Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festival Art Rock 2005 (Jeudi)
Carte blanche à Olivier Assayas  (Saint Brieuc)  2 juin 2005

Après Christophe Miossec l’an dernier, les organisateurs du festival ont donc décidé de donner carte blanche au réalisateur Olivier Assayas.

Au moment où les premiers spectateurs se massent, on attrape au vol quelques inquiétudes : "J’espère que ça va être écoutable et que l’ensemble de la soirée ne va pas être trop expérimental.". Ces inquiétudes sont légitimes, car certains artistes présents ce soir flirtent avec tout un pan de l’avant-garde actuelle (les membres de Sonic Youth en tête).

La soirée débute avec Alla, musicien du Oud.

Courbé sur son instrument, le vieil homme propose au public briochin un voyage vers les étendues désertiques de l’Afrique du Nord.

 

On attend avec une certaine impatience (appréhension ?) la prestation de Door, projet solo de Jim O’Rourke. Le bonhomme est connu pour son incroyable versatilité : aussi à l’aise avec une balade bossa-nova qu’avec l’avant-garde bruitiste la plus extrême…

Ce soir c’est la deuxième facette qu’il a choisi de montrer. Une projection débute, on discerne une poignée de porte… L’image est très répétitive, quelques flashs de lumières viennent créer des interférences sur l’écran vidéo.

On cherche O’Rourke sur la scène. Inutile, il contrôle tout de derrière la console. Un long drone de vingt minutes accompagnera la projection… Au moment ou tout s’arrête, le public est incrédule… Et ça ne fait que commencer.

Changement de scène pour une projection au grand théâtre. La soirée est jalonnée de projections de courts métrages dont Olivier Assayas a confié la charge à O’Rourke… Assayas déclarera d’ailleurs : "Jim connaît beaucoup plus de films obscurs que moi… " Emperor TomatoKetchup du réalisateur japonais Shuji Terayama est sûrement un des films les plus obscurs et les plus tordus qu’il aie été donné de voir depuis des lustres. A faire passer Larry Clark pour un rigolo…

Réaction mitigée dans le public qui hésite entre applaudissements et sifflets. Assayas comprend que le film a dérangé mais assume pleinement.

Juste le temps de se remettre de ses émotions et Text Of Light investit les lieux.

Le casting est alléchant : deux membres de Sonic Youth (Lee Ranaldo, Steve Shelley) accompagné d’AlanLicht et du batteur Tim Barnes. Text Of Light est une expérience unique où la musique devient concept.

D’ailleurs ici autant oublier les "fonctions" de musiciens. Lee Ranaldo fait tout sauf jouer de la guitare : il frotte la tête de la guitare sur le sol, en sort des rugissements monstrueux. Le traitement qu’il réserve à sa Jagstag Fender a de quoi faire pleurer tout bon guitariste qui se respecte. Ranaldo se mue en maître S&M dominateur avec sa six cordes : baguettes de batteries dans les cordes, lacérations à coups de tourne-vis, frotti-frotta avec la rudimentaire chaise en bois qui sert de siège à Ranaldo…

Les autres musiciens ne sont pas en reste : Shelley et Barnes s’en donnent à cœur joie : ils jouent avec les codes de la rythmique traditionnelle, vont chercher aux confins du jazz le plus free et le plus aventureux… Un saxophone laisse échapper de longues plaintes stridentes à la John Coltrane.

Sur l’écran défilent les courts métrages de Stan Brakhage qui tranchent avec la violence qui sourde des compositions des artistes : des tranches de vie quotidienne quasi bucoliques…

Quand le magma sonique se calme, pour finir par laisser place au silence, on est lessivé, avec des larsens coincés dans les esgourdes.

Mirror Dash (Thurston Moore et Kim Gordon) s’inscrit également dans une lignée expérimentale, même si le projet reste plus accessible que celui de Ranaldo et ses sbires.

Kim Gordon s’occupe du chant et de la guitare tandis qu’un Thurston Moore très peu souriant bricole et vaque à des bidouillages divers. Le couple flirte toujours aux confins du mélodique et du dissonant.

La soirée se poursuit avec quelques temps morts que le public déplore. "Ils auraient du faire jouer Metric beaucoup plus tôt !! . "

 

Jeanne Balibar accompagnée de Rodolph Burger tentera de faire patienter l’audience. La dame entame un numéro de charme avec le public.

Il est vrai qu’elle est à son avantage dans sa magnifique robe jaune. Les compositions lascives marchent sur quelques morceaux mais peinent à convaincre sur la longueur…

On file au bar pour une …euh… énième bière, on a arrêté de compter…

Il est très tard ou plutôt très tôt quand Metric débarque enfin sur la scène du forum. James Shaw et Emily Haines ont décidé de réveiller les ardeurs ainsi que les leur côté dance-floor. Les Canadiens enfilent les tubes punk-disco de leur efficace album Old World Underground. Tous les garçons sont subjugués par le numéro de séduction de mademoiselle Haines : robe affriolante mais pas trop, poses de pin-up disco, déhanché sexy a souhait…

Le set se terminera par un Dead Disco survolté. Plutôt convaincant.

Il est très tôt, pas le courage de regarder la montre mais en fait je préfère pas… Ce n’est que le début et demain une grosse journée se profile, avec notamment Sonic Youth sous sa formule "pop". Olivier Assayas a donc abattu sa carte blanche à dominante expérimentale. Le pari était osé, un coup de poker en quelque sorte…

Malgré l’étonnement, le public briochin aura su se montrer curieux, ouvert et sans préjugés tout en gardant un certain regard critique sur ce qu’on lui proposait.

 

Voir aussi sur Froggy's Delight :

Art Rock 2005, aperçu du jeudi 2 juin
Art Rock 2005, compte rendu du vendredi 3 juin
Art Rock 2005, compte rendu du samedi 4 juin Art Rock 2005, compte rendu du dimanche 5 juin

En savoir plus :
Le site officiel du Festival Art Rock
Le Myspace du Festival Art Rock
Le Facebook du Festival Art Rock

Crédit photos : Frédéric Villemin (Toute la série sur Taste of Indie)


Julien P.         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
"Un moment musical chez les Schumann" de Cyrielle Golin & Antoine Mourias
Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=