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Valeria Luiselli  (Éditions de l'Olivier)  août 2017

Dire que Valeria Luiselli déborde d’imagination est un euphémisme tant celle-ci déborde de page en page tout au long de son dernier ouvrage L’histoire de mes dents, sorti il y a quelques jours aux Editions de l’Olivier. Né au Mexique et vivant à New-York, Valeria Luiselli est devenue une des figures montantes de la nouvelle littérature latino-américaine. Son livre devrait confirmer cette nouvelle notoriété.

Dire que Valéeia Luiselli manque de références culturelles et littéraires est un mensonge car Borges et Enrique Vila-Matas font de la figuration dans ce roman truffé de références. Véritable bibliothèque ambulante, Valeria Luiselli est une architecte littéraire.

Son dernier livre, L’histoire de mes dents est pour moi un OLNI (objet littéraire non-identifié), le genre de livre que l’on n’a pas l’habitude de lire. Loin du roman conventionnel, il se démarque par une construction pour le moins original construit en sept livres (ou chapitres) débutant par une citation d’auteur ou un extrait d’un livre. Chaque livre ne ressemble à aucun autre, dans le fond comme dans la forme. Le premier livre nous narre l’histoire du livre avec le commencement, le milieu et la fin, nous précise l’auteur. Les chapitres suivants ont pour titre : les hyperboliques, les paraboliques, les circulaires, les allégoriques, les elliptiques et la chronologique (chapitre qui reprend l’histoire du départ sous une chronologie très précise). Tous sont liés les uns aux autres même si l’on s’en rend compte difficilement à la fin de certains. Chaque chapitre modifie l’esprit et le contenu du précédent. L’histoire de mes dents est donc une œuvre circulaire et déroutante.

Vous êtes perdus ? C’est normal ! Le lecteur du livre l’est aussi très souvent. C’est un peu d’ailleurs ce que recherche l’autrice à travers ce livre. Sauf que le talent de ce livre est de chercher à nous perdre tout au long du livre sans jamais vraiment y réussir puisque l’on tourne les pages avec frénésie tant on se délecte des mots souvent hilarants que Valeria Luiselli utilise au service d’une histoire complètement déjantée.

Alors l’histoire du livre, venons-y. L’histoire de mes dents, c’est l’histoire de Gustavo Sanchez, surnommé "Grandroute" qui sait imiter à la perfection Janis Joplin quand il a trop bu. Gustavo n’est pas une personne comme les autres, c’est le meilleur commissaire-priseur du monde. Il ambitionne de réaliser son plus grand coup : se faire extraire toutes les dents et les vendre en les faisant passer pour les restes d’"infâmes personnages" tels que Platon, Pétrarque, Rousseau ou bien encore Virginia Wolf. Cette supercherie mène "Grandroute" dans une direction qu’il n’avait pas prévue quand il remarque que son fils, présent à la vente, est bien décidé à acheter son propre père aux enchères.

A partir de cette histoire abracadabrantesque, Valeria Luiselli peut laisser cours à son imagination débordante. Elle commence dans le premier livre qui nous raconte les déboires de ce "Grandroute", dès son enfance, dans son mariage ensuite et de ses péripéties professionnelles, l’ensemble expliquant son choix de vendre ses dents. L’ensemble est d’une très grande drôlerie. On rit souvent devant la vie de ce "Grandroute" tant les expressions de l’autrice sont succulentes.

Le livre suivant, les hyperboliques, nous narre la vente de ces / ses dix dents, chacune d’elles ayant une histoire, inventée de toutes pièces par le commissaire priseur. La dent de Platon se retrouve aplatie tant il parlait et mangeait sans discontinuité. Augustin d’Hippone, lui, aurait écrit ses confessions suite à une rage de dent, celle qui est en vente évidemment. Une fois de plus, chaque lot hyperbolique concernant une dent nous est écrite avec beaucoup d’humour. On se délecte de lire ou d’écouter ce commissaire priseur essayer de faire monter les enchères de ces dents au travers d’une histoire particulière, souvent drôle.

S’en suit, dans le livre suivant, des étranges retrouvailles avec son fils qui font que l’on se demande de nouveau où Valeria Luiselli souhaite nous emmener. La réponse intervient à la fin du livre lorsque "Grandroute" cesse de raconter son histoire en laissant la parole à un nouveau personnage. Bien vu, tout se dénoue et on comprend que l’on a été bien dupé.

Inspiré par des auteurs comme Enrique Vila-Matas, l’histoire de mes dents est donc un roman à double-fond qui oscille sans cesse entre la parabole et l’allégorie, une fantaisie débridée et hilarante sur les pouvoirs de la fiction et la valeur que l’on accorde aux objets. Valeria Luiselli affirme son talent d’écrivain avec ce livre d’une très grande originalité. L’histoire de mes dents est une très belle découverte qui se lit rapidement, avec plaisir et délectation.

 
 

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La chronique de "Archives des enfants perdus" du même auteur


Jean-Louis Zuccolini         
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# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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