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Théâtre Athénée-Louis Jouvet  (Paris)  mai 2017

Seul en scène opératique conçu par Marianne Pousseur et Enrico Bagnoli sur un texte de Yannis Ritsos et une musique originale de Georges Aperghis, interprété par Marianne Pousseur dans une mise en scène de Enrico Bagnoli.

Premier volet de "La trilogie des éléments", qui rassemble des textes du poète grec Yannis Ritsos consacrés à des personnages de la mythologie grecque, "Ismène" est une œuvre pluri-disciplinaire créée en 2008 incorporant une musique originale de Georges Aperghis.

Pour Marianne Pousseur et Enrico Bagnoli, c'est "un opéra à une voix seule, un dialogue intérieur, une performance pour un corps et les éléments naturels".

Dans la pénombre, on découvrira donc Marianne Pousseur, sur une chaise, les pieds baignant dans l'eau, une eau provenant d'une surface aqueuse dont on ne découvrira que progressivement l'étendue sur quasiment toute la scène. Quelques sources lumineuses suspendues distilleront quelques lumières rouges, mais la pénombre règnera, laissant simplement éclairés partiellement le corps et le visage de l'actrice récitante.

Elle parle en français, mais chante parfois en grec. Elle s'adresse à un interlocuteur qui n'est pas présent, mais qu'on finit par identifier et qui est chacun des spectateurs qui composent le public.

Dans la trilogie, l'élément associé à Ismène est évidemment l'eau. Suivront Phèdre et le feu, Ajax et l'air. La difficulté de l'entreprise tient sans doute à ce que le personnage d'Ismène est beaucoup moins connue que celui de Phèdre et d'Ajax.

Sœur d'Antigone, comme elle fille incestueuse de Jocaste et d'Oedipe, elle apparaît dans les tragédies de Sophocle, que ce soit "Oedipe à Colonne" ou "Antigone". Ceux qui s'en souviennent savent qu'elle est l'antithèse d'Antigone, qu'elle met le respect de la loi et de l'autorité au-dessus de la justice et de la liberté. Quand Créon refuse des funérailles à son frère Polynice, elle ne se révolte pas comme Antigone. Mais, quand celle-ci est condamnée à mort, elle souhaite partager son sort.

Ainsi, Ismène vit dans le remords de n'avoir pas pris la bonne décision, de n'avoir pas eu le courage de sa sœur, d'autant que celle-ci refuse qu'elle connaisse le même sort qu'elle.

Dans sa poésie exigeante, Ritsos en a fait un personnage tourmenté, que son indécision condamne au pire destin : celui qui frappe ceux qui n'auront pas leur part d'éternité héroïque.

Le personnage n'est donc pas flamboyant, mais sa souffrance est une longue expiation matérialisée par des moments de grande beauté, où l'eau bouillonne comme si elle s'enflammait, où le visage d'Ismène s'étale et se reflète sur la surface de cette onde écumante.

On est peu à peu saisi par ces effets de mise en scène d'Enrico Bagnoli, pris par le jeu brut de Marianne Pousseur qui ne se ménage pas dans ce flux d'eau et de mots.

Si l'on ne comprend pas toute la portée symbolique d'un spectacle qui ne cède en rien à l'explicatif, on ressent ce premier tiers de "La trilogie des éléments" comme une entrée en matière pas forcément évidente vers une œuvre totale qui en appelle à l'intelligence des sens et à la sensualité de l'esprit.

Peut-être aurait-il fallu que la trilogie soit présentée intégralement pendant la même représentation, mais l'on devine que la performance demandée à Marianne Pousseur aurait relevé du sur-humain.

On attendra donc "Phèdre", le second "épisode" de cette trilogie, pour en savoir plus sur ce qui constitue un spectacle hors du commun, excitant et sans doute inoubliable quand on aura pu reconstituer le puzzle en son entier.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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