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Cinémathèque française  Du 10 au 30 juillet 2017

Comment regarde-t-on les films aujourd’hui ? Sur le petit écran d’un smartphone qui menace de glisser malencontreusement à chaque arrêt (et Dieu sait qu’il y en a, des prévus et des imprévus, dans le métro parisien), en retenant d’un côté son sac et en esquivant habilement de l’épaule les regards un peu trop insistants d’un voisin qui voudrait bien savoir aussi ce que le héros et l’héroïne sont en train de faire dans leur chambre d’hôtel cinq étoiles ?

Sur sa télévision, entre le portable qui n’arrête pas de vibrer (car les gens ont toujours des choses urgentes à raconter pile quand vous arrivez au moment où Hercule Poirot va enfin dire qui a fait le coup) et le coloc qui décide (pourquoi maintenant, après deux semaines de négociations intensives infructueuses) de faire son tour de vaisselle et d’aspirateur ?

Sans compter l’autre coloc qui demande ce que vous regardez d’une voix geignarde (parce que "Les Anges de la téléréalité" ne vont pas tarder à commencer). Et sur l’ordinateur, vous avez du mal tout de même à ne pas regarder cette vidéo de chat qui fait de la harpe avec ses moustaches, ce qui casse un peu l’ambiance de votre Tarkovski.

Bref, filons au cinéma.

Bon, on ne le cachera pas, les salles obscures recèlent elles aussi leur lot de fâcheux. La loi ne taxe pas encore les raclements de gorge, les allumages de téléphone destinés sans doute à vérifier que la terre n’a pas pris feu entre 20h et 20h30 et les redoutés froissements de papier et de sac plastique.

Mais il y a une chose que le cinéma continue à offrir : un bel écran, où les actions soudain se déploient, où les visages se découvrent dans toute leur pureté, où les plus infimes détails de mise en scène apparaissent au grand jour. Un espace de liberté qui nous aspire.

Alors, redécouvrons les pouvoirs du grand écran, avec quelques films bien spectaculaires choisis par la Cinémathèque française pour en mettre "Plein les yeux" du 14 au 30 juillet 2017 avec le Cycle Plein la vue.

Des classiques, à la pelle, du "Metropolis" de Fritz Lang à "The Host" de Bong Joon-ho en passant par "Exodus" d’Otto Preminger, "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola, "My Fair Lady", de George Cukor ou "Titanic" de James Cameron.

Vous les avez déjà vus ? N’oubliez pas le conseil de Roland Barthes : on ne lit vraiment un livre qu’en le relisant ; c’est pareil avec les films : si on ne les a pas vus sur grand écran, on ne les a pas vus.

LA CHUTE DU FAUCON NOIR
Réalisé par Ridley Scott. Etats Unis/Grande Bretagne. Guerre. 2h23 (Sortie le 20 février 2002). Avec Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Jason Isaacs, William Fichtner, Ron Eldard et Piven Jeremy Piven.

Somalie, début des années 1990. La guerre fait rage, la famine sévit ; les corps amaigris aux visages vides jonchent la terre. Au milieu de ce paysage désertique, les soldats américains portent les cadavres. Dans le camp des troupes, les jeunes recrues passent le temps, chahutent. Certains pensent à leur famille, d’autres rêvent d’actions et de gloire.

Une mission qui tourne mal. Un hélicoptère touché par les miliciens. Une opération qui devait durer une après-midi devient un jeu de massacre dans une ville hostile. Avec un seul impératif : ramener tous les hommes blessés.

L’une des qualités du film de Ridley Scott tient dans cette ligne narrative sobre. Aucun triomphe n’est attendu, seule compte la survie. On retrouve bien les qualités de ce cinéaste réputé pour son efficacité, en particulier dans les scènes d’action ; à la musique souvent lourde de Hans Zimmer, qui fait passer Max Steiner pour un petit joueur, s’ajoutent le bruit incessant des balles, les explosions… et les silences, maniés d’une main de maître par un réalisateur au sommet de sa forme.

Très belle idée que celle de ce jeune soldat, rendu sourd par les pétarades incessantes qui se déroulent autour de lui et qui offre de beaux moments de suspension au film.

La guerre telle qu’elle est décrite par Ridley Scott se tient sur deux fronts. Il y a d’un côté les décisionnaires, les hauts gradés, ceux qui prennent les décisions. Et ceux qui les exécutent, et en meurent.

ien sûr, cette dénonciation du sort des soldats, utilisés comme chair à canon par les puissants pour servir leurs intérêts n’est pas neuve, et le cinéma américain est truffé de films de guerre faisant l’apologie des combattants et critiquant les dirigeants politiques, bien au chaud dans leur cocon, loin des déflagrations et du sang. Mais Ridley Scott a le mérite de transposer cette situation cinématographiquement. Plus que les discours, c’est la mise en scène qui illustre cette critique.

Les politiques n’apparaissent jamais à l’écran. Ils ne peuvent qu’être mentionnés. Les gradés militaires, qui doivent obéir aux ordres et prennent les décisions restent loin du champ de bataille. Ils suivent la guerre sur des écrans, font des choix avec des cartes et placent les soldats comme on déplace des pions. D’autres suivent le conflit depuis le ciel.

Et les soldats ? Petites cibles isolées, rapidement sorties de leur véhicule blindé et de leurs armures de métal, ils sont des corps fragiles, exposés aux tirs des miliciens et aux éclats des grenades.

Cette opposition entre le ciel et la terre, le pouvoir et la mort, Ridley Scott continuera à la développer dans son cinéma : ainsi, dans "Mensonges d’Etat", Ridley Scott raconte la lutte entre deux agents américains, l’un qui contrôle depuis une salle, et l’autre infiltré sur le terrain qui doit suivre ses ordres.

Touchante jeunesse des recrues, que le cinéaste filme comme des enfants courageux, mais dépassés par le monde où ils ont été littéralement projetés (ils descendent d’hélicoptère).

On sourit parfois de reconnaître des acteurs qui depuis ont fait leur chemin, avec plus ou moins de bonheur : le tout jeune Josh Hartnett, loin du sex-symbol qu’il deviendra quelques années plus tard, Orlando Bloom déjà bien falot, Ewan McGregor, préposé au café qui se découvre soldat de choc, Jason Isaacs en leader charismatique, Eric Bana qui n’avait pas encore enfilé le slip de Hulk, et Tom Hardy qui se faisait encore appeler Thomas…

Cela dit, ne faisons pas de ce film ce qu’il n’est pas : un brûlot politique. Le commandant, incarné par Sam Sheppard, est un modèle de vertu militaire, uniquement soucieux du bien-être de ses hommes.

Entre eux, les soldats sont exemplaires, bons, généreux, solidaires dans l’adversité. Voire plus : le statut sacrificiel des jeunes hommes devient une parabole christique quand un des blessés, arraché à sa cachette, est porté torse nu par une foule assoiffée de sang. Face aux soldats, l’ennemi est un groupe commandé par quelques hommes cruels - l’un fume le cigare, c’est la preuve - une masse aveugle et brutale.

Toutefois, le manque de préparation des soldats, le manque de discernement des dirigeants qui lancent des missions sans se rendre compte des réalités du terrain, l’orgueil des Américains qui se retrouvent à lutter contre une toute une ville viennent nuancer cette vision quelque peu simpliste de la guerre.

Et derrière toutes ces destructions reste une ville en ruines, déchirée par ses habitants et où les enfants jouent dans les carcasses d’hélicoptère, image qui évoque un autre fiasco, celui de la guerre du Vietnam.

 

Anne Sivan         
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