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La Loge  (Paris)  janvier 2017

Comédie dramatique d'après une libre adaptation d'un scénario de Michael de Guzman, mise en scène de Sol Espeche, avec Anouk Féral et Isabelle Fournier.

"Elle revient" est le premier volet d'un triptyque intitulé "la trilogie de la pieuvre" que Sol Espeche va consacrer aux femmes.

Ici, il s'agit de rendre compte de la cellule féminine de base, celle de la relation mère-fille. Qu'est-ce que l'amour maternel et qu'est-ce que l'amour filial ?

Dès le mot "filial", on a l'impression d'être du côté masculin et que la spécificité féminine est niée. Et pourtant, le récit choisi par Sol Espeche est fort et vaut largement un affrontement entre "hommes".

S'inspirant d'un scénario de Michael de Guzman, pour un téléfilm américain de Milton Katselas , "Strangers, a story of a mother and daughter", elle touche juste en évitant d'emblée le pathos et en sachant habilement s'extraire de son modèle.

Car "Strangers" est tout bonnement la rencontre inattendue de deux monstres sacrés, Bette Davis et Gena Rowlands. L'une issue de l'âge d'or hollywoodien et l'autre baignant dans le jeu "actor's studio" revu par son mari John Cassavetes. Grâce à "Elle revient", on pourra d'ailleurs découvrir en V.O. sur "you tube" cette curiosité télévisuelle.

Toujours est-il que Sol Espeche a su adapter un véhicule prévu pour des actrices mythiques et le confier à deux excellentes comédiennes, Isabelle Fournier et Anouk Féral.

Alors que dans le téléfilm de 1979, la mère frôlait les 70 ans et sa fille les 50, dans la version de Sol Espeche, la mère est à peine une sexagénaire et la fille une trentenaire qu'on pourrait même considérer comme une adolescente attardée. Il s'en suit que le rapport entre les deux est plus vif, n'a pas connu la patine des ans qui se serait posée également sur les deux.

La vingtaine d'années où elles ont été séparées est donc plus "à vif", les marque davantage dans leur chair. Elle signifie qu'elles ont raté les plus belles années que peuvent vivre ensemble une fille et une mère, celle de la complicité entre celle qui devient femme et celle qui l'est pleinement.

Dès lors, contrairement à ce qu'on attendrait, leurs retrouvailles sont plus violentes que celles des deux actrices américaines qu'on imaginerait facilement dans l'hystérie du grand numéro d'acteurs alors qu'elles sont, elles, totalement dans la retenue. Le dispositif de la pièce est d'ailleurs plus "vindicatif" que celui du téléfilm où les deux femmes peuvent déambuer dans la petite ville riche en souvenirs pour elles.

En revanche, Anouk Féral et Isabelle Fournier sont dans une espèce de "fosse" qui tient du ring. Dans cet espace carré, entourées par les spectateurs, elles se font parfois face assises sur des plots installés aux coins opposés de ce quadrilatère.

La tension, renforcée par la pénombre, est ainsi très vive au départ, marquant bien qu'un trou de vingt ans dans l'histoire d'une mère et d'une fille c'est un gouffre, un précipice. D'autant qu'il est dit que la fille a 37 ans, ce qui fait qu'elles ont vécu plus de temps séparées qu'ensemble. On mesure ainsi toute la fracture.

Sol Espeche n'a choisi que quelques moments de leurs retrouvailles. Elle a évité toute psychologie, tout excès d'explication. Comme la mère qui sépare des quartiers d'orange ou assemble des morceaux d'un grand puzzle, l'histoire se reconstitue par bribes, placées de manière aléatoire pour rebâtir leur histoire commune.

A l'inverse du téléfilm, il est dit dès le début que la fille revient pour mourir, qu'elle est atteinte d'une maladie incurable. Encore une fois, ce désamorçage paraît le bon choix pour que ces instants choisis entre une mère et une fille ne virent au mélo.

Peu à peu, c'est à une reconstruction d'un lien perdu, un lien qui normalement structure la vie des êtres humains, que l'on assiste subtilement dans "Elle revient".

On aurait aimé que ces petits pas qui rallument un grand amour perdu entre deux être chers malgré les déchirures durent plus longtemps. Sol Espeche a préféré que son récit ne connaisse aucune dilution. Elle a choisi l'intensité plutôt que l'épanchement.

Elle a sans doute eu raison car cette heure passée en compagnie de beaux personnages arrache une vraie émotion, une émotion intrinsèque qui surgit avant même que retentisse l'écho de la voix de Janis Joplin.

On attend désormais avec impatience le volet 2 de ce passionnant voyage dans le monde féminin annoncé par Sol Espeche.

 

Philippe Person         
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C'est l'automne, on reste au coin du feu et on écoute de la musique, on lit des bouquins et on se connecte à la TV de Froggy's Delight pour le concert de Colin Chloé vendredi 7 octobre ! Pour les sorties culturelles, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Ti'bal tribal" de André Minvielle
Rencontre avec Bukowski autour de leur album du même nom, "Bukowski"
"Time is color" de Cédric Hanriot
"Stravinsky, Ravel, Prokofiev : Ballets" de Jean-Baptiste Fonlupt
"Ozark" le retour de Listen In Bed pour la saison 4 en direct (ou presque) de Malte
"Viva la vengeance" de Panic! At The Disco
"Symphonie Fantastique, Hector Berlioz" de Quatuor Aeolina
quelques petites news de Shaggy Dogs, KissDoomFate, Trigger King et Mind Affect
"Emerson enigma" de Thierry Eliez
et toujours :
"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer" au Théâtre de la Cité Internationale
"Les Enfants" au Théâtre de l'Atelier
"Pères & fils" au Théâtre des Abbesses
"Le comble de la vanité" à la Pépinière Théâtre
"Boulevard Davout" au Théâtre de la Colline
"Et pourquoi moi je devrai parler comme toi" au Théâtre de la Colline
"Black Legends, le musical" à Bobino
"Gazon maudit" au Théâtre Les Enfants du Paradis
"Jean-Paul Farré - Dessine-moi un piano" au Studio Hébertot
les reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre de la Tour Eiffel
"Le Montespan" au Théâtre du Gymnase
"François Rabelais" au Théâtre Essaion
"Racine par la racine" au Théâtre Essaion
"Los Guardiola - La Comédie du Tango" au Théâtre Essaion
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génie" au Studio Hébertot
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Grand Point Virgule
"Félix Radu - Les mots s'improsent" au Théâtre de l'Oeuvre
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Face au soleil" au Musée Marmottan Monet
"Yves Klein, l'infini du bleu" aux Carrières des Lumières aux Baux-de-Provence
les autres expositions de la rentrée :
"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle :
"Les Mystères de Barcelone" de Luis Danès
en streaming gratuit :
"A ma soeur" de Catherine Breillat
"Barbara" de Christian Petzold
"So long my son" de Wang Xiaoshuai
"Borga" de York-Fabian Raabe
"Love trilogy" de Yaron Shani
et le cinéma de Claire Denis en 3 films

Lecture avec :

"L'inconnue de Vienne" de Robert Goddard
"Mordew" de Alex Pheby
"Napalm et son coeur" de Pol Guasch
"Un bon indien est un indien mort" de Stephen Graham Jones
et toujours :
"Les masques éphémères" de Donna Leon
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