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puce Arnaud Cathrine & Florent Marchet
Interview  (Paris)  septembre 2016

C’est au café suédois de la Trésorerie accompagné d’un grand café "filtre" que nous avons rencontré Arnaud Cathrine et Florent Marchet pour parler de leur projet Frère Animal (second tour), de musique, de création, de politique et de blagues…

Tout d’abord, comment peut-on définir ce "Second tour" ? Est-ce un livre-disque, un spectacle-disque ou simplement une histoire en chanson ?

Ensemble : C’est tout ça !

Arnaud Cathrine : C’est une histoire en musique qui va se décliner sur plusieurs supports. D’abord l’album, puis un spectacle et en plus physiquement ça va ressembler un peu à un livre-disque parce que ça va être un format japonais avec un livret qui fait plus de quarante pages.

Florent Marchet : C’est un roman musical qui est porté sur scène.

Arnaud Cathrine : Oui c’est l’expression que l’on avait trouvée in fine, ou peut-être faute de mieux sur le premier. Les gens nous disaient "comédie musicale" mais on avait du mal à s’identifier à ces gens très très doués qui ont la petite cellule et qui dansent en faisant Le Roi Soleil. On s’était arrêté sur cette expression et c’est vrai que dans Frère Animal, il y a quelques morceaux que l’on peut écouter isolément mais c’est quand même difficile d’écouter le chapitre cinq avant le chapitre trois donc oui "roman musical", ça nous va assez bien.

Le premier opus était une réflexion autour de la filiation et du monde du travail, celui-ci est plus politique, avec un vrai discours, comment en êtes-vous venus à ça ?

Florent Marchet : Assez simplement en fait, on avait tout d’abord très envie de se retrouver tous les deux avec Arnaud sur un projet de création et en même temps de se retrouver avec Valérie Leulliot et Nicolas Martel…

Arnaud Cathrine : … avec qui nous avions fini par former une sorte de groupe quand même après 3 ans de tournée…

Florent Marchet : Voilà, on s’était toujours dit qu’on referait sans doute, même très certainement la suite de Frère Animal, mais on voulait être certain d’avoir le sujet qui nous anime suffisamment pour qu’on ait envie de se pencher sur un travail d’écriture, de composition, d’enregistrement puis de tournée, parce qu’on sait tout ce que ça implique, c’est-à-dire toutes les autres choses qu’on ne fait pas pendant ce temps-là. Donc il fallait que ça nous tienne à cœur.

Arnaud Cathrine : Et il faut beaucoup donner aujourd’hui pour faire exister un projet, pour le faire exister vraiment. Il faut vraiment être convaincu. On y passe quand même un temps infini.

Florent Marchet : C’est deux ans de notre vie quand même ! Le changement de thème est venu simplement, on s’est vu régulièrement avec Valérie, Nicolas, Arnaud et moi, et puis lors de dîners on ne parlait pas forcément de Frère Animal, on a commencé à parler de ce qui nous inquiétait dans cette montée de l’extrême droite, de ce repli communautaire et de fil en aiguille, on s’est rendu compte avec Arnaud que ces sujets-là étaient des sujets dont nous avions vraiment envie de parler et peut-être même les seuls, en ce moment, qui nous animaient vraiment et que le territoire, le lieu pour en parler ça pouvait être Frère Animal justement. Et on se posait la question régulièrement :"Tiens, Thibaut, qu’est-ce qu’il fait en ce moment ? Qu’est-ce qu’il penserait de tout ça ?".

Arnaud Cathrine : Parce que Thibaut, on l’avait laissé purger sa peine de prison et on s’est dit : il va ressortir ce Thibaut et quid de la réinsertion ? Sujet compliqué. Et il va ressortir dans quelle France ? Une France qui est à la veille d’une élection présidentielle, une France très clivée, divisée. Est-ce que le monde va l’attendre ? Est-ce que le monde va vouloir de lui ? Et on s’est dit qu’il y avait matière à faire quelque chose dans ce retour de Thibalt au monde.

Pensez-vous qu’on puisse parler d’un disque engagé ?

Florent Marchet : Je ne sais pas ce que ça veut dire engagé ? Ça veut dire qu’on est encarté, qu’on a une mission ?

Arnaud Cathrine : Pas engagé au sens militant, mais engagé dans le sens de concerné, conscient et inquiet. C’est un mot que Florent reprend beaucoup et je suis d’accord avec ça : inquiet et soucieux d’apporter sa contribution à l’alerte dont on a besoin pour ne pas se réveiller avec pire qu’une gueule de bois au second tour. Ça ne s’appellerait même pas une gueule de bois, ça s’appellerait je ne sais pas comment.

Il y avait un commentaire sous votre clip sur YouTube : "propos vague confus banalement anti élitiste et anti fasciste on nous parle de chômage mais le clip nous montre 4 bobos parisiens qui n’ont absolument pas l’air de se "sentir de trop""…

Florent Marchet : C’est toi qui l’as posté ?

Non non non !

Arnaud Cathrine : Bon on sait d’où ça vient…

Justement, vous n’avez pas peur en prenant position de vous sentir caricatural ou donneur de leçons ?

Arnaud Cathrine : Ce n’est pas grave parce que sinon on ne fait rien, il y a plusieurs choses il y a le risque de l’entre-soi, mais j’ose espérer qu’avec les lieux de diffusion on va avoir un certain nombre de théâtres nationaux et des lieux où des gens font un vrai travail sur la mixité du public, on va pouvoir toucher des gens qui ne sont pas forcément des convaincus d’avance et qu’on ne va pas être qu'entre nous, la diffusion du spectacle est très importante pour ça et après sur le côté bobo donneur de leçon…

Florent Marchet : Mais là il prône l’entre-soi le commentaire, ça voudrait dire que si on n'est pas chômeur, si on n’appartient pas à un milieu défavorisé, on n'a pas le droit d’en parler. En creux c’est ce que ça veut dire. Déjà moi je suis considéré comme un demandeur d’emploi parce que je suis intermittent du spectacle, donc déjà je l’emmerde et puis je n’habite pas Paris, et je viens de province et de la campagne.

Arnaud Cathrine : Bon il y a des signaux dans la phrase qui montre que ça vient d’un identitaire ou quelqu’un du style.

Florent Marchet : Bien sûr mais il a quand même tout faux.

Arnaud Cathrine : Il y a évidemment dans l’électorat de l’extrême droite toute une partie qui n’est pas à convaincre et qui vont se contenter de nous critiquer avec ce lexique là, ça je l’évacue. Moi je pense aux Thibaut, aux multiples Thibault pour qui on a écrit cette histoire, c’est-à-dire aux gens à qui il arrive de faire fausse route que ce soit l’extrême droite ou autre chose : le dealage, la délinquance… On pense à ces Thibaut qui font fausse route parce qu'ils ont été abandonnés, parce qu’ils ne sont pas considérés, parce qu’ils ne sont pas regardés. C’est eux que l’on veut essayer de comprendre et à qui l’on veut donner une existence. Peut-être, et c’est ça mon espoir, c’est qu’il y a quelques Thibaut qui ne croient plus en eux, qui sont prêts à faire les pires conneries du monde, je me dis il peut se trouver que certains entendent ce projet et ça sera une goutte d’eau. Il faut qu’on soit d’autres, d’autres personnes qui adjoignent leur force aux nôtres, mais c’est à ces gamins auxquels je pense.

Florent Marchet : Non mais ceux qu’on ne fera pas changer d’avis, même s’ils aimeraient beaucoup "Une Chanson Française", on s’en fout ! Une chanson ne changera jamais le monde, mais si déjà on peut se tenir chaud en abordant ce sujet-là, en osant l’aborder ! Je vois dans les rencontres qu’on a commencé à faire après les concerts, c’est important c’est une façon de se rassurer de voir qu’on n’est pas seul à être inquiet. C’est déjà beaucoup et puis ça ouvre des débats ! On s’est rendu compte qu’autour de nous, il y avait des gens très sensés qui n’étaient pas du tout inquiet par la montée de l’extrême droite, et ça nous a aussi alarmé. Certains pensant que ce qui allait se passer aux prochaines élections présidentielles, ça allait être comme à l’époque de Chirac avec un résultat de république bananière, nous nous ne pensons pas que ce sera le cas…

Arnaud Cathrine : C’est intéressant parce que ce que vient de dire Florent, si on en croit ce monsieur, parce que Florent n’est soi-disant pas chômeur et parce que Florent est soi-disant, tout comme moi, un bobo, Florent n’aurait pas le droit de le dire, il ne serait pas à un endroit qui lui permette de le dire. Ça pose la question de la légitimité, or qu’est-ce qui nous attend l’année prochaine ? Et c’est aussi pour ça que ça s’appelle "Second Tour", ce sont des élections qui concernent tous citoyens.

Moi je ne sais pas si on est bobo, je m’en fous un peu à vrai dire, mais nous sommes citoyens comme tout le monde, nous sommes deux citoyens dont notre métier est d’être artiste, c’est-à-dire de nos petites pensées ou nos petites paroles on en fait des créations. Ça fait très longtemps que j’ai évacué la question de la légitimité. J’ai fait mon entrée en littérature avec un livre sur une guerre civile et je me souviens qu’il y avait des gens qui ont écrit dans la presse que je n’avais pas le droit d’écrire ce livre parce que je n’avais pas vécu la guerre. Cette question de la légitimité est totalement ignorante de ce qu’est l’art tout simplement. On a tous les droits dans la création, on a absolument tous les droits, même quand on est bobo !

En revanche, les gens ont le droit de dire qu’on a raté et que c’est nul. Ce commentaire, c’est une phrase un peu idiote. Mais surtout, et ça me fait un peu de la peine, c’est juste une ignorance totale de ce qu’est la création. Mais il faut que les gens s’expriment aussi, après il y a des critiques qui nous sembleront plus fines que d’autres, plus heurtantes que d’autres, celle-là fait juste règlement de compte un peu idiot.

Florent Marchet : Non mais sinon on n'écrit plus, on ne peut plus écrire sur le moyen-âge si on ne l’a pas vécu !

L’histoire que vous racontez est non seulement ancrée dans le réel mais surtout dans l’époque, c’est-à-dire en 2016 / 2017 et suivant la tournure des choses, des élections la manière de le percevoir peut évoluer, comment voyez-vous le disque face à son ancrage dans le temps ? Comment pensez-vous qu’il va vieillir ?

Arnaud Cathrine : Je ne pense pas que la réception du disque changera tant que ça après les élections.

Florent Marchet : En tout cas, cinq ans après le problème sera le même.

Arnaud Cathrine : Quand on voit ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Autriche, il y a quelque chose d’endémique et mondial : la tentation d’une régression humaniste donc hélas le "pourquoi" on a fait ce disque ne sera malheureusement pas obsolète après les élections. C’est simplement le prétexte narratif, les élections.

Florent Marchet : Ce que l’on retiendra peut-être des années 2000, 2010... 2020, j’en ai bien peur, c’est qu’il y a eu une tentation moyenâgeuse…

Arnaud Cathrine : Et cette tentation moyenâgeuse, Trump l’incarne. Il n’est pas dit que cette fois l’extrême droite ne passe pas vraiment en Autriche et il y a d’autres pays européens, dont la France, qui témoignent de ça. J’aimerai que le disque soit totalement daté au second tour.

Florent Marchet : Moi si on pouvait me dire que je me suis inquiété pour rien, moi je veux bien.

Arnaud Cathrine : Et puis il y a, pour parler de la France, dans le vote extrême droite il y a des gens convaincus de la première heure et qui ne changeront jamais, mais il y a quand même plein de gens qui votent FN parce qu'ils sont mal, et c’est une majorité, et je ne pense pas qu’ils seront mieux trois mois après.

On retrouve donc les quatre personnages principaux du premier épisode, ils ont tous changer, et pas forcément en bien ou en mieux, ils sont tous devenus un peu détestables à leur façon, comment avez-vous décidé des chemins qu’ils prenaient ?

Florent Marchet : Ce que nous savions, c’est que Thibaut allait être enrôlé. Benjamin serait bien pour incarner le responsable du Bloc Nation, ça fait déjà des personnages pas supra sympathiques, même si on a toujours de l’empathie pour eux.

Arnaud Cathrine : J’ai toujours beaucoup de tendresse pour Thibaut, c’est juste un mec qui est perdu, c’est comme un gamin à qui on a envie de foutre deux paires de claques puis de prendre dans ces bras en disant : "tu seras quelqu’un".

Florent Marchet : Julie ne veut pas être embarquée là-dedans, elle a sa vie et elle veut la vivre pleinement. Elle veut faire une croix sur ce passé même si elle est encore attachée à son histoire avec Thibaut mais pour elle, sa vie n’est pas ici. Quelque part si on a du mal à s’attacher, c’est parce qu’on trouve qu’elle ne sauve pas suffisamment Thibaut et donc c’est qu’on est déjà un peu attaché à Thibaut, mine de rien.

Arnaud Cathrine : Mais c’est la seule qui a une parole tendre pour lui… Le frère, lui il renonce. Le père aussi, il n’y a que Julie qui ne renonce pas. Finalement c’est vous, c’est nous qui sauvons Thibaut.

Justement, est-ce le sens du "Et vous" final de la pochette ?

Arnaud Cathrine : Bien sûr ! Le sens du "et vous", c’est aussi que sur un sujet pareil, on ne peut pas imaginer que le public ne va pas se positionner très vite et fortement je l’espère. Ce n’est pas le genre d’album où le public est invité à la neutralité.

Florent Marchet : Oui on ne peut pas ressortir de scène en disant : "C’était sympa... On a passé un bon moment…"

Arnaud Cathrine : L’auditeur et le spectateur ont un rôle à jouer, sur l’interprétation de cet itinéraire de Thibaut. Pour le père c’est insupportable, c’est un ouvrier à la retraite qui a toujours voté extrême gauche, il ne peut pas comprendre ce qui se passe avec son fils. Renault s’est battu pour avoir des droits, il veut vivre avec son mec, lui pour le coup c’est un bobo de gauche, grand bien lui fasse, c’est extrêmement violent pour lui donc il a cette dureté de renoncer à son frère.

Il y a quand même cette chanson "Que fais-tu" qui parle pour nous, c’est-à-dire pour Florent et moi. On retrouve Julie qui, elle, a l’empathie et la tendresse de voir Thibaut. C’est-à-dire quelqu’un qui fait fausse route mais qu’on devrait remarquer et considérer, et elle se dit que contrairement à Manuel Valls, c’est très important de comprendre pourquoi ça s’est passé comme ça, et d’expliquer que quand on n'a pas regardé un môme pendant vingt ans il vrille, c’est normal, c’est explicable, c’est prévisible et ils sont des milliers comme ça à partir en vrille en France parce qu’on ne les a pas regardés.

Florent Marchet : Ce qu’on aurait envie de dire à Manuel Valls c’est : regardez vos enfants, regardez pourquoi ils sont devenus comme ça et prenez-en la responsabilité. Ce n’est pas seulement Manuel Valls mais c’est tous les politiques qui se sont succédés.

Arnaud Cathrine : Dans l’histoire, il y a un personnage qui a la tendresse qu’on aimerait avoir et que les politiques aussi aient, c’est Julie. Elle commence par le rejeter. Un jour ,j’ai une amie qui m’a dit que son nouveau copain était Front National… Je ne l’ai plus jamais vu… Vous pouvez me dire que j’ai été extrêmement dur, mais pour moi la terre s’est écroulée, je ne comprenais plus, j’avais le sentiment que je m’étais trompé. J’étais très jeune, aujourd’hui je prendrais le temps de comprendre, de parler avec elle, d’essayer de comprendre pourquoi ça s’est passé comme ça, qu’est-ce qu’elle lui trouve, etc. C’est ce qu’on essaie de faire avec Thibaut et ce qu’essaie de faire Julie in fine aux deux tiers de l’album, parce qu’elle commence par refuser comme moi-même je l’ai fait avec cette copine.

A Comblet la ville où se passe votre histoire, il y a un bar "Les marronniers", savez-vous qu’ils servent du Gibolin ?

Florent Marchet : Oui mais malheureusement, je pense qu’ils ne devraient pas en servir à tout le monde, parce que parfois on fait n’importe quoi avec du Gibolin…

Arnaud Cathrine : C’est comme l’absinthe, le Gibolin, il faut savoir vraiment le consommer avec un art sinon ça tombe dans la vulgarité.

Florent Marchet : Mais il ne faut pas tout mettre sur le dos du Gibolin, c’est injuste quand même…

Vous vous doutez de la question qui vient, comment s’est fait le choix de deux invités par rapport à l’équipe du premier à savoir François Morel et Bernard Lavilliers ?

Florent Marchet : François est quelqu’un qu’on a croisé régulièrement, moi il est venu enregistrer un projet dans mon studio, Arnaud l’a programmé plusieurs fois dans des festivals littéraires. C’est quelqu’un qu’on apprécie beaucoup, qu’on admire, que ce soit l’acteur, le comédien, l’auteur, autant que le citoyen engagé qu’il est.

Arnaud Cathrine : Oui ces chroniques sur France Inter témoignent quand même d’une conscience des choses et on voulait des gens conscients pour cet album.

Florent Marchet : Et il a une voix, une diction qui est tellement particulière, unique et on voulait que le narrateur porte tout ça en lui, donc ça s’est imposé assez facilement.

Arnaud Cathrine : Oui parce qu’on a pensé d’abord à des voix. Ensuite on a cherché un papa pour Thibaut et il n’y avait pas trente-six mille choix ! Bernard Lavilliers était une évidence, pour la question politique, pour la question du grain de voix, parce qu’on voulait aussi travailler avec quelqu’un de la génération au-dessus de nous. Et c’est quelqu’un qui a écrit beaucoup de chansons pour le coup extrêmement politique.

Florent : Quelqu’un dont le père était ouvrier communiste, on trouvait ça intéressant pour le sujet de la chanson. Et ils ne sont pas nombreux les gens à s’intéresser à ces sujets-là et Lavilliers a compté. Moi il m’a amené aussi à la poésie car quand j’avais douze, treize ans je l’écoutais beaucoup et il parlait de Blaise Cendrars, de gens comme ça et c’est comme ça que je me suis mis à lire de la poésie, à avoir envie de voyager. En tout cas, je ne me suis jamais dit que c’était vulgaire d’écrire sur la chose sociale, parce qu’il y avait des gens plus que respectables et talentueux comme Lavilliers.

Et je pense que c’est même la fonction première de la chanson, au départ c’est un art populaire où chacun raconte ses conditions de vie ou les dénonce. Là je parle du XVIII / XIXème siècle, on avait les chansons de marins, d’ouvriers, de paysans, une sorte de témoignage, les balbutiements de la sociologie et puisque personne d’autre n'en parlait, tout le monde s’en foutait des pauvres, il n’y avait qu’eux pour écrire des chansons. Les chansons contre la guerre, il en avait beaucoup aussi, des chansons de déserteurs, bien avant Boris Vian. Et depuis les années 90, au moment où il y a une surindustrialisation de la musique et de l’art en général, on voit que ça disparait totalement, c’est un peu dommage, la chanson n’est là que pour divertir, ne rien remettre en question, contrairement à la littérature.

Arnaud Cathrine : L’ambition des gens pour la littérature est totalement démesurée, on veut que tout le monde soit Houellebecq et ait vingt décennies d’avance sur le contemporain, de plus il y a une prime au naturaliste. Ça crée un complexe d’infériorité sur la chanson et les gens n’osent pas trop y aller et ont peur peut-être en plus en ce moment de se faire traiter de bobo. On surinvestit la littérature dans les ambitions et après on considère la chanson comme de la chansonnette, comme un art mineur. Tout ça est totalement outrancier et moi j’aime quand Ferré a cette parole puissante, j’aime quand Miossec chante "Regarde un peu la France", pour moi c’est tout un programme, mais c’est dur à faire sans être clicheteux et bébête.

Florent Marchet : Ou à sa façon un Philippe Katerine.

Arnaud Cathrine : Bien sûr ! "Juifs Arabes" il fallait quand même l’oser, c’est génial et c’est éminemment politique, même si ce n’est plus sur le versant de la parodie…

L’histoire du disque reprend donc 5 ans plus tard, chacun a continué à vivre à évoluer, vous aussi qu’est-ce qui a changé en cinq ans en vous ? Et dans votre manière de travailler à 4 mains ?

Florent Marchet : Quand on a commencé à écrire, on savait cette fois-ci que ce serait un spectacle, on ne l’a pas écrit de manière différente, on a écrit les deux en Normandie.

Arnaud Cathrine : Un truc a changé, on voulait resserrer sur une poignée de personnages, le premier était beaucoup plus choral. C’était un peu un laboratoire et je pense que la dramaturgie sur le deuxième est plus précise, on avait l’expérience de la scène, moi j’avais plusieurs personnages sur le premier, là il y avait un souci de cohérence de resserrer les choses.

Florent Marchet : Oui on s’est rendu compte durant la première tournée qu’on avait constamment besoin de rustine narrative pour qu’on puisse raccrocher les wagons et que les gens puissent comprendre l’histoire, il fallait des sous-titres durant tout le spectacle. On n'avait plus envie de ça, on voulait que les choses soient plus claires.

Arnaud Cathrine : On s’est dit qu’il allait y avoir une unité et donc il fallait avoir fait le premier pour savoir qu’il fallait réduire la voilure dans le second. On a donc fait plus attention à la dramaturgie, c’est-à-dire qu’on part d’un point A pour aller à un point Z, avec évidemment la route, alors que le premier était plus en cercles concentriques. Là c’est une ligne et on avance avec des rebondissements, des virages.

Florent Marchet : Il a plus été écrit pour la scène et on savait qu’il serait plus défendu comme un album, pas comme un livre-disque.

Arnaud, on a l’impression qu’enfin vous osez chanter, à pousser votre voix, y a-t-il eu un déclic, est-ce l’expérience de la scène pour le précédent opus ?

Arnaud Cathrine : Le fait d’avoir fait de la scène avec Florent a exhumé mon passé de musicien. Quand j’étais adolescent, je faisais du piano tout le temps, je chantais tout le temps, j’étais avec mon Sanson, mon Sheller, mon Chopin et mon Satie, et je beuglais dans la maison. Très jeune, j’ai publié des livres et c’est très cloisonné, dans une France où on a le droit de faire ça mais pas ça, je suis devenu écrivain. J’avais déjà fort à faire avec mes bouquins et j’ai laissé tomber la musique et le chant.

Et au contact de Florent, j’ai retrouvé ça très parcimonieusement, notamment avec Frère Animal numéro un, et l’expérience de la scène fait que quand on a abordé le nouveau disque, j’ai dit à Florent que je voudrai être plus instrumentiste sur scène et plus chanter. Donc quand on a écrit et quand il a composé, il m’a prévu des parties au piano et des parties chantées plus importantes. Cela m’a effrayé au départ parce qu’il m’a proposé des choses assez compliquées et donc j’ai employé les grands moyens, et ça fait un an et demi que je suis des courts de chant et que je réétudie le piano comme quand j’avais douze ans avec la méthode Hanon, en faisant mes gammes tous les jours.

Florent Marchet : Le pari aussi était de se dire que sur scène, il n’y avait que des instrumentistes.

Arnaud Cathrine : On voulait passer un palier musical par rapport au premier d’où aussi l’arrivé de Benjamin Vairon, le batteur pour que l’ossature musicale, on passe un cran…

Florent, puisque maintenant Arnaud chante, allez-vous écrire un roman ?

Florent Marchet : Il ne se passe pas une semaine sans que je n’y pense. Il faut du temps, j’ai très envie, mais ça veut dire sacrifier une période où je ne vais faire ni musique de films, ni écrire des chansons, au moins…

Arnaud Cathrine : On peut faire d’autres choses en écrivant un roman.

Florent Marchet : Je sais, mais j’ai la sensation, puisque que j’ai des embryons de nouvelles, de choses comme ça, qu’il me faudrait trois bons mois à ne me consacrer qu’à ça pour amorcer. Pour le moment, je ne les ai pas ces trois bons mois, mais je vais y venir, je pense dans les deux-trois ans…

Arnaud Cathrine : Il n'y a pas de raison moi je peux enfin prononcer cette phrase, dont j’adore me repaître : "je sors mon premier album avec mon groupe", et c’est grâce à notre rencontre et à Florent. Donc j’aimerai que notre rencontre aussi l’amène à pouvoir dire bientôt : "je sors mon premier roman… ou mon premier recueil de nouvelles"…

Dans les chansons de Florent souvent, ça finit mal…

Florent Marchet : … C’est comme dans la vie !

…c’est sombre, mais là je trouve que c’est encore plus sombre que d’habitude, heureusement la musique est légère souvent c’était important ce contrepoint ?

Florent Marchet : C’est amusant, on m’en a parlé pas plus tard qu’hier de ça, je ne l’ai pas réalisé complétement en fait. Oui les rythmiques sont très punchy, il y a peu de guitares électriques… Inconsciemment et consciemment on en parlait avec Arnaud, on avait besoin de cette lumière qui est une sorte de décor naturel qu’on pourrait avoir. Certes, nos personnages ne vont pas toujours très bien, ils sont parfois très noirs, mais ce n’est pas pour ça que dehors il fait toujours un temps dégueulasse.

Mais c’est aussi parce que sur scène, pendant la première tournée on avait manqué de chansons un peu up tempo, on avait des choses assez lentes, assez sombres et que nous avions besoin physiquement sur scène de choses un peu plus enlevées. On y a pensé et la manière de tourner en dérision certains discours s’y prêtait bien, et cela donne "Une Chanson Française", "Les Consignes" ou "Campagne". Si on ne comprend pas le français, on peut croire que ce sont des choses assez fun, assez cool.

Arnaud Cathrine : Oui ce n’est pas très gai, en même temps ce n’est pas nous qui avons commencé, c’est la vie.

Vous variez beaucoup les formats justement dans l’écriture, chansons, textes racontés, dialogues, monologues intérieurs, c’était important de multiplier les points de vue, les formes narratives ?

Arnaud Cathrine : Le dispositif de Frère Animal à l’écriture, ce sont deux garçons qui écrivent en toute liberté, on n’est ni dans le roman qui est une forme au long court, ni dans la chanson qui obéit obligatoirement à un format. Quand avec Florent on se met devant l’ordinateur, on est juste dans l’idée de faire exister des formes free style. Et j’aime l’idée qu’il ait dû parler sur un très long paragraphe, tout à coup du dialogue, tout à coup de la chanson. Frère Animal est une terre d’accueil pour ceux qui veulent sortir de leur format propre : Valérie et Florent de la chanson, Nicolas soit de la chorégraphie où il n’a pas la parole soit du théâtre, moi du format roman…

Florent Marchet : On fait cohabiter des choses qui sont parfois différentes. On se dit qu’on va écrire, on se laisse vingt minutes ou deux heures pour écrire telle chanson sur tel thème, on met en commun et on voit. On travaille ensemble et si on n’avait pas vu l’histoire par le même angle ou si un avait versifié et l’autre pas, au lieu de se dire qu’il y en a un qui a été dans la mauvaise direction, on essaie de faire en sorte de mixer les deux, et de les fondre ensemble. Ça donne des trucs intéressants ou en tout cas inattendus, seul on n'aurait pas pu le faire ou on ne l’aurait pas fait comme ça.

Arnaud Cathrine : Ce sont des collages, et c’est aussi une écriture en réaction, qu’est-ce que l’un inspire à l’autre. Ça donne des libertés narratives que je n’ai pas dans mes romans, ça m’emmène ailleurs et ça m’autorise des choses.

Et vous Florent, vous retrouvez cette liberté dans la composition puisque vous n’êtes plus obligé de faire, couplet-refrain, couplet-refrain-pont ?

Arnaud Cathrine : Si je peux me permettre de répondre : je peux en témoigner ! Pour répéter le spectacle, quand même on a dû dépiauter les structures des morceaux et en termes de thème. Sur certains morceaux, c’est thème A/B/B/C/D puis A/B/C/A, c’est infernal, je suis obligé d’avoir des antisèches parce que les structures sont compliquées à retenir.

Florent Marchet : Je suis d’accord, c’est un enfer à retenir, d’ailleurs je ne sais pas comment ils font, en plus ce sont des morceaux sur lesquels sur scène je ne joue pas d’instrument. On ne s’est jamais autant éloigné du format chanson. Pour le coup, ça on ne l’a pas pensé pour la scène. On ne s’est pas posé la question parce que ce ne sont pas des chansons classiques. On se dit simplement qu’il faut que le texte soit le mieux servi possible. Un petit peu comme une bande originale de film où le nombre de mesures n’est pas forcement paire parce que la musique, elle, commence à tel moment et qu’elle doit se terminer sur telle image, donc c’est à la musique de s’adapter à l’image et pas l’inverse.

En fait, j’ai réalisé il n’y a pas longtemps que mon installation, le kit d’instruments que j’utilise dans mon studio, est plus dédié à la musique de films qu’à la chanson. Là encore plus, pour un projet comme Frère Animal. On parlait de roman musical mais c’est comme un film et évidemment la musique c’est la bande originale, cela a été conçu comme ça pour servir le texte.

Arnaud Cathrine : Là on se retrouve avec un bloc de texte de 5 lignes quelques phrases qui pouvaient faire matière de refrain chanté, un bloc de texte de dix lignes et un petit refrain. Forcément, il y a un certain nombre de thèmes dans la première partie puis le refrain, puis il fallait plus de thèmes donc parfois Florent en répétait un ou il en créait un. Donc ce n’était pas l’image qui commandait la composition, c’était le texte il fallait accompagner, il fallait habiller le texte, mais ça va on s’en sort sur scène !

Florent Marchet : Et c’est très amusant à faire.

Justement sur scène, le premier volet était très dépouillé, récitatif, est-ce que vous êtes tentés d’aller vers plus de mise en scène avec celui-ci ?

Arnaud Cathrine : Non parce que la singularité de Frère Animal est d’être une forme que les gens n’arrivent pas à qualifier, ce n’est ni un concert, ni une lecture musicale simple, ni du théâtre. Et je pense qu’on ne peut réussir à être libre, avoir une identité singulière qu’en arrêtant de se poser la question de la forme. C’est-à-dire en arrêtant de vouloir aller vers la mise en scène, vers le théâtre, en arrêtant de vouloir se contenter d’un concert. On arrête de se poser la question de la forme et on commence enfin à faire ce qu’on a à faire. Il y a des éléments de décors, des petits effets de mise en scène et de déplacements il y a un peu de tout, je ne sais pas ce que ça donne au final, ça donne un spectacle c’est tout ce qui m’importe.

Florent Marchet : On a travaillé avec un metteur en scène qui nous a fait travailler les personnages évidemment mais ce qui compte, c’est de servir au mieux l’histoire.

Arnaud Cathrine : On n’oublie pas qu’on interprète des personnages mais ce n’est pas mis en scène je pense que ce serait louper quelque chose en allant par là, le projet de Frère Animal n’est pas là, il n’est pas fait pour avoir un décor figuratif, ce n’est pas une comédie musicale, c’est une forme hybride. Ce n’est pas grave, il ne faut pas chercher à la qualifier, le spectacle a lieu quand même. Moi ce que je veux, c’est ce qu’il se passe quelque chose entre les spectateurs et nous. Disons que c’est un spectacle, il y a de la musique, il a des personnages, il y a une histoire qui est sensée tendre un miroir au gens et qui exige qu’ils se positionnent, la seule question qui se pose à la fin c’est : est-ce qu'il s’est passé quelque chose entre vous et nous ou rien ?

Dans le disque, il y a deux blagues que raconte un des personnages qui sont assez immondes, vous n’aimez pas les blagues ?

Arnaud Cathrine : Ce n’est pas notre humour ! Attention parlons-en précisément, on voulait deux blagues racistes et d’extrême droite. Nous avons été sur des sites donc ce ne sont pas nous les auteurs de ces blagues. Ce sont deux blagues infréquentables, vraisemblablement inventées par des gens infréquentables. Si elles figurent dans l’album, c’est parce que beaucoup pensent que le Front National est un parti républicain avec des militants uniquement d’inspiration humaniste et républicaine. Or, il y a des gens en arrière-boutique, pas en vitrine celle-ci elle est toute propre, dont le loisir principal est de raconter ces blagues-là. Nous on remet juste dans la vitrine ce qui a été déplacé et caché.

Il y a une de ces blagues que l’on a trouvées dans un livre "Revenus du Front" de Nadia et Thierry Portheault. C’est le témoignage d’un petit couple qui est rentré au Front National et qui en est sorti avec perte et fracas, qui raconte de l’intérieur ce qu’ils entendent de la part des militants et il y avait des blagues comme ça. C’est très choquant à recevoir, et il faut bien comprendre que c’est ça que certains racontent pour se marrer. Et si on oublie ça, c’est que la dédiabolisation est un grand succès et ça veut dire qu’ils ont gagné… sans parler des blagues homophobes, antisémites.

Vous ne voulez pas me raconter une blague pour me réconcilier avec l’humour ?

Florent Marchet : C’est Marine le Pen qui rentre dans un magasin de téléphone parce qu’elle a cassé le sien, elle en veut un libre de suite, le marchant lui dit : "Bouygues, SFR ?". Elle répond : "elle sait pas faire mais elle va apprendre".

Arnaud Cathrine : Moi je n’ai pas de blague, je ne les retiens jamais, déjà que je les comprends une fois sur deux.

Florent Marchet : Mon non plus sauf les blagues sur les musiciens genre : "quel est le meilleur ami du musicien ? Le batteur !".

Arnaud Cathrine : Voilà, je n’ai pas compris.

Je voudrais quitter Paris, je sais que vous n’êtes pas parisien, que me conseillez-vous : Rio Baril, Comblet ou Montjésioux ?

Florent Marchet : Montjésioux !

Arnaud Cathrine : Là où il y a la mer ! Il y a la mer dans un de ces trois lieux.

Florent Marchet : Bah non, il n'y a pas la mer… Mais Montjésioux, c’est la montagne.

Arnaud Cathrine : Moi à votre place, je ne déménagerai pas. Moi étant obnubilé par la mer, je n’irai que dans un lieu, même imaginaire, où il y a la mer.

C’est à vous de les écrire ! Justement, c’est possible une suite ?

Arnaud Cathrine : Promis, Frère Animal trois sera à la mer ! On n’est jamais à l’abri d’une catastrophe.

Florent Marchet : Troisième…. Oui, pourquoi pas, on n’a pas dit non.

Arnaud Cathrine : Il s’agit déjà de faire vivre celui-là, on a beaucoup à cœur de le faire vivre et surtout aux vues des heures qui nous attendent en 2017…

 

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En savoir plus :
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Le Facebook de Arnaud Cathrine
Le Facebook de Frère Animal

Crédits photos : Pierre & Florent (retrouvez toute la série sur le site)


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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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