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Théâtre Gérard Philippe  (Saint-Denis)  décembre 2017

Comédie d'après l'oeuvre éponyme de Mikhaïl Boulgakov, adaptation et mise en scène de Macha Makeïeff, avec Pascal Rénéric, Vanessa Fonte, Vincent Winterhalter, Thomas Morris, Geoffroy Rondeau, Alain Fromager, Pierre Hancisse, Sylvain Levitte, Samuel Glaumé, Karyll Elgrichi et Emilie Pictet.

C’est en huit songes que Mikhaïl Boulgakov divise sa grande fresque sur la défaite des "Blancs". "La Fuite !" est un récit trépidant, plein de bruit et de fureur, qui reflète le tohu-bohu des années de guerre civile consécutives à la victoire de la Révolution Bolchevique en octobre 1917, et dans lequel vont intervenir une bonne quarantaine de personnages…

Il fallait donc tout le culot de Macha Makaïeff pour tenter le pari de restituer l’atmosphère autant grotesque que fantastique de l’œuvre du génie russe, auteur de "Le Maître et Marguerite".

En terrain connu pour évoquer la Russie perdue de ses grands-parents, elle n’a pas hésité à conter cette épopée autant tragique, voire fantastique, que comique avec "seulement" une douzaine d’acteurs.

Et pour cela, elle a, comme d’habitude, conçu elle-même le très beau décor qui se transforme au gré des saynètes. Initialement, monastère, il deviendra commissariat à Sébastopol, quartier misérable à Constantinople, pour finir intérieur bourgeois à Paris.

Mené tambour battant, "La Fuite !" pourra déconcerter ceux qui connaissent mal cette période mouvante où les Blancs et les Rouges avancent et reculent au gré des batailles alors que la victoire finale n’a pas encore choisi son camp.

Ce qu’il faut avant tout savoir, c’est que cette vision de l’histoire où les futurs vaincus sont montrés, au moins dans les trois premiers songes, comme faisant jeu égal avec les Révolutionnaires, a déplu à Staline, qui, malgré son admiration pour Boulgakov, n’a pas voulu qu’elle prenne vie au théâtre.

Sans doute, la déchéance des aristocrates blancs en Turquie et à Paris était-elle plus acceptable, mais peut-être pas assez radicale, puisque certains des personnages finissent par y trouver leur compte.

Grâce à une distribution formidable, où chaque acteur peut se démultiplier avec un plaisir visiblement communicatif, Macha Makaïeff réussit à passionner pendant plus de trois heures. Inventive, sa mise en scène ne cesse de chorégraphier tous les déplacements de ses nombreux personnages.

L’apothéose sera d’ailleurs un final confié à Angelin Preljocaj qui donne une petite touche poétique et mélancolique. Pour tous ces Russes en exil, ces quelques pas esquissés sont un gage de liberté, mais également expriment leur exclusion quasi "définitive" de l’histoire de leur pays.

Parcourue aussi par des moments de franche rigolade, la pièce de Boulgakov mélange les genres et réussit pourtant à rester homogène. Même si les numéros d’Alain Fromager et de Thomas Morris paraissent les plus aboutis, que Sylvain Levitte multiplie les rôles de composition et que Vincent Winterhalter incarne merveilleusement la quintessence du Russe blanc déchu, tous les comédiens mériteraient une citation.

Macha Makeïeff a su encore une fois s’emparer d’un vrai texte, et le traiter sans en réduire l’ampleur. La forme qu’elle a confectionnée fournit de quoi bâtir du grand théâtre populaire à la portée de tous. Qu’on soit jeune ou pas, connaisseur ou pas de Boulgakov, on n’oubliera pas cette version foisonnante, dessinée avec gourmandise et qui assume sa croyance sans faille en l’art dramatique.

Un régal.

 

Philippe Person         
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# 18 avril 2021 : En avril ne te cultive pas d'un fil

Pas de nouvelle bonne nouvelle... pas sûr. En attendant de pouvoir aller à nouveau vers la culture, faisons la venir vers nous. Voici notre sélection de tout un tas de choses à écouter, lire, voir et (re)découvrir. On commence évidemment avec le replay de la MAG #25 ! et oui déjà, en on n'est pas peu fier !

Du côté de la musique :

"Djourou" de Ballaké Sissoko
"A live full of farewells" de The Apartments
"Racine carrée de vos utopies" de Les Marteaux Pikettes
"Detectorists" le 19ème mix de la saison 2 de Listen In Bed
"Bach en miroir" de Marie-Andrée Joerger
"Drot og Marsk" de Peter Heise
"Bye bye baby" de Requin Chagrin
"Good for you" de Slim Paul
et toujours :
"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La Collection" d'Harold Pinter
"Le Cabinet horrifique" de Valérie Lesort
"Vêtir ceux qui sont nus" de Luigi Pirandello
'Féminines" de Pauline Bureau
"Noire" de Tania de Montaigne
"Love & Politics" de Dan Turden
"NinaLisa" de Thomas Pédour
"Le Bœuf-musical Boris Vian" au Hall de la Chanson
"Hippolyte et Aricie" de Rameau

Expositions :

en virtuel :
"Trésors Nabis" du Musée d'Orsay
"Bonnard, Le Cannet, une évidence" au Musée Bonnard au Cannet
"Yan Pei-Ming - Au nom du père" au Musée Unterlinden à Colmar
"Crinolines et chapeaux, la mode au temps des impressionnistes" au Musée de la Corderie Valois en Normandie
"Camille Moreau-Nélaton, Une femme céramiste au temps des impressionnistes" au Musée de la céramique à Rouen
"Jean Ranc, un montpelliérain à la Cour des rois" au Musée Fabre à Montpellier

Cinéma :

at home :
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"La course navette" de Maxime Aubert
des films cultes :
"Au revoir les enfants" de Louis Malle

"Little Odessa" de James Gray
"37°2 le matin" de Jean-Jacques Beyneix
"C'est arrivé près de chez vous" de Rémy Belvaux et André Bonzel
"La Balance" de Bob Swaim
et un court métrage "La pince à ongles" de Jean-Claude Carrière

Lecture avec :

"C'est quoi ton genre ?" de Agnès Vannouvong
"La petite ville des grands rêves" de Fredrik Backman
"Les somnambules" de Chuck Wending
"Mondes en guerre : tome IV, guerre sans frontières" de Louis Gautier
"Séquences mortelles" de Michael Connely
et toujours :
"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood

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