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Théâtre Les Déchargeurs  (Paris)  avril 2017

Comédie de Sarah Fuentes, mise en scène de Sarah Fuentes et Jan Oliver Schroeder, avec Ludovic Chasseuil, Maud Imbert, Sarah Fuentes et Jan Oliver Schroeder.

Que le titre choisi par Sarah Fuentes ne fasse pas fuir les pudiques et les pudibonds, "Fucking Happy End" n'est pas une œuvre scabreuse ni, malgré son sous-titre "cabaret insurgé" , subversive.

Elle s'inscrit dans la vieille lignée potache de l'adaptation des contes de fée dont s'étaient faits une spécialité le café-théâtre et la bande-dessinée des années 70.

Si, à l'époque, Blanche-Neige pouvait devenir "Elle voit des nains partout", Coluche et ses congénères parler du "chevalier blanc" et Gotlib dessiner le "Grand Poucet", aujourd'hui c'est donc à "Peau d'âne" que s'attaque Sarah Fuentes.

Evidemment, "Peau d'âne", on connaît et bien. Dès lors, il n'était pas facile pour l'auteur de s'en démarquer vraiment et de ne pas suivre la trame concoctée il y a cinq siècles par Charles Perrault et rafraîchie il y a quarante ans par Jacques Demy.

Qu'on se rassure ou s'en désole, on osera révéler qu'ici Peau d'âne ne met pas la main à la pâte et qu'elle ne donner pas la fameuse recette du gâteau d'amour... Car la "Peau d'âne" mise en scène par Sarah Fuentes et Jan Oliver Schroeder se veut "trash".

Dès le début, on en conviendra en voyant le très beau trône royal à têtes de mort conçue par Renée Guirao et les tenues subtilement "déguenillées" dans lesquelles s'embrouillent le roi et la reine dans une longue scène de ménage liminaire.

Ce début est bien à l'image de "Fucking Happy End" : formellement très réussi, avec ces costumes originaux et pleins d'esprit de Sho Konishi, cette scénographie riche d'effets de Carolina Spielmann, et des acteurs parfaits dans le parodique ; plus problématique sur le fond, puisque, tout de suite, on s'interroge sur la nécessité pour Sarah Fuentes de suivre le cânevas du conte rebattu de Perrault.

On aurait aimé que l'auteur ne bride pas sa fantaisie et se démarque davantage de son envahissant modèle. Ainsi quand a lieu le "casting" des reines pour que le roi en finisse avec son veuvage, on a le droit à une succession de prétendantes déjantées qui devient fastidieuse, alors que l'écriture est drôle et qu'elles sont campées avec talent et autorité par Sarah Fuentes elle-même et Maud Imbert.

Quand le cabaret finit par "manger" le conte, on est épaté par la qualité de la production. On aura eu le droit à des changements incessants - et rapides - de costumes, tous très inventifs et d'une grande beauté, comme la tenue verte de "Reine d'Angleterre" où Maud Imbert est formidable. On aura vu se transformer la scène et le quatuor de comédiens démontrer sans peine son énergie et sa grande qualité.

Si l'on a déjà parlé de l'abattage de Sarah Fuentes et de la grâce irradiante de Maud Imbert, dont on avait déjà apprécié le talent insolent dans "Je suis né le jour de mon anniversaire" de Thierry Mourjan, on n'oubliera pas les deux garçons. En effet, Ludovic Chasseuil et Jan Olivier Schroeder peuvent à volonté jouer les animaux, les rois, les princes peu charmants, ou les fées, et cela sans jamais se départir d'une vraie folie distanciée.

Le travail de Sarah Fuentes et de Jan Olivier Schroeder n'est pas à négliger, même si on leur conseillera de laisser Charles Perrault et ses confrères Grimm et Andersen aux matinées enfantines. Il y a tant d'autres choses à transgresser et ils ont un énorme talent pour le faire.

 

Philippe Person         
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# 22 novembre 2020 : Le Froggy's Nouveau

L'arrivée du Beaujolais nouveau sera moins festive qu'à l'habitude cette année. Qu'à cela ne tienne la nouvelle édition de Froggy's Delight et le replay de la nouvelle Mare Aux Grenouilles est là pour vous tenir chaud ! Voici le programme :

Du côté de la musique :

"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

et toujours :
"Pursue a less miserable life" de Saffron Eyes
"Reborn" de Aldo Romano
"Dear mademoiselle" de Astrig Siranossian
"Lignes futures" de Brazzier
"Song machine, season one : Strange timez" de Gorillaz
"Mémoire d'un enfant de 300 000 ans" de Imbert Imbert
"Perspectives & avatars" de Laura Perrudin
"Aux amis qui manquent" la 4eme émission de la saison 2 de Listen In Bed
"Frédéric Chopin" de Roustem Saitkoulov
"Beethoven, un nouveau manifeste" de Simon Zaoui
"Any day now" de The Brooks

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Douze Hommes en colère" de Reginald Rose
"Phèdre!" par François Gremaud
"La Dame de chez Maxim" de Georges Feydeau
"Comme s'il en pleuvait" de Sébastien Thiéry
"La journée de la jupe" de Jean-Paul Lilenfeld
"Hier est un autre jour" de Sylvain Meyrac et Jean-François Cros
"10 ans de mariage" d'Alil Vardar
"Ils s’aiment" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"Le Professeur Rollin se re-rebiffe" de François Rollin
et un malicieux air d'opéra avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir l'exposition commentée "Soleils Noirs" au Louvre-Lens
en virtuel :
"Miro "Bleu I, Bleu II, Bleu III" au Centre Pompidou
"Gregory Crewdson - An Eclipse of Moths" à la Galerie Templon
voir ou revoir l'exposition "Les costumes font leur show !" au Centre national du costume de scène à Moulins
parcourir les collections de la National Gallery of Denmark à Copenhague
du Palais de Schönbrunn à Vienne
du Museu Imperial de Petropolis au Brésil et en Thaïlande
et du Museum of Contemporary Art à Bangkok
et "Les petites histoires des chansons coquines" du Musée de la Sacem

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Les bien-aimés" de Christophe Honoré
"L'exercice de l'Etat" de Pierre Schoeller
"Jimmy Rivière" de Teddy Lussi-Modeste
"Peur de rien" de Danielle Arbid
"The Bookshop" de Isabel Coixet

Lecture avec :

"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud
et toujours :
"Histoire politique de la roue" de Raphael Meltz
"Inépuisables" de Vivian Gornick
"Kudos" de Rachel Cusk
"Se cacher pour l'hiver" de Sarah St-Vincent
"Histoire navale de la seconde guerre mondiale" de Craig L. Symonds

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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