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Sebastian Borensztein  juillet 2017

Réalisé par Sebastian Borensztein. Argentine/Espagne. Thriller/Biopic. 1h32 (Sortie le 7 juillet 2017). Avec Ricardo Darín, Oscar Martinez et Inma Cuesta.

"Koblic" de Sebastian Borensztein est sans doute le film de l'été. Celui qui "distrait" mais qui peut aussi "édifier", dans le sens positif du mot.

Pilote dans l'armée argentine, Koblic - quel nom qui claque bien, qui dit bien le héros viril et droit ! - a la malchance d'être un militaire pour qui servir son pays a un sens moral, qui se situe quelque part entre devoir et honneur

Pas forcément politisé, il n'est cependant pas rentré dans l'armée pour servir une junte aux méthodes abominables. Quand on lui demande de maintenir son avion au-dessus de la mer et qu'il découvre qu'il va s'agir de jeter plusieurs jeunes gens de quelques milliers de pieds et de les condamner ainsi à une mort certaine, il est révulsé... Mais doit néanmoins, contraint et forcé, faire ce qu'on lui demande.

Une fois rentré à la base, il décide de déserter, de s'enfuir loin de ce qu'il a vu, de ces crimes auxquels il a, à son corps défendant, participé.

Traqué par les militaires et les para-militaires, il va se réfugier dans un coin perdu d'Argentine, où il tombe amoureux d'une femme subissant le joug d'un vrai "gros porc", faisant basculer le film dans une espèce de version tout en moiteur latine du "Facteur sonne toujours deux fois".

A la fois, film à suspense, réflexion sur l'engrenage mortel dans lequel une dictature fourvoie tous ses citoyens, étude de mœurs, "Koblic" de Sebastien Borensztein bénéficie d'un scénario qui accumule les pistes et les fausses pistes, qui, surtout, va jusqu'au bout de sa logique, avec une fin épatante, incroyable, aussi incroyable que la performance de Ricardo Darin.

 

Tout ici respire la lourdeur et la peur des temps dictatoriaux. Il faut, comme Koblic, pouvoir s'élever dans les airs - voir s'envoyer en l'air, pour être légèrement trivial - pour reprendre un peu de légèreté et pouvoir s'oxygéner autant les poumons que l'âme.

Ricardo Darin est entouré d'une distribution magnifique, à commencer par la flamboyante actrice espagnole Inma Cuesta, vue dans "Julieta" de Pedro Almodovar.

Plus qu'un film politique qui conterait par le détail comment beaucoup d'opposants - on parle de milliers - ont été ainsi balancés dans la mer afin qu'on ne retrouve jamais leurs corps, "Koblic" de Sebastian Borensztein fait de cette réalité occultée l'objet des cauchemars de son héros, des cauchemars récurrents qui peuvent ressurgir à tout moment.

Nul n'est censé ignorer l'histoire s'il ne veut la revivre dans ce qu'elle a de pire. "Koblic" apprendra donc à nombre de spectateurs européens ce que les juntes militaires dominant l'Amérique du Sud voulaient concrètement dire. Ils comprendront peut-être pourquoi les sud-américains avaient une dent particulière contre les États-Unis qui cautionnaient de telles pratiques, et se refusaient souvent à partager l'antisoviétisme des Européens.

Reste que "Koblic" de Sebastian Borensztein est une belle mécanique qui fonctionne d'autant mieux qu'elle est habitée par cette arrière-pensée qui ne veut pas que soient oubliés ces milliers de jeunes idéalistes qui ont fini sans sépulture, en disparaissant au fond des flots.

"Koblic" est un grand film qui, de surcroît, pense juste.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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