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Ken Loach  octobre 2016

Réalisé par Ken Loach. Grande Bretagne/France/Belgique. Drame. 1h39 (Sortie le 26 octobre 2016). Avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan, Percy Sharon, Briana Shann, John Sumner, Mark Burns et Micky McGregor.

Eh oui, ça peut arriver ! En 2016, la Palme d'or à Cannes a été donnée à un grand film qui devrait convaincre ses spectateurs et non pas les obliger à adouber le choix critique.

D'autant que cette année, la critique - particulièrement la critique française - avait fait de "Toni Erdmann", le film allemande Maren Ade son chouchou.

On ne pourra que féliciter le réalisateur des Mad Max, George Miller de lui avoir préféré "Moi, Daniel Blake" de Ken Loach.

Evidemment, les esprits chagrins ont souligné que c'était la deuxième palme d'or du cinéaste contestataire britannique, après "Le vent se lève" en 2006, par ailleurs le plus sélectionné à Cannes (18 fois dont 13 en compétition officielle) depuis 1972 et son magnifique "Family Life".

Mais si, la première fois, le duo Loach et Paul Laverty (son scénariste) avait été récompensé pour un film sur la guerre d'Irlande, cette fois-ci, c'est pour son cinéma social qu'il obtient la récompense suprême.

"Moi, Daniel Blake" poursuit en effet cette veine populaire qui, depuis 1967, avec "Pas de larmes pour Joy", caractérise le cinéma de Loach. Comme toujours, son héros, Daniel Blake, est un homme broyé par le système.

Comme toujours, il essaiera de s'en sortir avec la dignité d'un l'homme qui n'a que cette qualité comme arme. Comme toujours, il connaîtra la solidarité de ses pareils en malheur, ici représentés par Katie et des deux enfants.

Pour certains des amis de "Toni Erdmann", Ken Loach a franchi avec "Moi, Daniel Blake" le Rubicon du mélo. C'est sans doute parce que le vieux cinéaste estime que le monde actuel, où toutes les vannes de l'ultra-libéralisme sont ouvertes, et où chacun est seul face à la broyeuse sociale, ne peut conduire qu'au pire, prenant les formes classiques de la misère et de la prostitution.

Daniel Blake est victime d'un imbroglio administratif qui lui fait perdre ses droits et le conduit vers une mort sociale, voire physique. Loach sous-entent que cette "erreur" administrative est quasi-volontaire et montre comment, en Grande-Bretagne, comme partout ailleurs en Europe sous d'autres formes, les pauvres sont accusés d'être responsables de leur pauvreté...

Il démontre aussi que, contrairement à ce qui est dit, le libéralisme extrême est le paradis de la paperasse et de la bureaucratie.

Film poignant qu'aurait pu signer Victor Hugo si le septième art avait existé au temps des "Misérables", "Moi, Daniel Blake" de Ken Loach est le portrait d'un juste victime de la guerre économique. Constat établi juste avant le Brexit, il explique pourquoi il y a quelque chose de "pourri" au Royaume d'Angleterre. Il n'appelle pas explicitement à la révolte comme d'autres films de Ken Loach, mais expose une situation avant peut-être que tout explose.

Sommet d'une œuvre commencée il y a cinquante ans, "Moi, Daniel Blake" de Ken Loach ne laissera personne indifférent. On aimerait entendre les arguments de ses détracteurs, au-delà, bien sûr, de la vieille antienne selon laquelle "on sait déjà tout ça". Peut-être n'oseront-il pas avouer que ce film humaniste les travaillent déjà comme il risque d'alimenter la réflexion de la plupart de ceux qui le verront et l'approuveront.

 

Philippe Person         
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# 18 avril 2021 : En avril ne te cultive pas d'un fil

Pas de nouvelle bonne nouvelle... pas sûr. En attendant de pouvoir aller à nouveau vers la culture, faisons la venir vers nous. Voici notre sélection de tout un tas de choses à écouter, lire, voir et (re)découvrir. On commence évidemment avec le replay de la MAG #25 ! et oui déjà, en on n'est pas peu fier !

Du côté de la musique :

"Djourou" de Ballaké Sissoko
"A live full of farewells" de The Apartments
"Racine carrée de vos utopies" de Les Marteaux Pikettes
"Detectorists" le 19ème mix de la saison 2 de Listen In Bed
"Bach en miroir" de Marie-Andrée Joerger
"Drot og Marsk" de Peter Heise
"Bye bye baby" de Requin Chagrin
"Good for you" de Slim Paul
et toujours :
"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La Collection" d'Harold Pinter
"Le Cabinet horrifique" de Valérie Lesort
"Vêtir ceux qui sont nus" de Luigi Pirandello
'Féminines" de Pauline Bureau
"Noire" de Tania de Montaigne
"Love & Politics" de Dan Turden
"NinaLisa" de Thomas Pédour
"Le Bœuf-musical Boris Vian" au Hall de la Chanson
"Hippolyte et Aricie" de Rameau

Expositions :

en virtuel :
"Trésors Nabis" du Musée d'Orsay
"Bonnard, Le Cannet, une évidence" au Musée Bonnard au Cannet
"Yan Pei-Ming - Au nom du père" au Musée Unterlinden à Colmar
"Crinolines et chapeaux, la mode au temps des impressionnistes" au Musée de la Corderie Valois en Normandie
"Camille Moreau-Nélaton, Une femme céramiste au temps des impressionnistes" au Musée de la céramique à Rouen
"Jean Ranc, un montpelliérain à la Cour des rois" au Musée Fabre à Montpellier

Cinéma :

at home :
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"La course navette" de Maxime Aubert
des films cultes :
"Au revoir les enfants" de Louis Malle

"Little Odessa" de James Gray
"37°2 le matin" de Jean-Jacques Beyneix
"C'est arrivé près de chez vous" de Rémy Belvaux et André Bonzel
"La Balance" de Bob Swaim
et un court métrage "La pince à ongles" de Jean-Claude Carrière

Lecture avec :

"C'est quoi ton genre ?" de Agnès Vannouvong
"La petite ville des grands rêves" de Fredrik Backman
"Les somnambules" de Chuck Wending
"Mondes en guerre : tome IV, guerre sans frontières" de Louis Gautier
"Séquences mortelles" de Michael Connely
et toujours :
"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood

Du côté des jeux vidéos :

Retrouvez les jeux vidéos en live sur la TV de Froggy's Delight chaque soir de la semaine à partir de 21H

 

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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