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Kim Ki-duk     (juillet 2017) 

Réalisé par Kim Ki-duk.Corée du Sud. Drame. 1h54 (Sortie le 5 juillet 2017). Avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-geun, Young-Min Kim, Gwi-hwa Choi, Ji-hye Ahn, Jeong Ha-dam, Lee Sol-gu et Eun-woo Lee.

Ce n'est pas un hasard si c'est le plus iconoclaste des cinéastes coréens (qu'on se rappelle "Piéta") qui vient de réaliser le film le plus fort et le plus juste sur la séparation en deux États ennemis de la péninsule coréenne.

"Entre 2 rives" de Kim Ki-duk n'est finalement qu'une illustration d'une remarque que le cinéaste fait pour décrire le sort de son pays divisé : tout cela "génère une grande tristesse".

Il suffira de suivre pendant deux heures, comme d'habitude denses et rudes chez Kim Ki-duk, les mésaventures trans-frontières d'un pauvre pêcheur, Nam Chul-woo, pour son malheur passé d'une Corée à l'autre parce que son bateau connaît une avarie, pour en prendre la réelle mesure.

Propulsé de l'autre côté, il va découvrir la réalité, non pas de la Corée du Sud, mais justement de ce que la division veut dire. Espion du Nord pour le Sud qui ne peut comprendre pourquoi il veut retourner en "enfer", espion du Sud pour le Nord, qui ne veut pas plus comprendre pourquoi il a tenu à revenir.

Entre propagande et contre-propagande, fantasmes et mensonges, le destin du pauvre pêcheur est tout tracé comme le conte à la Voltaire inventé par Kim Ki-duk. Encore une fois, on est saisi par l'intelligence de ce cinéaste hors du commun, qui n'hésite pas à styliser le Nord comme le Sud le voit, à montrer combien la hiérarchie bureaucratique du Sud n'a rien à envier à celle de sa petite "soeur" communiste...

Ici, toutes les perceptions sont perturbées par des années de discours idéologiques routiniers. Les uns croient que le petit pêcheur a le cerveau lavé puisqu'il ne veut pas vivre dans l'opulente et démocratique Corée et préfère retrouver sa femme et sa fille. Les autres ne croient pas qu'on puisse être "honnêtement" un patriote coréen du nord, au point de refuser le luxe et l'argent, qu'eux ne refuseraient pas...

Tout le film est une analyse de ses deux sociétés ambivalentes qui, à force de se faire face de manière manichéenne, ont fini par perdre ce petit plus, cette "once" de subtilité, qui fait qu'on peut comprendre les raisons des autres, de leur envie incroyable de ne pas être tout à fait conforme à ce qu'on attend d'eux... ça s'appelle la liberté de penser, le sens critique... et il faut être un autodidacte prolétaire comme Kim Ki-duk pour oser montrer à tous ses spectateurs "éduqués" que c'est à la portée d'un petit pêcheur.

Parce que ce petit homme, tout simple, aiment les siens et veut les revoir quoi que cela lui coûte. Et l'on verra que cela va beaucoup lui coûter et que les "raisonneurs" auront peut-être le dernier mot.

Qu'importe "Entre 2 rives" de Kim Ki-duk est un très beau moment dialectique entre simplicité et complexité, entre réalisme et artificialité, entre une peau et un âme à sauver coûte que coûte.

Ce grand cinéma d'un grand cinéaste, qui a fait souvent les beaux jours de la Mostra de Venise, prouve que le septième art a toujours de beaux jours devant lui. Les pessimistes ajouteraient que c'est aussi le cas de la non-réunification des deux Corée.

Mais, à la vue d' "Entre 2 rives" de Kim Ki-duk, on pourra se demander si cet état des choses qui perdure n'est pas finalement un moindre mal au regard du désastre qui pourrait accompagner la réunification.

On n'oubliera pas de louer la grande performance de Nam Chul-woo, acteur incomparable qui traverse le cauchemar que lui fait vivre Kim Ki-duk avec une force de conviction chargée d'un humanisme qui force vraiment l'admiration.

 

Philippe Person         
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# 22 mai 2022 : Culture et vous - A vos agendas !

Il fait beau, il fait chaud, mais il n'y pas que les terrasses dans la vie. La culture bat son plein et, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, il est temps de se montrer curieux pour découvrir les nouveautés de la semaine de la musique et du spectacle vivant ainsi que du cinéma, de la lecture et des expositions.

Du côté de la musique :

"Godowsky - Bach" de Dimitri Papadopoulos
"Being alive" le nouveau mix à écouter de Listen In Bed
Rencontre avec Lofofora
"Des corps dans le décor" de Mauvais Sang
"Litz - once upon a time"
"Misia" de Revue Blanche
"Murmures et rumeurs" de Tom Bourgeois
et toujours :
"J'ai horreur de l'amour" de Bertrand Betsch
"Caroline" de Caroline
"Revenant" de Cascadeur
"Hell stairs" de CDSM
"Unica" de DeLaurentis
"Polar star" de Initiative H
"Fear of the dawn" de Jack White
"The line is a curve" de Kae Tempest
"Zadie Smith" 16ème émission de la saison 3 de Listen In Bed à écouter
"Bassoon steppes" de Lola Descours & Paloma Kouider
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"Keep on falling" de The Boo Radleys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
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"Feel Good" à la Manufacture des Abesses
"Double Je" au Théo Théâtre
"Tous les marins sont des chanteurs" au Théâtre du Rond-Point
"Cry me a river" au Monfort Théâtre
"Carmen ou presque" au Théâtre Trévise
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et les autres spectacles à l'affiche

Expositions :

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dernière ligne droite pour :
"Aux frontières de l'Humain" au Musée de l'Homme
"Maurice Denis - Le Bonheur rêvé" au Musée Maurice Denis
"Le Monde de Steve McCurry" au Musée Maillol
et les autres expositions à l'affiche

Cinéma :

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"Juste la fin du monde" de Xavier Dolan
"La belle époque" de Nicolas Bedos
"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven
"Les Eternels" de Zhangke Jia

"Le Traître" de Marco Bellocchio
"It must be heaven" de Elia Suleiman
en salle pour les cinéphiles : "Les Femmes des autres" de Damiano Damiani

Lecture avec :

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