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Interview  (Paris)  octobre 2016

Lafayette, auteur de trois premiers EP très prometteurs, sort sur le label Entreprise, son premier album Les Dessous Féminins, le 14 octobre. Figure rafraîchissante de la scène french pop, l’artiste cultive pêle-mêle l’amour de la pop 80’s, du cinéma, et des jolies filles… surtout des jolies filles… Froggy's Delight a rencontré ce jeune artiste trentenaire, un matin ensoleillé d’octobre.

Tu es un nouveau visage de la scène française, peux-tu nous parler de ton parcours musical ?

Lors de mes années lycées à Rouen, pendant les années 90, j’avais un ami dont le père était musicien, il avait un home studio. J’ai eu ce premier contact musical via ce home studio, bien avant le côté groupe classique. Ensuite, je suis allé vivre sur Paris, je voulais faire de la musique, j’avais appris sur un 4-pistes à cassettes puis sur un 8-pistes à bandes qui permet un son plus produit. Un ami m’a présenté un pote à lui également musicien, Séverin, nous avons monté un groupe ensemble, One-Two, et enregistré deux albums chez Domino, nous nous sommes séparés et continuons maintenant notre carrière chacun de notre côté.

Ton univers musical, ton son, s’inscrivent dans une veine french pop 80’s, dans la lignée des Jacno, Jay Alanski, Mikado dont tu as d’ailleurs repris "Naufrage en Hiver" en B-side de Eros Automatique.

J’aimais bien cette scène qui avait un côté frais mais sans être superficielle, sans ce côté plombant. J’aimais ces artistes qui parlaient avec gravité des choses légères et avec légèreté des choses graves. Même si l’époque paraît lointaine, il y a beaucoup d’artistes de cette période que j’aime bien et auxquels je m’identifie, bien plus qu’aux groupes de la scène pop des années 90. "La Notte, la Notte" d’Etienne Daho est un album que j’adore. Pascale Borel (ndlr : chanteuse de Mikado) m’avait écrit pour me dire qu’elle avait aimé ma reprise de "Naufrage en Hiver", ça m’avait fait plaisir, pourtant je l’avais enregistré seul à la maison, en mode home studio, avec les moyens du bord…

D’ailleurs, sur le titre "Une Fille, Un Eté", il y a une familiarité rythmique avec les premiers morceaux de Daho.

Le son de la basse a effectivement une familiarité avec celle du "Grand Sommeil".

Entre la sortie du premier single de la trilogie amoureuse, et la sortie de ton premier album solo, il s’est passé presque trois ans, pourquoi un délai si long ?

Il y a environ trois ans, j’avais sorti Eros Automatique, puis un an après Mauvaise Mine et La Glanda. Je suis devenu papa pendant cette même période, ce qui m’a laissé moins de disponibilité. Le label m’a aussi laissé le temps de faire des chansons afin d’avoir un choix plus vaste. Bien que le délai de trois ans n’ait pas été de mon seul fait, ça m’a permis de mieux mûrir mon projet et de le peaufiner.

La thématique de tes chansons est régulièrement axée autour des rapports hommes-femmes, de la mélancolie, des instants fugaces, du temps de vivre.

Les filles… C’est un sujet classique mais finalement important… La mélancolie, celle des instants où l’on regrette quelque chose comme dans Eros Automatique… Quand j’écris sur quelqu’un qui repense à une chose, je trouve que ça apporte une force narrative plus intéressante. Souvent, le thème de la cristallisation est prégnant dans mes textes, comme dans ces moments vécus, attendus et fantasmés et qui restent en toi… Cela marche aussi avec la beauté des filles… (rires).

La Mélancolie Française joue sur l’ambiguité entre une époque révolue, regrettée et une envie d’aller de l’avant et de se projeter vers l’avenir.

J’aurais pu appeler ce morceau "La mythologie française" dans le sens où c’est une énumération. J’ai ressenti que des gens se demandaient si je n’étais pas un réac voire un facho alors que finalement je ne dis rien, excepté "je la sens dans vos yeux, dans vos âmes, et vos bleus",  après c’est un peu le Panthéon français qui déroule, bien sûr il en manque, j’aurais pu citer le front populaire, Jeanne d’Arc, et pleins d’autres…

Je trouve qu’il y a quelque chose d’un peu sociétal dans l’air du temps. Quand tu vois que le parti qui monte parle de revenir au franc, de revenir sur les acquis. J’ai l’impression que peu de monde est excité par l’avenir, la situation est angoissante et anxiogène, et beaucoup veulent se raccrocher à des valeurs refuges. Je trouve qu’en France, pays que j’aime beaucoup, il y a un peu ce lustre du passé historique, architectural, culturel et je me demande si ça n’écrase pas les aspirations à regarder devant, à se projeter dans une France 2.0.

Quel sera le futur du pays ? Je croise rarement des gens me dirent "la France dans 3-4 ans va être géniale, ça va être ceci cela". Il y a toujours ces mêmes figures tutélaires du passé auxquelles nous nous raccrochons. Le morceau, je le voulais plus comme un miroir tendu au pays, sans prise de position morale, même si les réactions ont été contrastées, j’ai trouvé ça intéressant de juste mettre ce miroir et de photographier les gens. En même temps, compte tenu du contexte global actuel, le chômage, le terrorisme, je comprends aussi que les gens puissent se raccrocher à quelque chose du passé qui les réconforte.

"Une Fille, Un Eté" qui ouvre l’album, aurait pu être un tube de l’été, à l’instar du "Prima Estate" d’Erlend Oye sorti il y a quelques années, pourquoi ne pas l’avoir sorti pendant la période estivale ?

Le label a pensé que "La Mélancolie Française" aurait un impact plus important. N’ayant pas sorti de single depuis longtemps, ils ont peut-être craint le côté quitte ou double du succès de la chanson. "Une Fille, Un Eté" sortira en single bien que je leur ai proposé de le sortir pour les vacances et pas en novembre… J’ai laissé le label gérer sa stratégie.

"Les Dessous Féminins" a une histoire particulière.

Ce sera le prochain single. La vidéo de la chanson a été faite il y a deux ans, bien que celle-ci n’ait jamais été édité. J’avais fait avec des potes un clip que j’avais mis en ligne sur le web. C’est grâce à la vidéo que la rencontre s’est faite avec le label Entreprise et que nous avons commencé à travailler ensemble. J’ai réenregistré la chanson pour l’album mais le clip n’a pas changé, il ressort officiellement en même temps que la sortie de l’album.

Ton univers musical est très visuel, très cinématographique, tu as collaboré avec Alka, Luna Truffaut-Piccoli (petite fille de François Truffaut), tu cites Eric Rohmer dans tes textes. Le cinéma a une part importante dans ta vie ?

Je trouve que l’image permet d’ouvrir ta musique à autre chose, je ne réalise pas mes clips, mais j’aime trouver avec les réalisateurs des accroches autour de mes goûts cinématographiques. Les rencontres avec Alka, et Luna se sont faites par des amis communs, le hasard des rencontres, en réalité tout s’est fait assez naturellement. Ce qui est pratique avec les actrices, c’est qu’elles jouent bien, moi je joue toujours de la même manière, à la fin on ne sait plus trop si je suis dans le jeu ou dans le non jeu. (rires)

Tu cultives un personnage décalé, fragile, avec un côté très féminin, très "chouchou de ces dames".

Parfois, je le cultive mais au fond de moi je pense que ça a toujours été mon histoire. Cela peut paraître idiot mais quand j’étais enfant, les mamans de mes copains m’adoraient, alors que j’étais indifférent aux yeux de leur pères, c’est mon côté "Lauréat". Les filles aussi m’intéressent… (rires)

Si je te dis que tu apparais un peu comme le Antoine Doinel de la chanson française, quel effet cela te fait-il ?

Je comprends et en plus, ce qui est drôle, quand j’étais jeune, beaucoup de personnes me trouvaient une grande ressemblance avec Jean-Pierre Léaud à l’âge de vingt ans. Quand on est ado et en manque de confiance en soi, on peut se construire et s’identifier à des modèles. Peut-être qu’inconsciemment, il est le type de héros auquel j’ai pu m’identifier étant plus jeune.

Tu es une des figures emblématiques d’Entreprise autant par ta carrière solo que par tes collaborations avec les autres artistes du label (Julia Jean-Baptiste, Jérôme Echenoz…).

J’ai écrit le texte de "Confetti" pour Julia et j’ai remixé "Le Chrome et le Coton" pour Jérôme. J’ai aussi fait un duo avec Laura Fishbach. J’aime beaucoup collaborer avec d’autres artistes, ça permet de sortir de son univers égocentré, c’est un exercice plaisant qui m’amuse beaucoup. Ce qui m’amuserait encore plus, ce serait des collaborations improbables, vers des domaines où on ne m’attend pas forcément sauf peut-être le métal, je ne suis pas sûr qu’ils feraient une grande affaire avec moi dans ce domaine (rires).

Cette scène française qui émerge depuis quelques années, à laquelle tu appartiens en compagnie de Cléa Vincent, Paradis, l’Impératrice, Laura Fishbach, Aline… Comment la perçois-tu cette scène ?

Et beaucoup d’autres… Je trouve cela excitant et les artistes cités sortent des choses vraiment bien. C’est un plaisir de ne pas se sentir seul sur ce bateau de la pop française et de pouvoir aimer d’autres artistes. C’est en même temps stimulant de se dire : "ils sortent des trucs biens, c’est pas mal ce qu’ils font, faut pas se relâcher !", ce n’est pas une compétition, c’est simplement stimulant et excitant. J’espère que parmi tous ces artistes, beaucoup vont continuer et que l’on se dira rétrospectivement dans dix ans, qu’il y avait des choses bien.

Trouverais-tu judicieux d’imaginer un projet commun entre tous les artistes et leurs labels afin de les présenter, les faire émerger tous en même temps à l’instar des débuts de la French Touch au début des années 90 ?

Cela pourrait être une bonne idée et ce serait très amusant et certainement très profitable. Si on me le proposait, je le ferai avec grand plaisir. Après, tu as des histoires de droits, de labels.

Et ton programme pour les semaines à venir ?

Programme traditionnel pour la sortie d’un album. Je pars dans quelques jours filmer la vidéo de "Une Fille, Un Eté", puis promo, tournées. J’aimerai aller jouer en province, dépasser les limites de Paris. J’aimerai aussi présenter mes chansons à des gens qui ne suivent pas la musique, les rencontrer, voir leur réaction, si ils aiment ou pas.

Merci Frédéric et bonne chance à l’album.

 

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Sébastien Dupressoir         
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petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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