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puce Jan Karski [Mon nom est une fiction]
Théâtre de la Colline  (Paris)  juin 2017

Spectacle conçu et mis en scène par Arthur Nauzyciel, d’après le roman éponyme de Yannick Haenel, avec Manon Greiner, Arthur Nauzyciel et Laurent Poitrenaux.

Arthur Nauzyciel a conçu son "Jan Karski" comme un triptyque. D’abord, un narrateur, joué par le metteur en scène lui-même, vient raconter la prestation de Jan Karski dans le film "Shoah" de Claude Lanzmann.

Puis, un écran vidéo occupe la scène et l’on voit un plan du ghetto de Varsovie filmé en boucle par le vidéaste Miroslav Balka, avec un commentaire off confié à Marthe Keller.

Enfin, Laurent Poitrenaux interprète Jan Karski dans un long monologue se déroulant dans le décor de l’antichambre de l’opéra de Varsovie, avant que tout s’achève par l’intervention d’une danseuse (Manon Greiner).

Arthur Nauzyciel s’est appuyé sur le roman "Jan Karski" de Yannick Haenel pour construire ce dossier impressionniste consacré au grand résistant polonais. On se souvient que c’est dans "Shoah" que le personnage de Jan Karski a refait surface pour la première fois. Il s’en était suivi une polémique, puisque Claude Lanzmann n’avait tiré qu’une quarantaine de minutes des longues heures d’entretien qu’il avait eu avec Karski.

Celui-ci, comme beaucoup d’autres observateurs, avait regretté que dans "Shoah" son témoignage n’était qu’une charge contre les Polonais stigmatisés pour leur participation à l’élimination de la population des ghettos juifs. Karski, lui, avait insisté sur la passivité des Occidentaux devant le génocide qu’accomplissaient les nazis après que "La solution finale" a été décrétée.

Lui qui fut l’un des seuls à être entré clandestinement dans un camp de concentration, était allé prévenir les Alliés de ce qui s’y déroulait. Roosevelt l’avait reçu et n’avait, selon lui, rien fait pour arrêter les massacres. Toute sa vie, Karski a revécu cette période comme un cauchemar, comme le démontre le monologue de Laurent Poitrenaux.

Spectacle didactique, qui oblige à un préliminaire didactique, "Jan Karski [Mon nom est une fiction]" pose certaines questions. D’abord, celle de sa forme : fallait-il répéter trois fois la même histoire ? Ne pouvait-on pas supprimer le second volet du triptyque, celui où le spectateur doit contempler ad libitum un plan du ghetto de Varsovie ?

Si l’intervention de Marthe Keller racontant Jan Karski permet de réentendre la grande actrice suisse allemande - dont le léger accent est vaguement de circonstance -, elle n’évite pas un "ennui gênant". Non seulement, on décroche mais on a le temps de s’interroger sur le sens de cette "morbidité mémorielle" qui s’empare du public.

On se doute que la grande majorité des présents dans le théâtre sait ce qui s’est déroulé pendant la seconde guerre mondiale et n’en nie aucunement les tenants et les aboutissants. Alors, pourquoi les accabler en rabâchant des évidences ? Pire, pourquoi leur soumettre un texte qui crée des polémiques ? Accuser les libérateurs des camps de passivité ou de complicité, n’est-ce pas semer de nouveaux doutes parmi les générations à venir ?

Le monologue de Laurent Poitrenaux, tiré du roman de Yannick Haenel, suffisait amplement pour qu’on se fasse une opinion. Ce texte que Poitrenaux rend assez "bernhardien" est d’une grande force et légitime à lui seul le projet d’Arthur Nauzyciel.

Le très beau décor de Riccardo Hernandez qui reconstitue "l’antichambre" de l’Opéra de Varsovie apporte une petite touche esthétique à la Edward Hopper qui convient bien à l’état dans lequel s’agite Jan Karski. Poitrenaux lui donne une démarche flottante, presque fantomatique, qui fait de lui une espèce de personnage irréel, un Nosferatu prêt à réapparaître pour signifier que le Mal rode toujours…

Cette heure magistrale s’achève par quelques pas de danse rappelant que Jan Karski avait épousé une danseuse dont la famille avait été suppliciée par les nazis. Se présentant pour cela comme un "Juif chrétien", le héros polonais est une haute figure, tragique et flamboyante. On ne pourra que remercier Arthur Nauzyciel d’en avoir dessiné toute la complexité et l’on sort prêt à oublier une deuxième partie trop roborative.

 

Philippe Person         
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