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Dome Karukoski  juillet 2017

Réalisé par Dome Karukoski. Finlande/Daneark/Allemagne/Suède/Etats Unis. Biopic. 1h56 (Sortie le 19 juillet 2017). Avec Pekka Strang, Lauri Tilkanen, Jessica Grabowsky, Taisto Oksanen, Seumas Sargent, Niklas Hogner, Jakob Oftebro et Kari Hietalahti.

Comme la destinée de son compatriote le boxeur Olli Maki, l'histoire de Touko Laaksonen méritait d'être connu hors de la Finlande. Grâce au biopic "Tom of Finland" de Dome Karukoski, ce sera chose faite.

Wonder boy du cinéma finnois, déjà auteur de six long métrages, Dome Karukoski a le mérite d'avoir traité sans fausse note un sujet qui, en d'autres mains, eût pu être scabreux. Des bosquets ou des pissotières d'Helsinki aux "partys" germaniques, des backrooms aux villas californiennes, c'est en effet le parcours d'un garçon qui participe pleinement à la libération sexuelle que l'on va suivre pendant cinquante ans.

Né dans l'austère et terne Finlande, cherchant sa place entre l'Est pudibond et l'Ouest d'après guerre encore répressif, Touko dit "Tom of Finland" est un publicitaire talentueux qui extériorise ses fantasmes dans des dessins qu'il crée d'abord pour lui et qui vont peu à peu se répandre "sous le manteau". Il appellera cette "part maudite" ces "dessins cochons", lui qui est marqué par la répression physique et mentale qui s'abat sur les homosexuels occidentaux.

C'est le temps, pas si lointain, où l'homosexualité est assimilée à une maladie. En dessinant ses motards en cuir noir fortement membrés, dans des poses sans équivoque, Tom, petit homme timide qui cache en lui le héros militaire qu'il fût, chasse chez bien des homosexuels la culpabilité et la honte. A leurs places, il leur donne un imaginaire à la fois viril et sensible dont ils pourront se réclamer avec fierté.

Franchissant l'Atlantique, les dessins de Tom arrivent à point. Ils seront l'expression la plus voyante de la liberté gagnée. À la fois provocants et ludiques, ses personnages deviennent des modèles et prennent vie. Ce qui n'était que pur fantasme s'incarne dans des corps.

"Tom of Finland" de Dome Karukoski réussit très bien à montrer comment la vie de Touko, le discret publicitaire finlandais, vivant avec sa sœur et son petit ami, bascule quand, après ses dessins, il prend le chemin de l'Amérique, ou plus précisément celui de la Californie des années 1960.

Avec ses faux airs de Robert Crumb ou de William Burroughs quand il porte son petit chapeau, Tom participe comme les deux bonshommes américains à l'émergence d'une contre-culture libérée de toute entrave.

C'est l'ère où l'on s'éclate et où les tabous tombent. C'est l'ère d'avant l'anxiété, avant le retour de bâton conservateur avec le Sida présenté par les pères fouettards comme une punition divine. Dans ses dernières années, forcément tout à coup tragiques, Tom retrouve une nouvelle culpabilité. Lui qui a prôné l'ère nouvelle, a suscité une génération en cuir qui, de Freddy Mercury à Robert Mapplethorpe, tombe sous les coups du fléau, se sent responsable de ce qui arrive.

"Tom of Finland" de Dome Karukoski brasse toutes ses époques contradictoires avec une belle énergie. Pekka Strang incarne Touko/Tom avec une grande justesse. Il a compris qu'un dessinateur c'est avant tout un regard posé sur le monde, et il fait passer dans ses yeux tous les sentiments qui vont l'habiter.

Biopic tourmenté, "Tom of Finland" n'est pas le portrait d'une vie réussie, mais celui d'une vie pleine de contradictions et de combats où les événements forcent plus à réagir qu'à agir.

'histoire des homosexuels vers la "normalité" n'est pas un long fleuve tranquille mais une route pleine d'embûches à contourner pour un résultat toujours aléatoire. "Tom of Finland" de Dome Karukoski célèbre ce chaos et dit combien les choses acquises l'ont été de haute lutte.

En tout cas, grâce à ce film dense et généreux, on découvrira une page méconnue qui prend désormais pleinement sa place dans le bouillonnement du siècle passé et qui a contribué à dynamiter la morale judéo-chrétienne au plus fort des années rayonnantes 1960-1970.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
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"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
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"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
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"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
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"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
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"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
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"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
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"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
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"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
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