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Théâtre Les Déchargeurs  (Paris)  novembre 2017

Drame d'Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, mise en scène de Salomé Broussky, avec Dimitri Storoge et Maud Wyler.

Salomé Broussky a eu l'excellente et judicieuse idée de s'intéresser à "La Révolte", un opus théâtral du romancier Auguste de Villiers de L'Isle-Adam plus connu pour ses écrits d'obédience symboliste.

Ressortant par sa forme de la scène de vie conjugale et au fond à l'existentialisme, la partition porte une critique virulente du matérialisme qui lamine toute aspiration intellectuelle, des conventions qui ne tendent qu'à la perpétuation de la classe bourgeoise au détriment de l'épanouissement personnel des individus et de la condition féminine soumise au déterminisme social et biologique.

Bien qu'écrite en 1870, et nonobstant sa langue superbe de concision qui ne constitue certes pas un obstacle à sa modernité, cette partition, transposée dans un univers contemporain scénographié par Dominique Borrini, celui d'un salon minimaliste et impersonnel d'un blanc clinique, se révèle d'une résonance contemporaine époustouflante.

La révolte est celle d'une jeune femme qui dispose de tous les éléments ostensibles de la réussite et de la félicité, mais nourrit en son for intérieur un mal existentiel qui résulte de l'inadéquation entre sa situation et sa conception idéaliste voire utopiste de la vraie vie et du bonheur ainsi que de son statut, elle est passée, sans alternative possible, de celui de fille à celui d'épouse, qui exclut tout épanouissement personnel.

Consciencieusement avec autant de loyauté que de préméditation, elle a oeuvré pendant plusieurs années pour "racheter" sa liberté de penser et de vivre et, un soir, elle opère une reddition de comptes sans appel. Mais comme Marivaux en son temps, Villiers de L'Isle-Adam ne déroge pas au principe de réalité qui gouverne le monde.

La direction d'acteur de Salomé Broussky s'avère tout aussi exemplaire qu'émérite est l'interprétation des officiants.

Dimitri Storoge compose efficacement toutes les étapes psychiques de la dévastation générée par une une prise de conscience qui ébranle les principes et valeurs auxquels il a adhéré sans conscience - de la stupeur tant cette "révolte" est inattendue et même totalement imprévisible à l'incrédulité, de la minimisation narquoise à l'abasourdissement, de la controverse indigente dans un débat d'idées qui le dépasse à l'intimation tyrannique, de l'impuissance à l'accablement - et va le jeter à terre.

Maud Wyler apporte à son personnage une beauté intérieure, un charisme et une corporéité exceptionnelles ainsi qu'une fragilité perceptible sous une attitude d'une inflexible fermeté.

Sans haussement de ton, imprécation ou accusation subjective, elle incarne avec perfection une femme qui expose non ses doléances mais les raisons d'une décision radicale qui implique un choix drastique impliquant un abandon absolu et total, celui du foyer conjugal, de son enfant et du monde.

Une pépite pour les orpailleurs qui sortent des veines battues.

 

MM         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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