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puce Artaud, le Mômo
Théâtre de Nesle  (Paris)  novembre 2017

Performance de Maura Baiocchi autour de textes de Antonin Artaud.

Evoquer la longue figure glabre d'Antonin Artaud, ses mots incandescents jetés dans les flammes de la folie, son chemin torturé peuplé de cactus magiques et d'électrochocs, c'est déjà sortir de la banalité pour rejoindre ce singulier qui a nom poésie.

Celui que Serge Gainsbourg rangeait parmi ses "affreux de la création", et qui fut l'halluciné Marat du "Napoléon" d'Abel Gance, est un de ces clochards célestes dont il faut périodiquement redécouvrir le n'importe quoi parcouru de fulgurances géniales.

Pour cela, l'intrépide aura besoin d'un guide, lui aussi capable de se hisser sans hâte hors des chemins battus, quelqu'un d'improbable dont la présence deviendra immédiatement une évidence.

Maura Baiocchi est de cette trempe. Béret sur la tête, visage grimé avec des sourcils proéminents et un nez rouge qui évoque autant le rhume persistant que le clown, trop habillée comme si elle sortait de la clinique de Rodez, elle arrive d'où on ne l'attendait pas : de l'arrière de la salle. Puis, elle rejoint lentement la scène, un cahier gribouillé de mots d'Artaud en mains, apostrophant quelques spectateurs, leur demandant parfois de lire une phrase.

Entre Nosferatu et Pina Bausch, dans la langue du "Mômo", elle crée d'emblée un climat d'une étrange étrangeté. Il ne s'agira donc pas d'une lecture de textes, mais d'une performance autour de l'auteur du "Théâtre de la cruauté".

Maura Baiocchi est "Madame Artaud", danseuse et sorcière brésilienne, actrice esquissant un ricanement, ou chuchotant un a-parte distancié. Imposant sa maîtrise sans jamais faire peur, elle a le pas léger et semble même voler parmi les vidéo-projections qui enrobent le mur de la scène.

Peu à peu, les textes d'Artaud deviennent moins abscons, s'éclairent dans les hésitations savantes et les répétitions feintes de l'actrice pour trouver le juste mot. Le tout s'achèvera en interminable apothéose avec la conférence prononcée par Artaud au Vieux-Colombier en 1947. Revenu d'entre les morts après avoir subi les lubies électriques du Docteur Gaston Ferdière, le voilà livrant ses secrets déraisonnables.

Maura Baiocchi est au-delà de l'incarnation. Terriblement duplice, elle est Artaud sans jamais cesser d'être l'actrice qui le joue. Leçon sur l'art de jouer, sa performance laissera pantois.

Qu'elle ait eu tort ou raison de surjouer Artaud, qu'elle ait provoqué de l'irritation ou de l'admiration, qu'elle ait laissé de marbre ou ému, plus rien n'a d'importance : les mots du "Mômo" ont atteint leur cible et c'est là sa prouesse essentielle et nécessaire.



 

 

Philippe Person         
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Pas encore de vaccin, pas encore d'espoir de voir réouvrir les lieux culturels mais toujours notre sélection pour agiter vos sens et continuer de soutenir les artistes qui en ont bien besoin. Et n'oubliez pas, tous les jours un programme différent sur la TV de Froggy's Delight.

Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman
"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
"Les Topor #2 - Prix de l'inattendu" au Théâtre du Rond-Point
"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

en virtuel :
"Léon Spilliaert - Lumière et solitude" au Musée d'Orsay
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

at home :
"A la recherche de Vivian Maier" de Charlie Siskel et John Maloof
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano

Du côté des jeux vidéos :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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