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Pema Tseden  janvier 2018

Réalisé par Pema Tseden. Cine. Drame. 2h03 (Sortie le 3 janvier 2018). Avec Shidé Nyima et Yangshik Tso.

Si "Tharlo" de Pema Tseden est un des premiers films tournés en tibétain, son réalisateur est sans doute l'un des premiers cinéastes tibétains à faire œuvre.

Cette fable, tirée de l'une de ses nouvelles publiées dans le recueil "Neige" disponible aux éditions Philippe Picquier, est en effet son quatrième long métrage.

Repéré par ce grand découvreur de talents asiatiques qu'était Pierre Rissient, Pema Tseden a fait ses études à l'Académie du film de Pékin. Ainsi, ouvert sur deux cultures majeures, l'une minoritaire mais tout aussi porteuse que l'autre d'une universalité inconstestable, il peut, avec une grande aisance dénuée de toute naïveté, faire naître au cinéma une Nation sans avoir nul besoin de foules ni de slogans polémiques.

Sur sa drôle de monture, un vélomoteur haut en couleur et hors du temps, un berger souriant suffit. Avec comme aventures, la quête d'une carte d'identité, et la perte de la sienne en l'acquérant. "Tharlo" de Pema Tseden, c'est précisément l'histoire d'un homme qu'on surnomme "Tharlo", ce qui signifie "celui qui est libéré", et qui ne sera plus au final que "Ralo", "petite natte"...

Et cela au cours d'un récit qu'aurait pu écrire Giono pour Pagnol, et où il sera question d'un policier chinois, d'une coiffeuse tentatrice et de quelques pétards pour chasser les loups...

"Tharlo" bénéficie d'un noir et blanc d'une grande beauté. Tout aussi magnifique pour montrer les montagnes tibétaines et les chemins qui y mènent, que pour éclairer la petite ville à la modernité toute relative qui sera une "Babylone" minimaliste pour cet homme venu tout droit de l'ère pastorale sur sa pétrolette millénaire.

Ce qui frappe aussi dans le film de Pema Tseden, c'est que son canevas n'est pas artificiellement épuré et, qu'au contraire, avec peu d'éléments, il se construit ici une fiction riche, pas du doute documentaire.

Car les trois personnages ne sont pas des prétextes à un contraste virant au poncif entre ville et campagne, entre Tibet profond et Chine moderne. Le berger n'est pas qu'un stéréotype de paysan inculte et il n'est pas forcément décrit de manière réaliste.

Toute la première partie du film, où il converse avec le policier, définit très bien sa personne et rien n'indique, dans cet être pétri de bon sens, qu'il puisse par la suite se transformer en un personnage crédule vivant une mésaventure banale.

On est donc dans un cinéma beaucoup complexe qu'attendu et l'on sent que Pema Tseden est nourri du meilleur cinéma chinois contemporain et qu'il a dû méditer sur certains films iraniens, à commencer bien sûr par ceux d'Abbas Kiarostami.

Aller voir "Tharlo" de Pema Tseden n'est pas qu'aller voir le premier film tibétain exploité en salles, c'est découvrir un cinéaste qui transcende ses origines et dont le cinéma a d'autres ambitions que de les exploiter pour s'exprimer derrière une caméra.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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