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Moondog New Sound  (Les Disques Bongo Joe / L?Autre Distribution)  décembre 2017

"Wonderful weather for April !" Yes, it certainty was wonderful. I fully agreed with the sentiment expressed at different periods of the day by different members of my family ; but I did not follow their example and seek enjoyment out-of-doors - pleasure in that balmy spring air. Trouble - the first trouble of my life - had laid her hand heavily upon me. The world felt disjointed and all upside-down ; I very helpless and lonely in it. I had two sisters, I had a father and a mother; but none the less was I unable to share my grief with any one of them ; nay, it had been an absolute relief to me when first one and then another of them had left the house, on business or pleasure intent, and I, after watching my father go down the garden-walk, and seeing the gate close after him, knew that, save for Jane, our domestic, who was caroling lustily to herself in the kitchen regions, I was alone in the house". The First Violin, Jessie Fothergill.

Inclassable, presque inconnu, objet de révérence depuis quelques années comme de la plus grande ignorance ou faire valoir d’une culture, Moondog fait partie des compositeurs, pas si anticonformistes que cela (son écriture harmonique et mélodique, et cela était pleinement assumé, était plus académique voire rétrograde qu’avant-gardiste ou même contemporaine), les plus étonnants du XXème siècle. Pas assez sérieux pour le monde classique, trop conceptuel pour celui de la pop, trop écrit pour le jazz, il lui faudra du temps avant d’être compris et accepté.

Louis Thomas Hardin est né dans le Kansas en 1916, sa mère était enseignante et son père fut un temps pasteur évangéliste travaillant dans les réserves indiennes avant de tenir un comptoir d’échange dans le Wyoming, puis deux ranchs pendant quelques années.

Sa jeunesse proche de la nature était rythmée par de nombreux déménagements, par la chasse et la pêche. Par la musique aussi. Si son père lui offrit une batterie en carton à l’âge de cinq ans, sa rencontre avec le chef de la tribu Arapaho qui le fit battre le rythme de la danse du soleil sera déterminante dans la vie du compositeur. On retrouvera toujours en effet une influence de ces musiques dans leur tribalité, dans leur façon d’envisager la pulsation rythmique.

En tout cas, sa vraie formation musicale commencera à l’école pour aveugle de l’Iwoa (il est devenu aveugle suite à un accident avec un bâton de dynamite...) où il y apprendra le piano, l’orgue, le violon, les bases du solfège, de l’écriture et de l’harmonie. Il continuera de se perfectionner seul, en lisant en braille de nombreux livres, compensant sa cécité par un travail encore plus important de l’oreille, se passant du piano pour composer. Des études musicales qu’il poursuivra jusqu’à Memphis avant de partir tenter en novembre 1943 l’aventure à New-York. Il continuera sa formation musicale en assistant aux répétitions du Philharmonique de New-York et côtoyant Leonard Bernstein, Arthur Rodzinski, Stravinsky ou Arturo Toscanini.

En 1947, Louis Thomas Hardin devient Moondog, hommage à son chien Lindy qui hurlait à la lune. Aidé par le docteur Richard M. Williams, féru de musique (il était également pianiste, arrangeur et compositeur), il commence à écrire sa musique en braille. Passionné de mythologie nordique, il se met à s’habiller en viking avec un casque à cornes. Marginal et dans une réelle précarité, il joue ses compositions à l’aide d’instruments de fortunes de sa fabrication (claviers électriques, le Oo ou le Hüs (instruments à cordes triangulaires), le Trimba, Instruments à percussion ressemblants aux structure Baschet...), récite ses poèmes et vit dans la rue. En même temps, il compose, étudie l’improvisation et le jazz et débute en 1949-1950 une série d’enregistrements avec Gabriel Oller pour le label SMC (pour Spanish Music Center à New York, Snaketime Rhythms, Moondog’s Symphonys, Organ Rounds, et Oboe Rounds) puis avec Toni Schwartz sur le label Folkways Records.

Bien qu’en marge de la vie musicale New Yorkaise, il rencontre Miles Davis, Charles Mingus, Duke Ellington ou Charlie Parker avec qui il lie une certaine amitié. Il écrira "Bird’s Lament", un de ses titres les plus célèbres, en hommage au saxophoniste. Suite à sa rencontre avec James Guercio, il enregistre deux disques considérés comme ses plus importants (Moondog en 1969 et Moondog II en 1971) avec le label CBS.

Ces deux enregistrements lui permettent d’acquérir une renommée toute relative et de rencontrer Steve Reich, Philip Glass et Terry Riley (on peut même considérer qu’il fut un temps à la médiane esthétiquement entre Reich et Glass). La beat generation fera de lui une presque icone mais il se retirera doucement pour se concentrer sur ses compositions.

En 1974, on lui propose une série de concerts à Francfort. Une fois arrivé là-bas, il décide de s’y installer définitivement. Il recommence à vivre de nouveau dans la rue mais il est hébergé par Ilona Goebel. Ensemble, ils fonderont Managram, société qui gèrera son corpus d’œuvres qui ne cessera à partir de cette période de s’étoffer (200 mini-symphonies, 600 madrigaux des pièces aux formes courtes, sans compter tout ce qui a était écrit et qui n’a pas encore été retranscrit et qui reste dans les cartons de ses héritiers...). Il fera également l’amère expérience du syndicalisme à la Française quand l’orchestre de Rennes se mettra en grève en pleine représentation d’une de ses œuvres. Malgré une certaine reconnaissance, il décède en 1999 dans l’anonymat.

Ce n’est pas un hasard si autant de musiciens Européens (les saxophonistes Sylvain Rifflet et Raphaël Imbert, le rockeur Stephan Eicher, Katia Labèque pianiste venant du monde du classique, le dj Anglais Mr. Scruff, le groupe pop anglaise Prefab Sprout, Le Cabaret Contemporain, le guitariste et compositeur David Fenech, Joseph Racaille, Dragibus, Groupe d'Essai N°3...) se sont intéressés à sa musique tant Moondog se sentait autant européen qu’Américain, tant sa musique était un pont entre classicisme Européen et musique Jazz ou Amérindienne.

C’est au tour de l’ensemble Ensemble Minisym (Hélène Checco (violon), Benjamin Jarry (violoncelle), Charles-Henry Beneteau (théorbe, guitare), Gwenola Morin (alto), Alexis Degrenier (vielle à roue, percussions), Amaury Cornut (harmonium, grosse caisse) de s’attaquer à son répertoire.

L’ensemble prend comme base de départ le disque New Sound Of An Old Instrument (1979), composé à la base pour grand orgue avec des titres comme "Single Foot", "Oasis", "Barn Dance", "Bug on a floating Leaf", "Log in B"... et des pièces inédites jamais jouées ou enregistrées ("Logrundr in A", "Shneeflocken", "Marche Funèbre (Vercingétorix)", "Ground in D minor" offrant à la musique de Moondog une nouvelle instrumentation interprétation et une nouvelle vision (Amaury Cornut est l’un des spécialistes du musicien, il lui a notamment consacré une très belle et indispensable biographie chez Le Mot Et Le Reste).

Nouvelle instrumentation, nouvelle interprétation, nouvelle réappropriation, par d’excellents musiciens donc, mais on retrouve forcément tout l’univers créatif du compositeur Américain. Ce mélange de rythmes asymétriques et de motifs répétitifs lancinants issus des musiques Amérindiennes et les influences des musiques de la renaissance et du baroque. Cette utilisation de procédés très anciens (canons, contrepoint, fugue) couplée à quelque chose de beaucoup plus moderne en restant dans la tonalité ou la modalité (se refusant toujours d’aller vers l’atonalité) dans une démarche plutôt originale.

Un disque qui rappelle l’excellent Perpetual Motion (A celebration of Moondog) de Sylvain Rifflet. Indispensable pour ceux qui aiment la musique de Moondog et pour ceux qui souhaitent la découvrir.

 

En savoir plus :
Ensemble Minisym sur le site officiel de Murailles Music
Le Bandcamp de Ensemble Minisym
Le Soundcloud de Ensemble Minisym
Le Facebook de Ensemble Minisym


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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