Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Du feu de l'enfer
Sire Cedric  (Editions Presses de la Cité)  mars 2017

Y penser encore

On sort rarement indemne de la lecture d’un roman de Sire Cedric. Cet auteur génial, que l’on pourrait dire être l’élève de Stephen King (je vous avoue que je préfère Sire Cedric à Stephen King, eh oui !) nous propose toujours des histoires d’une telle intensité, d’une telle profondeur, avec des personnages vrais et si proches de nous, que je vous l’assure, à la fin du roman, vous dites : "Encore."

"Encore", car vous avez appris à aimer les personnages principaux et secondaires. Vous avez aussi appris à craindre les "méchants" qui sont finalement des hommes et des femmes qui ont de sérieux problèmes psychologiques.

Je ne vais pas faire de spoiler, vous lirez l’interview du maître ci-dessous, où nous en révélons déjà assez pour vous donner envie de vous procurer fissa ce livre : Du Feu de l’Enfer.

Ce dont j’aimerai vous parler un peu, c’est de Sire Cedric, de ses livres. Car il en a écrit déjà un certain nombre. Exactement six thrillers et trois romans fantastiques. C’est le troisième que je lis. Pas une seule fois je n’ai été déçu, croyez-moi. Cependant, ces ouvrages ne sont pas à mettre dans les mains de trop jeunes lecteurs. Car les livres de Sire Cedric font peur, et certaines scènes sont "malsaines".

"Malsaines" mais indispensables pour comprendre. Ici dans le Feu de l’Enfer, les descriptions affreuses, immorales, reflètent une triste réalité. Et nous amène à nous positionner quand même. A savoir si nous pourrions nous laisser entraîner dans la secte que Manon et son frère Ariel vont devoir affronter. Dans quel camp sommes-nous ? Et y a-t-il seulement deux camps ? Pourquoi ce mal ? Pourquoi ce courage de finalement aller jusqu’au bout ? Et est-ce que une victoire est possible contre des forces qui nous dépassent ?

Sire Cedric nous tiraille, nous pousse à lire et réfléchir. Oui nous nous divertissons à lire Sire Cedric. Mais un roman aussi fort ne peut être lu et mis de côté comme un roman à l’eau de rose qui raconte la même histoire pour la millième fois. Chaque livre de Sire Cedric est une nouvelle aventure humaine.

Aventure qui va au fond de notre âme dénicher la noirceur qui peut exister et qui se cache bien. Il suffit qu’un événement arrive pour que cette noirceur revienne à la surface. Alors bien entendu Du Feu de l’Enfer est une fiction, il ne s’agit pas d’une leçon de morale, mais quand même. Sire Cedric nous pose certaines questions.

C’est pour cela que j’ai voulu lui poser aussi des questions. Dans cet interview, j’ai essayé d’approfondir, de donner au maître mes impressions, à savoir si elles étaient justes ou fausses. Vous aussi, j’espère que vous aimerez ce livre, "une histoire affreuse" (pour citer Sire Cedric), qui va loin quand même dans ce que l’homme est capable de faire. Il suffit d’un masque pour que l’interdit disparaisse, pour que les plus bas instincts s’éveillent.

Sire Cedric, mes amis, est un auteur de génie. Nous devons le soutenir. Il est impensable qu’il ne soit pas distribué partout. Vraiment lorsque nous cherchons un livre puissant, intense, qui ne nous lâche pas du début à la fin (s’il y a une fin !), il faut lire un roman de Sire Cédric car on est forcé d’y penser encore.

Y penser encore : Bram Stoker m’avait fait cet effet. Et pourtant on s’ennuie un peu dans Dracula. Stephen King aussi nous laisse ce goût, cette déception de quitter les personnages, de se dire, mais qu’arrivera-t-il ensuite, on y pense encore… Si je me suis ennuyé un peu chez Stoker, cela est impossible chez celui qui est le maître des "histoires affreuses". Maître que nous allons maintenant laisser s’exprimer pour notre plus grande joie.

Votre look interpelle. Je le trouve très classe, j’aime beaucoup. Reflète-t-il vraiment ce que vous êtes dans la vie et en tant qu’écrivain ?

Sire Cedric : Je vous remercie pour le compliment ! Cela étant dit, je suis écrivain, en effet, et ce sont donc mes livres qui comptent. Mon métier consiste à inventer des histoires passionnantes. Surtout pas de me mettre en avant, moi. Ce serait un autre genre de littérature, que je ne pratique pas. Dans notre monde où tout le monde cherche à jouer un personnage, je ne souhaite au contraire pas en être un. Je préfère les inventer.

Pourquoi écrivez-vous ? Précisément pourquoi écrivez-vous des "histoires affreuses" (pour vous citer) ?

Sire Cedric : Parce que j’aime les histoires qui font peur. À la folie. Elles accompagnent ma vie depuis mon enfance, que ce soit au travers des romans, des films, des séries télévisées. Je les aime tellement que je me suis pris au jeu d’en inventer moi-même, et c’est finalement devenu mon métier. Ce que je fais est simple, en définitive : j’écris pour divertir les lecteurs. Pour leur faire vivre des émotions fortes et qu’ils en redemandent. C’est un travail difficile, mais passionnant. Et quand j’y arrive, quand les lecteurs se prennent au jeu et passent un bon moment dans mes histoires, je suis aux anges.

Votre style d’écriture ne nous laisse pas un moment de répit, le savez-vous ?

Sire Cedric : C’est ma technique pour empêcher le lecteur de fermer le livre. Chaque chapitre doit faire avancer l’histoire, apporter des surprises ou renouveler l’intérêt. Je m’interdis de faire baisser la tension jusqu’à la conclusion. Moi-même, en tant que lecteur, j’abandonne de trop nombreux romans en cours de lecture car je m’y ennuie, je ne suis pas accroché. Je veux que les miens soient capables d’aspirer le lecteur dès la première ligne, qu’ils ne laissent ressortir de l’aventure qu’une fois celle-ci achevée.

Où allez-vous chercher toutes ces "histoires affreuses" Sire Cedric ?

Sire Cedric : J’ai une imagination fertile. Mais je dois avouer que l’actualité me donne sans cesse de nouvelles pistes à explorer ! Par exemple, le contenu de mon tout nouveau roman, Du feu de l’enfer, est composé à 90% de faits divers. Je n’ai eu qu’à inventer des personnages que j’aimais, que je voulais suivre, et les placer au cœur du mystère. Quasiment toutes les scènes du roman ne sont, en fin de compte, que des anecdotes réelles mises bout à bout, comme des pièces de puzzle révélées l’une après l’autre. La réalité est souvent bien plus terrifiante que tout ce qu’on peut imaginer.

Personnellement lorsque je lis un roman je suis happé par l’histoire, les personnages deviennent réels. Est-ce votre cas lorsque vous écrivez leurs aventures ?

Sire Cedric : Les personnages sont inventés de toutes pièces, bien sûr. Mais le but du jeu est de leur donner de la profondeur. Si je suis assez fin dans mes dialogues, dans la mise en scène de leurs réactions, alors ces personnages se mettent à vivre pour de bon. Et les lecteurs vont se sentir touchés par ce qui leur arrive. C’est la magie de la littérature. Réussir, par la fiction, à évoquer des souvenirs au lecteur. À lui faire oublier qu’il est en train de regarder des taches noires sur du papier et qu’il s’imagine avoir en face de lui de vraies personnes. Des gens qu’il peut avoir envie d’aider ou de gifler, mais de vraies personnes.

Aimez-vous vos personnages, jusqu’au méchant ?

Sire Cedric : Il le faut, sinon les méchants ne sont pas crédibles. En écrivant Du feu de l’enfer, je me suis attaché à mes "mauvais" personnages autant qu’à mes héros. J’aime la folie de ces tueurs, leur profonde méchanceté, ce lien malsain qu’ils nourrissent, chacun l’un vis-à-vis de l’autre, et qui n’est qu’une manifestation criante de leurs faiblesses et névroses personnelles. Car chacun des personnages, bon ou mauvais, est avant tout un être humain.

Comment se fait-il que vous semblez aimer, dans les romans que j’ai pu lire de vous, qu’une femme soit l’héroïne principale ?

Sire Cedric : Je n’y ai jamais réfléchi, pour dire la vérité. Mais il est vrai que j’aime les personnages de jeunes femmes étouffées par leur quotidien, qui ont besoin de prendre confiance en elles. Je les plonge dans des aventures horribles pour les forcer à trouver cette force qui leur manque, pour qu’elles deviennent elles-mêmes et brisent leurs chaînes. Voir leur évolution m’emplit de bonheur.

Il est remarquable que vos, disons, héros restent très humains, je veux dire par là qu’ils pourraient être n’importe qui, n’est-ce pas ?

Sire Cedric : C’est l’idée. Tout spécialement dans mes derniers romans. Je choisis des personnes ordinaires, à qui on peut s’identifier, et je les place face à un danger terrible, d’une puissance qui les dépasse forcément. Plus le contraste est fort, plus le personnage est faible par rapport à la menace qui s’abat sur lui, et plus le lecteur va se sentir concerné, et donc immergé dans l’histoire.

Les méchants par contre (aux surnoms maléfiques qui m’ont fait penser, outre évidemment au satanisme, mais aussi à des groupes de Black Metal, nous parlerons musique plus tard), ont des capacités quand même particulières. Sans être des surhommes, ils ne sont pas communs. C’est voulu ?

Sire Cedric : Ils sont perçus comme ça car c’est précisément ainsi qu’ils veulent être perçus ! Cela les rend d’autant plus terrifiants. C’est pour cela, par exemple, qu’ils portent des masques. Il n’y a rien de plus effrayant, pour moi, qu’un masque. Un autre visage qui cache celui de l’humain. Symboliquement, c’est très fort. Dans le roman, ces personnes prennent également des surnoms pour incarner leur personnage. Cela leur donne encore plus de puissance, d’envergure, ils ont transcendé leur humanité pour laisser jaillir leur bête intérieure. Mais au final, sous le masque, ils demeurent des êtres humains ordinaires. Leur donner cet anonymat, et également cette multiplicité (comme les démons dans la Bible, donc) m’a permis de renforcer la sensation de paranoïa des personnages pris dans les filets de cette secte.

Il semble que vous aimez jouer avec la faiblesse et la force, et que le fort n’est pas celui que l’on pense finalement ?

Sire Cedric : Il est important d’emmener les lecteurs sur des fausses pistes. C’est un contrat tacite entre l’auteur et le lecteur, et cela fait partie du plaisir de la lecture. On s’imagine des choses, on se doute de là où veut en venir l’auteur… et puis finalement on se rend compte qu’on a été manipulé, qu’on n’a rien vu venir, et la satisfaction n’est que plus intense. Ici encore, ce qui est essentiel dans une histoire, c’est le parcours de chaque personnage. Ce n’est pas toujours celui qui semble le plus fort au début qui l’est vraiment, et inversement ! Un roman est une manière de regarder sous le masque de chaque personnage et de comprendre qui il est, où il va, et comment il évolue.

Une chose remarquable dans vos romans, c’est qu’aucun des personnages ne se ressemble. Par exemple : Manon n’est pas Eva Svärta. Qu’en pensez-vous ?

Sire Cedric : En termes de psychologie, Manon Virgo et Eva Svärta sont en effet aux antipodes l’une de l’autre. Manon est quelqu’un de très – trop – effacé alors qu’Eva se comporte comme un homme. De la même manière, logiquement, Manon n’a pas de vie sexuelle alors qu’Eva assume ses appétits sans retenue. On peut dire que Manon est la fille la plus ordinaire qui soit, finalement, alors qu’Eva, quant à elle, est quasiment un personnage de bande dessinée, que ce soit dans son apparence particulière comme dans son comportement, son aspect "increvable" qui la rapproche des stéréotypes de super-héros. Pour Du feu de l’enfer, en revanche, je tenais à mettre en scène une jeune femme réelle. Quelqu’un qu’on ait l’impression de déjà connaître, ou au moins d’avoir croisée. Quelqu’un qu’on ait envie de protéger.

Le choix du titre du roman Du feu de l’Enfer, titre tiré de la citation d’une chanson de Marduk que nous trouvons tout à la fin, n’est pas simplement un titre : cela va plus loin, est-ce exact ?

Sire Cedric : J’aime encadrer mes romans de citations, cela me semble donner un supplément de sens, une couleur supplémentaire aux histoires. Quand j’ai eu l’idée du roman, et que je pensais à évoquer les Hellfire Clubs anglais, la musique ultra violente et ultra malsaine de ce groupe suédois m’est tout de suite venue en tête, et j’ai souri en pensant au titre de ce morceau en particulier : Of Hells Fire. J’ai su que le titre de mon histoire en serait la traduction littérale en français, Du feu de l’enfer, avant d’écrire la première ligne, et il était évident pour moi qu’une citation de ce morceau figurerait en conclusion. Comme un grésillement, la persistance d’une flamme vive brillant au fond des yeux…

J’ai été frappé par la citation de Saint-Marc (Mc 5,9). Savez-vous qu’elle est sortie de son contexte et que pour bien la comprendre, il faut la situer dans son contexte immédiat et dans celui de l’Évangile, voire même de la Révélation ? D’ailleurs ce que dit Légion et ce qui lui arrive sont très instructifs (je ne peux pas développer ce sujet ici, pourtant cela serait intéressant d’en parler en relation avec votre roman). Pourquoi cette citation ?

Sire Cedric : Je l’ai choisie aussi tout aussi simplement, et pour la même raison, que celle de fermeture du roman. J’avais mon titre, j’avais mon sujet, et avant de commencer à écrire voilà que cette citation bien connue m’a frappée. Je ne souhaitais pas l’interpréter au sens littéral, comme W.P. Blatty a pu le faire à la fin de son roman L’exorciste par exemple, mais plutôt évoquer une menace de nature multiple et grouillante. J’avais envie d’explorer le mal caché dans l’être humain. Cette citation me semblait parfaite pour donner le ton et le sujet du roman et, en quelque sorte, déjà conditionner le lecteur à ce qu’il allait vivre.

La citation de Marduk me semble être la vraie conclusion du roman, qui correspond à un changement. Changement progressif que nous voyons chez Manon, ai-je raison ?

Sire Cedric : Un changement progressif et invisible, oui. Cette citation évoque quelque chose de noir sous la surface. Notre plus grande force, parfois, n’est pas puisée dans la zone lumineuse de notre âme. Même si nous le regrettons, que nous en avons honte parfois, cette noirceur fait aussi partie de nous, et de notre évolution en tant qu’être humain.

Vous semblez avoir étudié la psychologie humaine me semble-t-il ?

Sire Cedric : Tous les auteurs le font. Je crois que toutes les bonnes histoires ne parlent que de ça : l’être humain, son âme, ses questions essentielles. Qui nous sommes. Pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Ce que l’on fait pour évoluer, pour ne pas se laisser broyer par un monde hostile. Les personnages sont au centre du Feu de l’enfer. J’ai écrit ce livre pour parler de Manon et de son frère avant tout. À ma manière, peut-être que j’effectue ma thérapie, de livre en livre !

Vous vous documentez pour écrire. Comment recevez-vous les résultats de ces recherches pleines de, disons, surprises ? Et comment vivez-vous cela ?

Sire Cedric : Les recherches constituent une partie importante et passionnante de mon travail. Elles sont indispensables pour la crédibilité de l’histoire. Et puis elles m’apportent un formidable plaisir personnel. Pour prendre un exemple parmi d’autres, je me suis documenté sur la thanatopraxie, que je voulais évoquer le plus sobrement et le plus dignement possible dans ce roman. C’est pendant ces longues discussions avec des thanatos que j’ai découvert que, contrairement à ce que j’imaginais (naïvement) il n’y a presque jamais d’autopsie pour les suicides : les thanatos embaument chaque semaine des adolescents qui se sont pendus ou ouvert les veines, des vieillards qui se sont fait sauter la tête avec leur fusil, et ainsi de suite… sans que jamais personne ne questionne les faits, que jamais aucune autopsie ne soit demandée. Je fais ces recherches par curiosité avant tout, cela assouvit mes envies de découvertes d’autres métiers, d’autres vies. Une toute petite partie de ce que j’ai appris se retrouve dans le livre fini, mais je profite toujours de ce supplément de découvertes pour grandir, personnellement. Cela rend ma vie plus vaste, plus intéressante.

Votre vision des autorités de notre pays est assez mitigée, est-ce le résultat de votre enquête ?

Sire Cedric : Je ne dirais pas ça. La police fonctionne comme elle le peut. Elle est seulement constituée d’êtres humains ordinaires. Chacun essaie de bien faire, mais chacun a sa façon bien à lui d’aborder la réalité, selon son propre point de vue, ses habitudes, ses convictions. Dans le roman, les flics ne sont pas foncièrement mauvais. Il y a simplement de nombreux quiproquo qui ralentissent la résolution de certaines affaires. Je m’efforce de ne pas raconter des faits en blanc et noir. Les zones de gris sont beaucoup plus intéressantes, me semble-t-il. Dans la vie, chaque personne réagit de manière tellement différente !

Pour prendre un exemple parlant, j’ai fait lire à deux policiers différents la scène où j’évoque que des flics obtiendraient des faveurs sexuelles de mineures toxicomanes. Un de ces deux policiers m’a informé que oui, cela arrive exactement comme ça et que tout le monde ferme les yeux, alors que l’autre (qui travaille dans une ville différente, cela a sans doute son importance) a explosé en me disant que s’il apprenait quelque chose comme ça, il irait défoncer la gueule à ces collègues avant de les dénoncer. Précieux pour prendre du recul sur certaines situations…

Vous avez donc conscience que cette "histoire affreuse" n’est pas loin de la vérité ?

Sire Cedric : Le roman est de la pure fiction, j’insiste sur ce point. Mais, comme je le disais, tout ce qui est évoqué en toile de fond, chaque anecdote ou fait divers, est… malheureusement bien réel, oui.

Le fait d’avoir cité un tueur en série connu, est-ce pour nous attirer l’attention sur l’existence de telles sectes ?

Sire Cedric : De fait, j’ai essayé de citer le moins de noms possible, ce n’est pas un roman à clé et je ne tiens surtout pas à faire passer le moindre message. Simplement divertir. Il n’y a rien de plus flippant que de se dire "cela pourrait arriver. Cela arrive peut-être en ce moment même…" Mais forcément, de temps à autre, je ne pouvais faire autrement que de citer un nom ou une ville…

Votre roman Du feu de l’enfer est, à mon humble avis, musical, comme une sorte de comédie musicale à la Rocky Horror Picture Show, est-ce que je suis à côté de la plaque ?

Sire Cedric : Ce que je peux dire, c’est que, tout comme ce film en particulier, Du feu de l’enfer appartient à un genre. J’aime prendre les codes et jouer avec eux, les réinterpréter à ma manière, leur donner un sens nouveau. La musique et les clins d’œil à la fois musicaux et mythologiques peuplent les pages du roman. Cela n’en fait pas une comédie musicale non plus (rires.) Plutôt un "slasher", avec beaucoup de recul sur les conventions du genre.

Un certain nombre de groupes sont nommés dans votre ce roman flippant. Est-ce que le choix des chansons est mûrement réfléchi, pour cadrer avec ce qui se passe dans l’histoire ?

Sire Cedric : L’essentiel des groupes nommés sont la musique qu’écoute Manon dans sa voiture. Son métier lui impose des kilomètres à parcourir chaque jour, et elle meuble ces temps de route en écoutant des groupes comme Portishead ou Chelsea Wolfe. Citer ce qu’elle écoute, et évoquer ce qu’elle ressent en l’écoutant, était important pour définir le personnage. C’est bien connu, la musique qu’on écoute est révélatrice de notre personnalité. Et dans un roman, souvent, de ce qui se passe dans le cœur du personnage…

Est-ce que ce sont des groupes que vous écoutez régulièrement ?

Sire Cedric : Pas forcément, ce n’est pas mon genre de prédilection, mais en toute objectivité Manon a très bon goût en matière de musique ! J’ai mis un point d’honneur à ne lui faire aimer que ce qui se fait de mieux dans ces genres musicaux précis.

Pouvez-vous nous dire ce que vous aimez comme musiciens ou autres groupes, voire même d’autres styles musicaux ?

Sire Cedric : Personnellement, j’écoute plutôt du rock et du metal. Je suis de la vieille école, celle des Judas Priest et Ronnie James Dio (que je vénère). Mais je suis également un grand amateur de musique plus massive et agressive, telle que celle de Marduk, Behemoth, Belphegor…

Est-ce que la musique a une place importante dans votre vie ? Écrivez-vous en écoutant de la musique ?

Sire Cedric : J’écoute de la musique en permanence. Quand j’écris, cela m’aide à trouver un rythme, une couleur… ou même des idées amusantes ! Si le mot de passe de l’un des personnages du roman est LOVE IS ALL, ce n’est bien sûr pas par hasard… Ou si les masques des membres de ma secte évoquent ceux des goules du groupe de rock Ghost, ce n’est pas non plus une coïncidence, c’était plus fort que moi !

Lisez-vous beaucoup, Sire Cedric ?

Sire Cedric : Autant que possible, oui. Les livres sont une passion. J’ai toujours un ou deux romans en cours, que ce soit en version papier sur ma table de chevet, sur ma tablette en numérique ou même version audio car j’aime la course à pied et j’en profite pour lire avec les oreilles.

Qui est pour vous l’écrivain incontournable ?

Sire Cedric : Stephen King, sans le moindre doute. C’est une évidence et un cliché de le citer, mais cet homme a inventé le métier que je fais. Il m’a également donné envie d’être écrivain moi-même, alors que j’étais adolescent.

Sire Cedric, je vous laisse conclure cet interview, vous pouvez dire ce que vous voulez.

Sire Cedric : Je vous remercie, et je salue les lectrices et lecteurs qui passeront par ici ! J’espère qu’ils auront envie de découvrir mes histoires et qu’elles les divertiront ! Les dates de mes prochaines dédicaces sont indiquées sur mon site officiel, il ne faut surtout pas hésiter à venir me voir pour discuter !

Mais c’est nous qui vous remercions Sire Cedric, pour votre gentillesse et votre patience qui nous permettent de vous connaître et nous éclaire dans le lecture de votre superbe roman Du feu de l’enfer, et d’y penser encore…

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Vindicta" du même auteur

En savoir plus :
Le site officiel de Cédric Sire
Le Facebook de Cédric Sire


Ichigo Samuru         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 14 juillet 2019 : Les pieds dans l'eau

C'est l'été, les vacances pour certains, mais cela n'empêche pas de découvrir quelques petites perles musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques... Alors ne perdons pas de temps et découvrons le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Reward" de Cate Le Bon
"Walk on a mirror" de Beautiful Badness
"You're here now what ?" de Matmatah
"Verdée" de Verdée
"Circo circo" de Who's the Cuban
Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Beauregard #11 :
Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
Vendredi avec Balthazar, Lavilliers, NTM, Etienne de Crécy...
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...
et toujours :
"Lung bread for daddy" de Du Blonde
"Orgue" de Guero
Hellfest #14 avec No one is innocent, Gojira, Kiss, Cannibal Corpse, Sister of Mercy et pas mal d'autres
"L'envoutante" de L'Envoûtante
"Uncovered Queens of the Stone Age, The lost EP" de Olivier Libaux
"Praeludio" de Patrick Langot
"Carnet de voyage, livre 1 : Beethoven Cras" de Quatuor Midi Minuit
"The twin souls" de The Twins Souls

Au théâtre :

"Glissement de terrain" au Théâtre de la Reine Blanche
"Philippe Chevallier et Bernard Mabille - Chacun son tour" au Théâtre L'Archipel
"De Judas à Manuel Valls" à la Comédie Saint-Michel
"Philippe Fertray - En mode projet" au Théâtre de la Contrescarpe
"Florian Lex - Pas de pitié !" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Nature morte dans un fossé" au Petit Gymnase
"Muriel Lemarquand - Trop forte !" au Théo Théâtre
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
et la chronique des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon

Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle
et dernière ligne droite pour :
"L'Orient des peintres, du rêve à la lumière" au Musée Marmottan-Monet
"Hammershoi - Le Maître de la peinture danoise" au Musée Jacquemart-André
"La Lune - Du voyage réel aux voyages imaginaires" au Grand Palais
"La Collection Emil Bürhle" au Musée Maillol

Cinéma :

"Le Voyage de Marta" de Neus Ballus
et la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"Hitler et la mer" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud
et toujours :
"Entrer dans l'arène en même temps que l'orage" de Danny Denton
"Et tout sera silence" de Michel Moatti
"Je te donne" de Baptiste Beaulieu, Agnèes Ledig, Laurent Seksik, Martin Winckler
"Le dernier thriller norvégien" de Luc Chomarat
"Néron" de Catherine Salles

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=