a plus ce truc que je n’ai jamais apprécié de l’artiste inaccessible. On est juste des humains… J’ai toujours cette phrase de Sartre qui clôt son livre Les mots : "un homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui". Or moi, je ne me suis jamais senti comme quelqu’un de supérieur à qui que ce soit.

Tu as maintenant 20 ans de carrière. La vie a évolué, ta vie également. Pourtant, on retrouve toujours une récurrence dans la thématique de ton écriture : la crainte de l’instant présent, du futur, l’amour...

Bertrand Betsch : Je n’ai pas de recul sur ce que je fais, donc c’est difficile pour moi d’avoir une distance analytique par rapport à cela, mais c’est vrai que certains thèmes sont récurrents, comme la relation humaine, le rapport avec le temps, la mort, ce que l’on fait de son existence, gérer cette difficulté d’être au monde, comment trouver sa place... mais ce qui est vraiment permanent, essentiel, c'est la recherche constante d’une émotion, et de la transmettre de manière à ce que les gens la ressente. Il y a des artistes qui ont comme carburant de faire danser les gens, de leur apporter de la bonne humeur. Moi, je joue sur des choses sensibles, liées à ma structure mentale. Je souffre d’hyper sensibilité. Je vais donc ressentir toutes les émotions de façon démesurée, à la puissance 10 par rapport à quelqu’un d’à peu près normal. Je vais donc forcément travailler sur ce trop-plein d’émotions, le fait d’en être envahi, et assujetti à celles-ci. C’est le carburant à partir duquel j’évolue en tant que musicien. Cependant, il y a des choses qui évoluent de plus en plus. Actuellement, je travaille sur un nouvel album où je pars dans une direction que je n'ai jamais explorée.

Tu évoquais à travers la chanson de Souchon, l’état de la société, à laquelle tu es manifestement très réceptif . Tu as écrit "Les indignés" par exemple. Comment vis-tu cette époque difficile, avec de graves problèmes sociaux, dont ceux liés à l’intermittence ?

Bertrand Betsch : "Les indignés" est la seule chanson politique de mon répertoire. J’étais assez content, parce qu’il m’était arrivé d'essayer de faire plusieurs tentatives en ce sens. En 25 ans, j’ai dû jeter deux chansons et c’était des chansons politiques. A propos de l’intermittence, je ne suis pas personnellement concerné. Je n'ai pu bénéficier de ce système qu’une fois en 98. Par rapport à la culture en général, j’ai récemment lu qu’en France, le secteur de la culture générait plus d’argent que le secteur automobile. Ça m’a toujours interloqué que dans les budgets de l’état, il y ait une part aussi faible consacrée à la culture, et qu'en plus le gros de ce budget aille aux grandes institutions qui ne sont pas celles qui en ont le plus besoin. Le cinéma, par exemple, est beaucoup plus subventionné que la musique.

Les artistes ont connu la crise du disque, beaucoup d’entre eux comme Murat, ou Francoiz Breut ont maintenant des difficultés pour trouver des tourneurs. La presse historique a également des difficultés, comme Magic, les Inrocks ne tirent plus qu’à une moyenne de 40.000 exemplaires hebdomadaires… Comment vois-tu l’avenir des artistes et l’évolution de ce milieu dans les années à venir ?

Bertrand Betsch : D’un côté, il y a toute une sphère d’artistes, à laquelle j’appartiens, qui font des disques avec des bouts de ficelle. Je réalise la plupart de mes albums dans un studio tout seul. Il y a moyen maintenant de faire publier des disques avec très peu de moyens, même si sortir un album physique représente un certain budget. Je commence à envisager de continuer à sortir des disques physiques régulièrement dans un format assez court. 12 titres, 37 minutes c’est parfait. Et puis à côté, je publierai des albums en ligne. Pour les artisans de la musique comme moi, il existe le crowdfunding, mais là aussi il y a un effet de saturation. C‘est pourquoi je commence à penser au numérique.

De l’autre côté, il y a l’industrie musicale, avec tous les artistes du milieu qui sont signés, qui ont pignon sur rue, mais ne sont pas mainstream. Eux se retrouvent très menacés. Les informations que j’ai sur les chiffres de vente sont catastrophiques. Ces derniers mois, il y a eu énormément de sorties françaises avec beaucoup de choses intéressante. Mais d'une part la conjoncture n’est pas bonne, et d'autre part, tout le monde sort son album en même temps. Il en résulte un niveau de vente désastreux pour chacun.

Tu travailles en ce moment avec Kiefer, via ton label Les Imprudences. Que lui amènes-tu en tant que producteur ? Le produis-tu comme toi tu aimerais être produit ? Lui apportes-tu un regard extérieur ?

Bertrand Betsch : Il m’a présenté son travail il y a un peu plus d’un an. Il a apporté des morceaux, qu'on a enregistré en configuration guitare-voix. Ensuite j’ai travaillé dessus pendant un an. J’ai modifié beaucoup de choses de cette première ébauche. Je n’en ai gardé que la voix, sauf sur certains morceaux où il y avait des ambiances intéressantes. J'ai fait un travail d'arrangeur, puis je me suis mis à écrire des cordes. Mon apport est purement artistique.

Le rythme des projets sur Les Imprudences est assez lent.

Bertrand Betsch : Il faut prendre le temps de faire les choses. Personnellement, j'ai tendance à vouloir aller toujours très vite. J’ai beaucoup de morceaux en réserve. Lorsque j’ai publié le double-album, "La nuit nous appartient", sa sortie a été peu relayée médiatiquement. "La nuit nous appartient" était un pari fou, un mastodonte qui contenait 26 morceaux. J’ai écrit et composé des morceaux notamment "parce que" où j’ai le sentiment d’avoir atteint ma limite en tant que que songwriter. Je sais que je ne peux pas aller plus loin, faire mieux. Je pourrais faire des choses différentes mais sur "La nuit nous appartient", j’ai vraiment l’impression d’avoir atteint mes limites de songwriting. Je suis très fier de ce disque, mais j'ai vécu cette indifférence médiatique comme un revers. C’est aussi pour cela que c‘était compliqué de repartir sur un nouveau projet.

J’ai décidé que j’allais alors prendre mon temps pour le suivant, proposer quelque chose de différent. Je n’ai pas essayé d’accélérer le processus. Faire un disque prend toujours du temps. Quand on réalise un morceau, le plus difficile est d’arriver à définir à quel moment il est terminé. C’est pour ça qu’il faut beaucoup d’écoutes et du recul. Il faut du temps. J’ai un rapport obsessionnel et passionnel à mon travail, et je n’ai pas forcément cette distance pour me dire que le morceau est terminé. Pour "La vie apprivoisée", j’ai ressenti une véritable satisfaction. Je me suis dis que c’était le premier album pour lequel je n’éprouvais pas de remords lorsque j'ai tenu le disque entre mes mains. Pour chaque titre, Marc et moi avons vraiment travaillé les morceaux jusqu’à ce qu’ils soient totalement aboutis.

Dans le domaine de la musique, le plus délicat aujourd'hui est qu'il faut savoir tout faire. Il faut être auteur, compositeur, instrumentiste, arrangeur, ingénieur du son... Maintenant, il faut en plus maîtriser le marketing, avoir fait une école de commerce, répondre à une somme de compétences que peu de gens savent réunir.

Tu parles de songwriting. Ne ressens-tu pas une sorte de complexe en tant que musicien ?

Bertrand Betsch : Je n’ai jamais été un instrumentiste. A la base je suis plutôt claviériste. Je n’ai pas de rapport à l’instrument. Quand je prends une guitare, c’est pour m’accompagner en chantant. Je ne ressens pas de plaisir à jouer d’un instrument. Je suis musicien mais pas instrumentiste. Ce n’est pas facile à gérer, mais en même temps je me suis rendu compte que j’avais plus de facilités à chanter en m’accompagnant à la guitare ou aux claviers que chanter avec un accompagnement, que ce soit avec des musiciens ou des bandes. C’est plus facile pour moi de rentrer dans le morceau. Cela peut sembler un peu paradoxal car ça devrait être plus facile pour moi de me concentrer uniquement sur le chant, mais le fait de jouer le morceau me permet de l’habiter plus facilement.

Peux-tu nous parler de tes projets futurs ? Où en est ton projet de cover songs de ton premier album, "La soupe à la grimace" ?

Bertrand Betsch : Concernant le projet de cover songs de "La soupe à la grimace", j’ai ré-enregistré deux morceaux dont "La complainte du psycho killer", morceau que l’on me réclame à chaque concert. La version que j'en ai faite est complètement barrée et dure 9'30''. Ce sera difficile de la jouer sur scène… J’ai aussi rejoué le "lâche" dont je n’ai jamais aimé la version de l’album. D’ailleurs, c’était une démo. Je viens d’en faire une version qui me plait bien mieux.

En 2017, on va fêter les 20 ans de "La soupe à la grimace". Le boss de mon ancien label avait eu l’idée de proposer à des amis chanteurs de faire des reprises des différentes chansons de l’album. Il y a eu des réponses positives d’artistes, mais qui me demandaient des délais. J’ai reçu beaucoup de reprises de mes morceaux, dont certaines formidables mais rien n’est encore défini. Sur Les Imprudences, nous avons publié 6 morceaux inédits de "La soupe à la grimace" sous forme d'EP. Nous avons ces 6 titres, ensuite nous mettrons à disposition les reprises des artistes qui m’ont fait l’honneur de reprendre mes chansons. Ce projet devrait voir le jour au début 2017.

L’écriture de la musique du film "2 automnes 3 hivers" t’avais plu. As-tu l’envie de retourner explorer ce domaine ? As-tu reçu de nouvelles propositions ?

Bertrand Betsch : Non je n’ai pas reçu d’autres propositions, c’est vraiment une histoire de réseau. J’ai adoré cette expérience, même si le réalisateur avait imposé la contrainte de ne faire que des morceaux contenant au maximum deux pistes. J’aimerais faire des musiques de films avec des morceaux beaucoup plus complets, arrangés, étoffés.

Tu travailles mieux avec ou sans contraintes ?

Bertrand Betsch : C’est la première fois que je travaillais avec des contraintes. Je suis plus connu comme auteur que comme compositeur mais, étonnamment, pour cette expérience j’ai eu plus de facilités à composer. J’ai travaillé dessus pendant deux mois, composant parfois plusieurs thèmes par jour. Ecrire de la musique me semble très facile, c’est au niveau des textes que je suis plus dépendant de l’inspiration. Je n’ai jamais écrit avec une certaine discipline que je me serais imposée. Je n’ai jamais écrit un texte en me mettant à ma table en me disant, "là, maintenant, il te faut un texte pour une chanson".

Souvent ça part d’une phrase ou deux. Ensuite, à partir du moment où j’ai le gimmick, une phrase voire seulement le titre, le morceau se construit inconsciemment. J’ai alors le fil et je n’ai plus qu’à tirer pour dérouler la pelote. J’ai du mal à écrire sur commande. Je pense que si on me demandait d’écrire pour les autres ce serait plus facile. Pour cet album, j’ai écrit certains textes sur les gradins d’une piscine pendant que j’attendais ma belle- fille. J’écrivais des kilomètres de lignes pendant deux heures, ensuite je taillais pour aller vers la quintessence du texte.

Retourneras-tu vers un projet littéraire, comme tu l’as déjà fait ?

Bertrand Betsch : J’ai été contacté par un éditeur, même si rien n’est signé. Je devrais sortir un recueil de nouvelles en janvier. Il y a 15 ans que je les ai écrites. Je les ai relues, et il y a tout un travail de réécriture à faire dessus. Ce n’est pas facile, je dois m’y mettre.

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En savoir plus :
Le site officiel de Bertrand Betsch
Le Soundcloud de Bertrand Betsch
Le Myspace de Bertrand Betsch
Le Facebook de Bertrand Betsch
Le site officiel du label Les Imprudences, L'Autre Label
Le Facebook du label Les Imprudences, L'Autre Label

Crédits photos : Laurent Hini (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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