Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Erich von Stroheim
Théâtre du Rond-Point  (Paris)  avril 2017

Comédie dramatique de Christophe Pellet, mise en scène de Stanislas Nordey, avec Emmanuelle Béart, Thomas Gonzalez et Laurent Sauvage (en alternance Victor de Oliveira).

Désolé pour les admirateurs d'un des plus grands cinéastes de tous les temps, et peut-être le plus grand du muet, qui fut aussi l'immortel Von Rauffenstein de "La Grande Illusion", mais Eric von Stroheim, avec ou sans "h" à son prénom, n'est pas le sujet de la pièce de Christophe Pellet mise en scène par Stanislas Nordey.

Non, n'est évoqué le nom du merveilleux acteur des "Disparus de Saint-Agil et de "Sunset Boulevard" que parce qu'il l'aurait usurpé. La pièce, d'ailleurs, n'est même pas précise et n'explique quel était le but de celui que la publicité décrivait comme "l'homme que vous aimerez haïr" en se faisant passer pour l'officier autrichien qu'il interprétait dans certains de ses films comme "The Wedding March" ou "Folies de femmes".

Guère plus explicite sera la présence d'une immense photo de Montgomery Clift et de Lee Remick, tirée de "Wild River" ("Le fleuve sauvage"), l'un des plus beaux films d'Elia Kazan avec "Splendor in the grass", recouvrant la structure triangulaire qui se déploie pour laisser apparaître la scène où s'ébattent les trois protagonistes de cet "Eric Von Stroheim" aussi ésotérique dans son texte qu'érotique dans son contexte.

Très vite, on retrouvera le ton des œuvres de Christophe Pellet, celui d'un écorché ayant le courage - ou l'inconscience - de faire comme si Bernard-Marie Koltès et Jean-Luc Lagarce, voire Xavier Durringer, n'avaient pas déjà labouré les terrains sexués qui l'intéressent.

Une femme et deux hommes, donc. Mais pas pour un remake de "Jules et Jim". Plutôt pour évoquer le sexe et l'argent, le désir et les trafics de sentiments en tous genres dans une époque mondialisée qui désespère l'auteur.

La structure monumentale conçue par Emmanuel Clolus s'ouvre et se referme, laissant réapparaître régulièrement la photo de Monty et de Lee alors que résonne "Mon cœur s'ouvre à ta voix", l'air le plus célèbre de "Samson et Dalilah" de Camille Saint-Saens, dans une belle version classique, forcément celle de Maria Callas.

Ces choix, musicaux et photographiques, ont l'inconvénient de "dater" le travail de Christophe Pellet. On n'y voit une espèce de parti pris classique, "antimoderne", qui contrebalance ce qui peut être ressenti par le public comme une provocation, c'est-à-dire la présence d'un acteur nu du début à la fin.

Mais si Thomas Gonzales fait face à Emmanuelle Béart et Victor de Oliveira (en alternance avec Laurent Sauvage) en tenue d'Adam, ses propos sont chastes et ses considérations jamais vraiment pornographiques.

Dans "Erich Von Stroheim", on tourne autour de la question homosexuelle, puis bifurque vers celle de la bisexualité, sans y tomber franchement. Aucun geste équivoque, aucune hystérie, aucune déraison.

Christophe Pellet fournit un texte très écrit et très froid dans lequel n'entreront que ceux qui sont avertis de ce qui les y attend. Les autres ne s'ennuieront pas mais seront peu concernés par une œuvre autobiographique qui se refuse à exposer toutes ses clés.

Si Christophe Pellet aimerait recourir à toutes les audaces et toutes les provocations, Stanislas Nordey ne l'aide pas, ici, à s'affranchir de sa timidité ou de son autisme. Aucune étincelle lyrique ne jaillira pour que son texte s'embrase. Dommage.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 13 septembre 2020 : On ira où tu voudras quand tu voudras

Cet été indien qui s'annonce n'est pas désagréable et apporte un peu de joie dans cette année bien triste. Plus modestement, voici notre sélection culturelle de la semaine pour vous réjouir, espérons-le, avec évidemment le traditionnel replay de la Mare Aux Grenouilles #10 toute fraiche

Du côté de la musique :

"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre
et toujours :
"Comme un ours" de Alexis HK
"Love songs" de Inflatable Dead Horse
"Charango" de Lisza
"Woman Soldier" de Morgane Ji
"Beethoven : Waldstrein & Hammerklavier" de Théo Fouchenneret

Au théâtre :

les nouveautés :
"Bananas (and the kings)" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le Nez" au Théâtre 13/Jardin
"Un conte de Noël" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Un Ennemi du peuple" au Théâtre de Belleville
les reprises :
"Edmond" au Théâtre du Palais Royal
"Une Ombre dans la nuit" au Théâtre du Guichet-Montparnasse

"Derniers coups de ciseaux" au Théâtre des Mathurins
"Noire" au Théâtre du Rond-Point
"Mon dîner avec Winston" au Théâtre du Rond Point
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Grand Point Virgule

"Alexandra Pizzagali - C'est dans la tête" au Théâtre du Marais
"Olivia Moore - Egoïste" à la Comédie de Paris
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

"Yves Klein, l'infini du bleu" à l'Atelier des lumières
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" d'Emmanuel Mouret
"Adolescentes" de Sébastien Lifshitz
at home :
"Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'ete" de Lina Wertmüller
"Volt" de Tarek Ehlail
"Les Héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar
"Les Guichets du Louvre" de Michel Mitrani
"Chambre 666" de Wim Wenders
et des curiosités:
"Impressions de la Haute Mongolie (Hommage à Raymond Roussel)" de Salvador Dali
"The Confessions of Robert Crumb" de Terry Zwigoff
"L'Homme à la camréa" de Dziga Vertov

Lecture avec :

clickez ici pour Notre sélection des livres de la rentrée mais aussi

"Apeirogon" de Colum McCann
"Ce lien entre nous" de David Joy
"Dans la vallée du soleil" de Andy Davidson et "Les dynamiteurs" de Benjamin Whitmer
"Ensemble, on aboie en silence" de Gringe
"Hourra l'Oural encore" de Bernard Chambaz
"Mes fous" de Jean-Pierre Martin et "Et si on arrêtait de faire semblant" de Jonathan Franzen
et toujours :
"Churchill" de Andrew Roberts
"Des vies à découvert" de Babara Kingslover
"La chasse aux âmes" de Sophie Blandinières
"La discrétion" de Faiza Guene
"La grâce" de Thibault de Montaigu
"La préhistoire, vérités et légendes" de Eric Pincas
"Le lièvre d'Amérique" de Mireille Gagné
"Le monde du vivant" de Florent Marchet
"Qui sème le vent" de Marieke Lucas Rijneveld

Froggeek's Delight :

"A short hike" sur Windows, Mac, Linux, Switch

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=