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Ruben Ostlund  octobre 2017

Réalisé par Ruben Ostlund. Suède/Allemagne/Danemark/France. Comédie dramatique. 2h31 (Sortie le 18 octobre 2017). Avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry Notary, Christopher Laesso, Elijandro Edouard et Marina Schiptjenko.

Ce n'est pas un hasard si Pedro Almodovar a couronné "The Square" de Ruben Ostlund, en lui attribuant la Palme d'Or 2017 au Festival de Cannes. Il a sans doute vu dans le cinéaste suédois quelqu'un qui réveillait des maîtres oubliés des jeunes générations, comme Fellini ou Bunuel.

Il y a effectivement un air de "Dolce Vita" 2017 dans cette description du Copenhague high tech et arty, d'un monde vain et élégant où règnent la communication, le politiquement correct et l'art conceptuel pendant qu'ailleurs grandit la pauvreté et l'indifférence.

Il y a aussi un petit quelque chose de Bunuel dans cette parodie ironique d'un univers qui a sacralisé l'art contemporain et en a fait une nouvelle religion qu'il est bon de faire tomber de son piedestal, de son "carré" en l'occurrence.

Ruben Ostlund n'en est pas à son coup d'essai de moraliste s'amusant des tares occidentales à l'ère post-moderne. Son précédent film, "Snow Therapy" ("Force majeure" en suédois !), était d'une cruauté glaçante pour s'en prendre au tourisme chic de masse.

Dans "The Square", on suit le destin du directeur du grand Musée d'art contemporain de Copenhague, Christian, un destin lié à une campagne de pub trash devant promouvoir une installation à vertu humanitaire devant le Musée.

L' idée d'un carré délimitant un espace où les hommes seraient égaux et préservés du tumulte et des horreurs du monde s'inspire d'une"oeuvre" montée par Ostlund lui-même et Kalle Boman et installée au Musée du design à Varnamo en 2015. Cette précision n'est pas inutile : elle démontre que l'argument du film ne repose pas sur une critique cynique de l'art moderne, mais d'une tentative d'autodérision des propres convictions de l'auteur.

Jamais dans "The Square" de Ruben Ostlund, on est devant le travail d'un petit malin cynique qui dénigre tout du haut de sa caméra olympienne. Il est autant parti prenante que contestataire de ce qui défile sur l'écran. C'est en cela qu'il pourrait être comparé aux grands moralistes des Lumières, un Diderot ou un Voltaire par exemple.

Christian n'est pas qu'un mondain défendant son statut et amateur de journalistes anglo-saxonnes. Il est le témoin d'un monde des apparences derrière lequel il y a de la violence sociale, des sous-prolétaires et des migrants. Il lui suffit de se faire voler son portefeuille à la sortie du métro pour qu'il découvre - et surtout s'intéresse - à l'envers du monde contemporain.

Il subira dès lors la belle colère d'un petit garçon défavorisé surlequel, sans méchanceté bien sûr, il a gratuitement jeté l'opprobe du haut de son mépris inconscient de classe. Il découvrira même que ses jolis enfants aseptisés ont une face qu'il ignore. Dans "The Square" de Ruben Ostlund, un intellectuel moderne s'aperçoit qu'il vit dans les apparences et en subit de drôles de conséquences.

Constamment d'une drôlerie décalée, jamais caricaturale et univoque, le film contient des moments inoubliables comme celui où intervient Terry Notaray, l'artiste du Cirque du Soleil devenu célèbre dans des blockbusters. La scène, où il est supposé être un homme-singe venant "performer" pendant un repas de gala, sert d'affiche et ceux qui verront le film comprendront sans problème pourquoi...

"The Square" de Ruben Ostlund est incontestablement l'un des films majeurs de la décennie. Il révèle aussi un acteur formidable, Claes Bang qui, derrière l'élégance nordique, cache une petite parenté physique avec Nanni Moretti. On pourrait d'ailleurs dire que le film donne aussi à voir du côté des meilleurs films du Romain, ceux où à l'instar d'Ostlund il savait être ironique sans être donneur de leçon.

Pour en finir avec les références, nécessaires, quand on identifie une grande œuvre, "The Squure" de Ruben Ostlund a de temps à autre la singularité absurde et merveilleuse des films de Roy Andersson, l'autre grand cinéaste suédois moderne. C'est dire s'il méritait la Palme.

 

Philippe Person         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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