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Théâtre de la Reine blanche  (Paris)  novembre 2016

Comédie dramatique de Slawomir Mrozek, mise en scène de Imer Kutllovci, avec Mirza Halilovic et Grigori Manoukov.

Partition de facture classique, respectant la règle des trois unités, et ordonnée autour d'un huis-clos, "Les Emigrés", opus emblématique du dramaturge polonais Slawomir Mrozek, s'articule autour des problématiques polysémiques de l'émigré et de l'exilé à lui-même.

Sa particularité notable tient à la superposition des niveaux métalinguistiques qui, en proposant plusieurs niveaux de lecture, écarte le discours didactique

Fonctionnant en miroir, deux hommes sans nom et sans historicisation indiquant comment ils se sont retrouvés à partager la même logis, ni ancrage spatio-temporel, mais, par son écriture en 1975, visant les pays du bloc soviétique, et, depuis 1990, transposable aux états balkaniques, se collettent sans relâche une nuit durant, la dernière de l'année.

Mais demain sera-t-il un nouveau jour pour ces exilés que tout sépare mais liés par l'H(h)istoire ou le même jour indéfiniment décliné de manière beckettienne avec des figures évoquant les Vladimir et Estragon de "En attendant Godot".

De la conversation à la discussion, puis à la confrontation poussée à un paroxysme cathartique, leur coexistence est rythmée par des tensions récurrentes alimentées par des divergences "idéologiques" et des rapports de classe sinon de force entre l'intellectuel et le plébéien, le cultivé et l'inculte, l'exilé politique et l'émigré économique.

Leurs points communs - la concitoyenneté et la condition d'émigré - sont satellisés autour du désenchantement, avec ces lendemains qui ne chantent pas et ont eu raison de leur croyance en une société meilleure, qui les maintient englués dans un présent sans résilience.

Par le maniement subtil de l'ironie satirique, Slawomir Mrozek, renvoie dos-à-dos les personnages qui symbolisent respectivement l'avidité consumériste du prolétaire soumis à une nouvelle servitude, la fameuse servitude volontaire, par manque d'idéal élevé face au consumérisme défié induit par le néo-libéralisme, et la vanité présomptueuse de l'intellectuel figé dans la posture de sauveur de l'Humanité et donneur de leçons.

Le metteur en scène d'origine kosovare Imer Kutllovci aborde cette partition, qui ressort au théâtre de l'absurde dans la veine du grotesque spécifique au théâtre polonais héritée de la théorie de la forme pure prônée par l'avant-gradiste Stanisław Ignacy Witkiewicz, auquel se réfère l'auteur, sous la focale de sa résonance contemporaine et du phénomène migratoire actuel.

Ainsi, il gomme le grotesque pour rétablir l'illusion réaliste notamment avec des personnages psychologiquement plausibles sans toutefois verser dans le naturalisme misérabiliste ou le consensualisme compassionnel.

Dans un décor de soupente sommairement aménagé, en l'occurrence celui du grenier du Théâtre de la Reine Blanche, les deux officiants Mirza Halilovic et Grigori Manoukov, respectivement formés à Sarajevo et à Moscou, portent magistralement l'ironie avec ces phrasé et scansion qui président à la qualité d'interprétation des comédiens venus de l'Est et cette immersion dans le coeur de l'homme égaré.

 

MM         
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On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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