Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Le point de non-retour
John Boorman  juin 2017

Réalisé par John Boorman. EtatsUnis. Policier/thriller. 1h32 (1ère sortie 1967). Avec Lee Marvin, Angie Dickinson, Keenan Wynn, Carroll O'Connor, Lloyd Bochner, Michael Strong, John Vernon et Sharon Acker.

Il y a eu bien sûr "Délivrance". L’un des plus beaux films des années 1970, un dézinguage brutal d’un fantasmatique retour à la nature. Car dans les bois peuplés de rednecks dégénérés, cousins ruraux de la famille de "The Texas chain saw massacer" de Tobbe Hooper, c’est avant tout la violence qui règne.

Mais il y a eu aussi une belle relecture autobiographique de ses années de guerre en Angleterre. Avec "Hope and Glory" en 1987, puis "Queen and country en 2014, John Boorman racontait son propre itinéraire, d’abord comme petit garçon dans un monde en proie au chaos, puis comme jeune homme, découvrant dans un même temps le service militaire et l’amour.

Et puis, il y a eu aussi l’épopée arthurienne (à revoir aujourd’hui pour savoir si elle a bien vieilli), la suite de "L’Exorciste"… Mais si ces classiques américains sont bien connus, d’autres films restent encore à découvrir, en particulier les œuvres anglaises de ce cinéaste atypique auquel la Cinémathèque française consacre une rétrospective du 1er au 25 juin 2017.

Pour ouvrir les festivités, un grand classique, moins écrasant, peut-être, que "Délivrance", mais toujours surprenant de modernité : "Point blank", renommé en français "Le point de non-retour", illustre bien les passionnantes mutations qui saisissent le système hollywoodien peu avant le tournant du Nouvel Hollywood. Un cinéma en quête de modernité, prêt parfois à l’expérimentation, plus audacieux dans sa représentation de la violence.

L’histoire est celle d’un revenant. Walker (Lee Marvin), homme taciturne dont le prénom restera un mystère, est trahit par sa femme et son meilleur ami, Reese. Embarqué par ce dernier pour récupérer de l’argent sale, il se fait doubler avant d’être laissé pour mort. Mais Walker ne meurt pas et revient chercher son dû. Avec l’aide de son ex-belle-sœur (Angie Dickinson), il retrouve Reese, et élimine un à un les caïds qui se dressent entre lui et son magot.

Mais "Point blank" n’est pas un film noir classique. Certes, on retrouve bien ce héros silencieux, un peu perdu mais fixé sur un objectif dont rien ne peut le détourner, un homme qui n’a pas froid aux yeux et qui connaît trop bien la mort pour en avoir peur. La mélancolie est elle aussi bien là, en particulier dans les retrouvailles entre Walker et sa femme, détruite par les médicaments et les remords, beau personnage qui ne peut qu’être sacrifié.

La violence est sèche. On sent l’extrême minutie avec laquelle le réalisateur conçoit chacun des plans, jouant avec le décor ou les accessoires pour renouveler visuellement ce que le scénario pourrait avoir de répétitif : les lames d’un rideau qui s’agitent au contact d’un corps, des images projetées sur un mur qui semblent réagir à ce qui se déroule près d’elle, un drap qui tombe, dévoilant un corps nu dans une scène qui n’est pas sans évoquer le début du "Vertigo" d’Hitchcock.

Ce n’est d’ailleurs pas tellement cette histoire policière assez simple qui semble intéresser Boorman. Elle est en effet prétexte à une sorte de puzzle mental, une étonnante plongée dans le regard d’un homme enfermé dans la spirale du passé. Le montage occupe donc une place centrale dans le film qui est, à cet égard novateur : superposition de couches temporelles, entrechocs d’images ou de sons issus de scènes différentes

John Boorman confronte également son personnage avec son époque. Le psychédélisme envahit certaines scènes, comme cette vision quasi pollockienne que dessinent les produits de toilette colorés que Walker renverse dans un évier, et qui deviennent, l’espace d’un instant, les flux de sa pensée et le reflet d’une sorte de folie qui affleure parfois sous sa froide détermination.

Piège mental qui trouve idéalement le décor d’une prison désaffectée, "Point Blank" serait, selon John Boorman, une métaphore du combat que menait l’acteur principal, Lee Marvin, pour se débarrasser des évènements traumatiques qu’il avait lui-même vécu durant la Guerre du Pacifique. La recherche d’une issue impossible, qui fait de Walker un personnage perdu.

 

Anne Sivan         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 novembre 2020 : Culture Globale

Ca y est vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous rendre dans les librairies, disquaires et autres lieux de culture chers à nos coeurs, alors FONCEZ ! si vous avez besoin d'un prétexte : On n'a jamais été aussi proche de Noël !

Du côté de la musique :

"I know that you know" de Eau Rouge
"In town" de Switch Trio
"May our chambers be full" de Emma Ruth Rundle & Thou
"The messenger" de Hélène Grimaud
"Songs" de Patrick Messina & Fabrizio Chiovetta
"Star feminine band" de Star Feminine Band
"Signs" de Vaiteani
"Stay" de Valerie June
"Grand plongeoir" de Yves Marie Bellot
"Selectorama" Le nouveau mix (S2M4) de Listen In Bed
"De là" de Clarys
et toujours :
"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Les Géants de la montagne" de Luigi Pirandello
"Très chère Mathilde" de Israel Horovitz
"Une des dernières soirées de carnaval" de Carlo Goldoni
"Un amour de jeunesse" de Ivan Calbérac
"La Vérité" de Florian Zeller
"Ils se sont aimés" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"La croisière ça use" de Emmanuelle Hamett
"Cyrano m'était conté" de Sotha
et un air d'opéra avec "Miranda" d'après Shakespeare et Purcell

Expositions :

en virtuel :
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Cristo et Jeanne Claude" au Centre Pompidou
"Jim Dine - A day longer" à la Galerie Templon

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Pierre Soulages" à l'espace culturel départemental Lympia à Nice
"La "Collection Emil Bührle" au Musée Maillol
"Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre
"La vitrine Gallé" au Musée des Arts et Métiers
et les collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Caché" de Michael Haneke
"Au loin s'en vont les nuages" de Aki Kaurismaki
"Une valse dans les allées" de Thomas Stuber
"La Lune de Jupiter" de Kornel Mundruczo
"L'enfant d'en-haut" de Ursula Meier
"Le beau monde" de Julie Lopes Curval

Lecture avec :

"L'intériorité dans la peinture" de Pierre Soulages & Anne-Camille Charliat
"Coco de Paris" de France de Griessen
"Considérations sur le homard tome 2" de David Foster Wallace
"Intuitions" de Paul Cleave
"Les aveux" de John Wainwright
"Les ratés de l'aventure" de Titayna
"Un été de neige et de cendres" de Guinevere Glasfurd
et toujours :
"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=