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Théâtre de la Bastille  (Paris)  mars 2017

Comédie dramatique de Anton Tchekhov, mise en scène de Thibault Perrenoud, avec Marc Arnaud, Mathieu Boisliveau, Chloé Chevalier, Caroline Gonin, Éric Jakobiak, Pierre-Stefan Montagnier, Guillaume Motte et Aurore Paris.

On avait beaucoup aimé la version du "Misanthrope" mise en scène par Thibault Perrenoud, d'ailleurs avec la même distribution que celle de "La Mouette" (sauf Pierre-Stefan Montagnier qui joue ici Sorine).

On avait notamment trouvé que le "coup de jeune" donné aux personnages apportait un côté rafraîchissant à la pièce de Molière que Perrenoud situait astucieusement dans des milieux "arty" du Paris bobo d'aujourd'hui.

En montant "La Mouette" avec la même volonté de privilégier les acteurs jeunes dans les premiers rôles, le résultat obtenu est beaucoup moins convaincant.

Sans doute l'idée que Nina (Chloé Chevalier), comédienne débutante et émouvante dans sa "virginité" théâtrale puisse avoir un âge sensiblement voisin de celui d'Irina (Aurore Paris), actrice confirmée, fausse les rapports entre les deux personnages féminins. Parallèlement, l'abolition de la différence d'âge entre Constant (Mathieu Boisliveau) et Boris Trigorine (Marc Arnaud) détruit tout ce qu'il y a de "conflit de génération" entre un auteur en vogue et une jeune pousse littéraire en devenir.

Sans parler, évidemment, du fait que Trigorine est l'amant de la mère du jeune provincial qui conçoit le spectacle pour Nina.

Si l'on ne s'explique pas que Thibault Perrenoud n'ait pas jugé utile de plus dater ses personnages, en les différenciant pour les rendre crédibles, on ne s'explique pas non plus pourquoi il a eu l'idée de demander à Clément Camar-Mercier d'adapter le texte de Tchekhov à partir de la version anglaise de Marian Fell.

Intellectuellement, quoi qu'en dise Clément Camar-Mercier, il y a un gros problème quand on accepte l'idée d'une double traduction. Et pas simplement celui d'une "dérussification" de Tchekhov et de l'acceptation de la défaite en rase campagne de la langue de Molière et son abdication devant la langue de Shakespeare.

Outre un affadissement du texte, on risque de multiplier les contre-sens et les affèteries inutiles comme la transformation d'Irina en Irène et de Constantin en Constant. Et puis, à supposer qu'on accepte sans rechigner le principe de la double-traduction, on objectera que la version anglaise choisie par Thibault Perrenoud et Clément Camar-Mercier date de 1912 !

C'est-à-dire que pour moderniser un texte de 1895, on s'appuie sur une traduction qui lui est quasi contemporaine et qui, forcément, risque d'être datée et lacunaire comme le sont toujours les traductions "pionnières".

Ces choses étant dites, on sera d'autant plus navré d'avoir eu à les dire, que le travail scénique de Thibault Perrenoud est plutôt convaincant. Le public est en rond autour de la scène et les comédiens l'occupent plutôt vaillamment.

On ne s'ennuie jamais et si l'on se moque que le texte s'éloigne de la vérité de Tchekhov, on passera une belle soirée. Reste que le personnage de "la mouette", Nina, est assez terne, et qu'on ne comprend (ou plus) pourquoi elle est prometteuse, enflammée.

On risquera une explication, simple et volontairement vraie : une langue malmenée par l'empilement de deux traductions qui enlèvent le suc contenu dans Tchekhov et toute l'émotion que cette "mouette" au destin pathétique génère d'ordinaire.

 

Philippe Person         
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