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Interview  (Paris)  septembre 2016

Apparu dans notre paysage musical il y a quelques mois, Xavier Feugray, alias NORD, n’en finit plus de franchir les paliers de la reconnaissance artistique. Rapidement repéré par des médias d’envergure tels les Inrocks ou France Inter, NORD entre aujourd’hui en studio afin d’enregistrer son premier album dont la sortie est prévue pour le début d’année 2017. Froggy’s delight a rencontré ce jeune trentenaire un matin ensoleillé de septembre…

Tu es apparu dans le paysage musical début 2015, peux-tu nous parler de la genèse du groupe, de tes expériences musicales antérieures ?

Xavier Feugray : En février 2015, j’ai sorti mon premier EP Drunk, c’est un projet sur lequel j’avais travaillé deux ans. Je me suis vraiment creusé la tête. Je l’ai d’abord enregistré avec un ami de longue date Sylvain Carpentier (qui est ingé son pour Saez). Ensuite, j’avais pour idée de trouver un éditeur, ce qui s’est fait progressivement, j’ai fait écouter mon travail, ça a plu. NORD s’est construit comme ça.

Avant ça, j’ai joué dans plusieurs groupes dont un qui a duré dix ans, qui s’appelait DamFortune, tendance rock français, mon groupe de jeunesse puis l’Amicale Dijonnaise, tendance punk. C’est avec ces groupes que j’ai appris à faire de la scène, à écrire et composer… Quand ils ont splitté, je me suis retrouvé seul, à faire des maquettes à la maison sur Fruity Loops qui est plutôt un logiciel destiné aux musiciens qui font de l’electro ou du hip-hop, je faisais mes chansons françaises là-dessus, je samplais mes guitares, ma voix…

Le résultat était assez surprenant, j’étais parti pour faire de la chanson assez classique et le mélange de ces éléments acoustiques avec de l’électronique m’a plu. Cela me laissait un champ de possibilités assez vaste, champ que j’ai étoffé avec des boîtes à rythmes, des synthés… Toutes ces possibilités m’ont permis de construire NORD.

Quelle est l’origine du nom NORD ?

Xavier Feugray : J’ai d’abord commencé sous mon nom Xavier Feugray, mais l’accroche avec les gens ne se faisait pas, il y avait pas mal de confusions. J’avais envie d’un nom très simple, accrocheur, qui me permettait un nouveau départ. Chaque fois que j’arrivais en studio, l’ingé son trouvait mes prods un peu froides, assez nordiques, c’est là que l’idée de NORD est venue… Un nouveau départ, partir à l’aventure, vers le nord. Tout est ainsi parti d’une anecdote de studio, qui portait tout son sens par rapport à là où j’en étais, trente ans, un nouveau projet. Je trouve que le nom colle bien à mon son un peu triste, mélancolique.

Tu as démarré NORD en solo, maintenant le groupe commence à s’étoffer de plusieurs membres.

Xavier Feugray : Je continue à jouer encore en solo et à faire mes chansons dans mon coin. Néanmoins, j’ai monté une formule trio avec d’un côté Ludwig Brosch (ex Radiosofa, Claire Denamur), qui a un profil de rockeur, capable de jouer de tous les instruments et de l’autre côté, avec Thierry Minot (ex Dead Rock Machine) qui est aussi un très bon musicien très pointu côté électro ! Cela m’a permis de trouver un équilibre sur scène, je me sens bien au milieu. De plus, je travaille avec Thierry pour la réalisation de l’album.

Comment travailles- tu ?

Xavier Feugray : J’aime bien partir d’une idée que je n’aurais pas eu… Je bosse pas mal à partir de samples. Je travaille pas mal les textures de sons, que je triture, transforme. C’est à partir de là que je compose des mélodies, ensuite je prends la guitare, et je finalise ça en chansons. C’est un peu identique pour mes textes, qui sont comme des bribes, des samples. Parfois quand j’ai envie d’exprimer quelque chose, j’écris des textes dont je ne vais retenir que deux ou trois phrases, ce sont ces quelques phrases qui serviront de base à la chanson. Ce sont des histoires de collages… Coller le bon son avec la bonne phrase et vice-versa… Je teste, j’essaie jusqu’au moment où ça marche.

Ton identité musicale, chanson française, pop, électro, un mix de tout ça ?

Xavier Feugray : C’est tout à fait ça, un grand brassage de ces ambiances, de tout ce que j’ai écouté. La base est la chanson française, je suis un grand fan de Brassens, c’est ce que j’écoutais quand j’étais jeune. Ensuite, j’ai eu une longue période pendant laquelle j’écoutais beaucoup de rock, Nirvana, j’adorais leur spontanéité qui me correspondait. Par contre, l’électro est arrivée bien plus tard. Je suis venu à l’électro en me retrouvant à bosser seul dans mon coin, avec mon ordi, mes machines… Il me fallait une méthode, pour arriver à enregistrer, à bosser alors que j’étais en solo, l’électro permet ça.

D’où tires-tu l’inspiration de tes textes ? Je les ressens comme des fragments de vie, autant autobiographique que puisés dans l’observation des gens.

Xavier Feugray : Ce sont à la fois des choses que j’ai pu entendre à la radio, à la TV, des trucs qui sonnent bien et qui pourraient faire des chansons. Je fais pas mal de carnets dans lesquels je note des phrases entendues à droite, à gauche. J’ai des textes qui parlent aussi d’évènements vécus, qui me servent de base et que je romance ensuite, c’est le cas de certains textes de l’album en cours, c’est une forme d’autofiction.  "Drunk" est un morceau dans cette démarche de l’autofiction, tiré de mes voyages en Lituanie et des mots et conversations entendus là-bas.

A la sortie de Drunk, tu as eu une très importante reconnaissance des médias (les Inrocks lab, Telerama, Le Monde, Libé, live pour France Inter…). Comment le vis-tu ?

Xavier Feugray : C’est quelque chose d’assez incroyable. Avant j’étais dans mon petit réseau indé en Normandie, avec malgré tout quelques concerts parisiens quand l’opportunité se présentait, mais néanmoins j’avais un manque crucial de réseau. C’est la rencontre avec mon éditeur qui a déclenché tout cela. Il m’a vivement conseillé de démarcher le maximum de monde pour me faire connaître. Le projet est sorti en février 2015, on l’a proposé assez rapidement et le milieu a tout de suite accroché comme les Inrocks lab, idem pour les blogs, et comme j’avais décroché Booster (dispositif régional d'aide à la professionnalisation en Haute-Normandie, porté par RMAHN ; le Réseau des Musiques Actuelles de Haute-Normandie), j’ai pu embaucher une attachée de presse. Quand elle m’a présenté à Didier Varrod (directeur musical de France Inter), il a immédiatement adoré, et Drunk est rentré directement dans la playlist d’Inter en avril, moi qui me sentais assez proche du son Inter, j’étais super heureux… Tout s’est alors enchaîné à merveille pour moi qui sortais pourtant de nulle part…

Tu as même une reconnaissance qui dépasse l’Europe, tu reviens d’une seconde tournée canadienne.

Xavier Feugray : C’est une aventure exceptionnelle. Quand j’ai gagné booster#6 en 2015, Régis Sénécal (directeur du Trianon à Sotteville-Les-Rouen) est devenu mon parrain, il m’a proposé de m’envoyer au Québec pour le Festival International de la Chanson de Granby, il est à l’origine d’échanges entre artistes français et québécois. Pierre Fortier, le directeur du festival, m’a repris cette année en vitrine, ce qui permet de te produire devant les professionnels, diffuseurs ou tourneurs canadiens et européens. J’ai joué dans une église et dans un parc devant 10.000 personnes, le public a été formidable, j’ai fait plein de belles rencontres. En plus, cette année j’ai gagné le prix Félix-Leclerc, ce qui va me permettre de jouer aux Francos de Montréal en juin prochain.

Et surtout le public a suivi.

Xavier Feugray : J’ai effectivement un petit public qui me suit, très fidéle, que je retrouve souvent dans les concerts. Je ressens vraiment leur présence, c’est important pour moi.

Tes prestations live ont toujours d’excellents retours. Est-ce sur scène que tu prends toute ton ampleur ?

Xavier Feugray : C’est le but de ma musique, rencontrer du monde, voyager, voir du pays. Quand j’ai fait mes premières scènes, c’était comme un rêve qui se réalisait, j’avais des fantasmes comme le Printemps de Bourges, le festival Paroles et Musiques, les Francos, jouer au Canada. Quand j’ai réalisé tout ça, j’avais le sentiment qu’enfin je pouvais voyager avec ma musique, un vrai bonheur. La scène m’apporte tellement d’émotions, tellement de choses à vivre. J’ai maintenant un tourneur (UniT) depuis quelques mois pour s’occuper des concerts. Même si j’adore la scène, j’aime bien le travail en studio, chercher des sons, faire et défaire les structures des chansons jusqu’à trouver la bonne formule. Je ne me considère pas plus l’un que l’autre.

Ton univers est emprunt d’un visuel assez sombre, souvent en noir et blanc, bien que ton dernier clip ("L’amour s’en va") soit en couleur. C’est un état d’esprit, une démarche ?

Xavier Feugray : NORD correspond pour moi à une chose intemporelle. Le noir et blanc colle bien à cette vision. Je voulais de la sobriété, poser un décor. Mais je ne veux pas m’enfermer dans cette vision sombre, en noir et blanc, c’est pour ça que j’ai eu envie de mettre de la couleur dans la dernière vidéo, changer un peu, apporter un nouveau message, avertir le public que de nouvelles chansons allaient arriver et que mon univers n’était pas uniquement sombre et mélancolique.

Tu es annoncé comme un artiste qui va compter dans les mois à venir, qui va s’imposer dans le paysage musical.

Xavier Feugray : Je ressens surtout le fait que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, beaucoup de travail à fournir… Je n’ai jamais été confronté à ça auparavant. Je faisais mes chansons dans mon coin, et là d’un seul coup il y a un buzz, et ce buzz je dois l’entretenir pour monter l’escalier, même si j’ai réussi à monter quelques marches, ce dont je suis très content.

Tu rentres en studio pour la réalisation de ton premier album. Tu as un label en vue ?

Xavier Feugray : Je suis en train effectivement de finaliser, peaufiner et réaliser mon premier album dans un studio près de Rouen. Tout devrait être bouclé pour la fin septembre. Quant au label, j’en cherche un, j’y travaille. Pour l’instant, je suis avec Low Wood, producteur des deux premiers EP. Je bosse tranquillement sur ce point sans vraiment me mettre la pression. J’ai aussi quelques concerts qui s’annoncent jusqu’à décembre. Ensuite, je vais être pris par la promo de l’album, le défendre, le jouer sur scène.

On se donne rendez-vous pour la sortie début 2017 ?

Xavier Feugray : Avec plaisir !

 

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Sébastien Dupressoir         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
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"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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