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Théâtre Les Déchargeurs  (Paris)  février 2018

Comédie dramatique d'après le roman éponyme de Jospeh Andras, mise en scène de Fabrice Henry, avec François Copin, Clémentine Haro, Vincent Pouderoux et Thomas Resendes.

A l'origine, "De nos frères blessés" est un roman de Joseph Andras, paru chez Actes Sud, Goncourt du premier roman en 2016.

Comme "Meursault contre enquête" de Kamel Daoud, lui aussi Goncourt du premier roman l'année précédente et lui aussi paru chez Actes Sud, le livre de Joseph Andras revient sur la Guerre d'Algérie.

Cette fois-ci du côté des pieds-noirs, mais un pied-noir bien particulier puisqu'il s'agit d'un ouvrier communiste favorable à la cause indépendantiste au point de vouloir faire sauter une bombe dans son usine.

Une bombe, précise bien l'auteur et son adaptateur théâtral Fabrice Henry, destinée à ne pas faire de victimes puisque le jeune homme qui la fabrique, Fernand Iveton, prévoit de la disposer dans un placard et de la faire exploser à une heure où personne ne sera présent sur les lieux.

Mais il est dénoncé avant même de mettre sa bombe en état de marche. Arrêté, torturé, il est finalement guillotiné, appartenant à ce groupe de 38 militants algériens de toutes origines qui ne trouvèrent pas un avocat en François Mitterrand, ministre de l'intérieur, mais un procureur qui "conseilla" à René Coty, président de la République, de ne pas pas user de son droit de grâce.

Dans la version théâtrale de "De nos frères blessés", le nom de Mitterrand n'est prononcé qu'une fois, en catimini, et comme le texte, la pièce, est très favorable à l'accusé, en relevant constamment que sa tentative avortée ne devait pas faire de victimes. Sans doute Joseph Andras et Fabrice Henry ont-ils oublié qu'en droit français "l'intention vaut l'action" quel que soit le régime en place...

On acceptera donc ce biais idéologique et l'on jugera le dispositif mis en place par Fabrice Henry. Un dispositif "citoyen" où l'acteur-narrateur (Thomas Resendes) parle au public, l'interpelle, et, à l'instar des autres comédiens, va et vient dans la salle. La scène, elle, n'a pour décor que quelques chaises que viendront, dans la scène finale, occuper des spectateurs concernés, convaincus, devenus au fil du déroulement du texte des soutiens post-mortem de Fernand Iveton.

Car sa parole est portée chaleureusement par les quatre protagonistes. Si l'on n'a pas lu le roman de Joseph Andras, il sera difficile d'apprécier comment est adapté son contenu. Car ici, pas vraiment de dialogues, mais un constant récitatif d'un texte qui paraît si écrit qu'on a l'impression d'assister à la lecture du roman dans son entier. Un texte précis, clinique, qui raconte par le détail ce qu'il est advenu et qui est simplement ponctué des monologues plus ou moins long des personnages.

Ce dispositif est efficace et François Copin, Clémentine Haro, Vincent Pouderoux et Thomas Resendes savent rendre respectable la cause défendue par Fernand Iveton. Ils distillent même une vraie émotion à mesure que la guillotine se rapproche du cou du jeune homme.

On pourra cependant reprocher au texte de ne pas tenir vraiment compte de la complexité de l'époque. C'est plus facile aujourd'hui de raconter les "événements d'Algérie" quand on connaît le sens qu'a pris l'Histoire et que, certainement, elle devait de toute façon prendre.

Ce manichéisme ne nuit pas à l'intérêt du travail de Fabrice Henry qui aurait sans doute jadis monté les pièces existentialistes de Gabriel Marcel, aimé les grandes causes défendues dans les films de Constantin Costa-Gavras et admiré les spectacles participatifs de Robert Hossein.

 

Philippe Person         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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