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puce Le sourire d'Audrey Hepburn
Théâtre de l'Oeuvre  (Paris)  novembre 2016

Monologue dramatique d'après un roman de Clémence Bouloque interprété par isabelle Carré dans une mise en scène de Jérôme Kircher.

Au milieu de la scène, calée dans un large fauteuil de cuir, une femme fait face au public : elle attend fébrilement quelqu'un.

Et cette personne qu'elle attend depuis très longtemps, c'est son père. Un père fantasque et surtout un homme qui a fait les mauvais choix idéologiques, condamnant ainsi sa fille à vivre une enfance sans père.

Dans son manteau bleu fermé, la femme se répète des mots qu'elle aimerait dire à celui qui l'a trop souvent abandonnée. Sans doute, pour beaucoup, cette part d'ombre qui rongeait Audrey Hepburn sera une découverte.

Née au cœur de l'Europe, entre Belgique et Pays-Bas, cette anti-Marilyn Monroe, qu'Orson Welles surnommait "La sainte-patronne des anorexiques", avait un père prodigue qui s'était aventuré dans les eaux troubles de la collaboration. C'est sur ce ressort dramatique que Clémence Boulouque construit "Le sourire d'Audrey Hepburn" dont le texte est tiré de son roman, "Un instant de grâce".

Isabelle Carré est ainsi une Audrey Hepburn empreinte d'un voile de tristesse. Le sourire qui donne son titre à la pièce n'est pas triomphale ni apaisé. C'est un pauvre sourire qui ne résiste pas à tout ce que l'actrice sait sur son père.

Clémence Boulouque la prend au moment où sa carrière est à son zénith et où elle vient de tourner "My fair lady". Elle pourrait donc être impériale, mais elle est plutôt dans l'effort pour conserver cette grâce légère et joyeuse qui la caractérise.

Isabelle Carré, pour être Audrey, ne s'est pas prêtée au jeu de la ressemblance à tout prix. Même au niveau de sa garde-robe, elle n'a pas cherché à endosser ces vêtements emblématiques, voire mythiques, qui la transformaient en porte-manteau d'Hubert de Givenchy. Assise quasi en permanence dans son fauteuil, elle captive et maintient en haleine le spectateur.

Dans la mise en scène épurée de Jérôme Kircher, elle parvient à ne pas trop rendre visible le côté "Wikipédia" du monologue de Clémence Boulouque, qui accumule les précisions biographiques. Et si le cinéphile s'étonnera de quelques erreurs, comme cette citation d'"Un pont trop loin", film qui sera tourné une décennie après l'époque où est située la pièce, le béotien pourra, au contraire, trouvé un effet "je me souviens" en réentendant tous ces noms cités.

Reste que cette heure en compagnie d'Isabelle et d'Audrey, deux actrices qui partagent la même émouvante fragilité et ont su la transformer en énergie vitale, est loin d'être vaine.

 

Philippe Person         
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Pas encore de vaccin, pas encore d'espoir de voir réouvrir les lieux culturels mais toujours notre sélection pour agiter vos sens et continuer de soutenir les artistes qui en ont bien besoin. Et n'oubliez pas, tous les jours un programme différent sur la TV de Froggy's Delight.

Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman
"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
"Les Topor #2 - Prix de l'inattendu" au Théâtre du Rond-Point
"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

en virtuel :
"Léon Spilliaert - Lumière et solitude" au Musée d'Orsay
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

at home :
"A la recherche de Vivian Maier" de Charlie Siskel et John Maloof
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

"Diamants" de Vincent Tassy
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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