Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce J'ai tué Barbara suivi de La Chanson de Madame Rosenfelt
Pierre Notte  (Editions Philippe Rey)  janvier 2018

En 2018, à l'approche de la cinquantaine, le comédien, romancier, compositeur de chansons, auteur dramatique et metteur en scène Pierre Notte, figure du paysage théâtral français reconnu par la profession et connaissant un succès tant critique que public*, trois opus à l'affiche en 2017 "La nostalgie des blattes", "Night in white Satie, l'Adami fête Satie" et "L'histoire d'une femme", procède à une nouvelle édition de son premier roman intitulé "La chanson de Madame Rosenfelt".

Publié en 1993, il constitue le premier texte, sans doute fondateur, certainement, salvateur, et, peut-être d'exorcisme, d'un jeune homme de 24 ans en quête d'amour et de reconnaissance. De reconnaissance non seulement de sa vocation d'écriture mais de celui qu'il aime, mais qui l'a quitté, et qui lui a inspiré ce texte, l'homme de lettres Julien Cendres.

Ce roman, au demeurant préfacé par ce dernier qui le qualifie de "tragédie lente", relate par la voix d'un jeune homme engagé comme dame de compagnie, l'histoire d'une chanteuse qui vit recluse après la perte de sa voix.

Roman fondateur parce qu'il lui permet d'impressionner Julien Cendres qui vient le voir après une tentative de suicide subséquente ("il a été impressionné, j'ai réussi mon coup, mon roman, le premier, il est là, qui fait de moi son petit Radiguet").

Salvateur parce qu'il l'a envoyé à Barbara qui lui a répondu et l'a sorti de son trou noir.

Mais cela découle d'un autre texte intitulé "J'ai tué Barbara" qui matériellement le précède dans l'édition 2018, un texte écrit en 2017, de nouveau sur l'impulsion de Julien Cendres, ayant pour sujet Barbara et son premier roman.

Julien Cendres, figure majeure, essentielle, sur laquelle s'ouvre et se clôt le récit, l'aîné aimé qui lui conseille de s'acorder un peu de douceur pour vieillir sans peur et qui clôturait ainsi sa préface : "Pierre Notte, écrivain de vingt ans et de la fin d'un monde, absent présent et voyeur roi, c'est l'ange (de la mort) qui, seul l'accompagne...".

Ainsi relate-t-il la passion défunte de Pierre Notte pour la chanteuse et l'histoire de l'écriture du roman, les deux étant indissociablement liés à sa vie personnelle ce qui le fait donc également ressortir à l'autobiographique.

Ce texte se développe en chapitres courts titré par le prénom des personnes qui ont traversé sa vie, celui d'anonymes comme le fiancé de sa soeur qui le déniaise sans ménagement à celui de Marlène Amar qui l'initie au journalisme et Nicole Croisille.

Barbara, l'unique ("Personne n'a chanté l'amour comme Barbara"), est le fil rouge de la vie de Pierre Notte biberonné aux chansons d'amour mélodramatiques qui aident sa mère à surmonter la pénibilité de la vie avec un mari alcoolique et violent. Il s'identifie avec la chanson "Pierre" ("Elle parle de moi, elle me connait, elle dit que mon prénom est un prénom magique") qui constitue un déclic pour apprendre en autodidacte à jouer du piano.

Mais lors du concert à Mogador en 1990, "elle n'a plus la même voix, elle danse, une danse macabre, bouge son corps en fantôme de douleur" et elle est devenue "un monstre d'obscénité, gestes appuyés... en appuyant de ses doigts lourds sur des notes fausses". Et comme une idole qu'on abat, Pierre Notte tue Barbara, l'amour n'est plus.

Ce qui éclaire le roman, dont la protagoniste pourrait être un clone idéalisé dans le tragique de Barbara avec le renoncement pour éviter le pathétique, que Pierre Notte résume comme "l'histoire d'une femme qui chantait, qui a connu la reconnaissance, mais dont la voix s'est perdue... qui a perdu sa voix, son élan, sa jeunesse ou sa grâce, qui refuse l'amour naissant, trop dangereux, trop de douleurs à venir et de regrets à anticiper déjà"

Quant à l'écriture du roman, elle se déroule à une période de la vie d'une personnalité-limite, borderline et même overline, à la dérive morbide ("

, qui n'est pas encore sorti de ce qu'il ressent comme des "trous obscurs" et des "caves à torture", entre addictions médicamenteuses et tentatives de suicide.

Car depuis l'enfance, il est en quête d'amour tout en entretenant un rapport ambigu et paradoxal avec l'amour ("Je n'aime pas, j'aime être aimé", "Je ne sais pas aimer. J'aime pour être aimé") imbriqué avec la reconnaissance de soi ("Je vais être aimé comme personne et le dirai je t'aime de temps en temps pour relancer la machine") comme avec la vie et la mort ("Je suis prêt à vivre n'importe quoi" , "J'ai vingt-trois ans, je vis seul je n'irai pas plus loin").

Pierre Notte relate son parcours et révèle avec une grande lucidité la détresse psychologique qui a miné ses jeunes années ("Je porte ma haine de moi, difficulté d'être et mal de vivre tricotés ensemble, sans comprendre"), les psycho-traumatismes, l'anxiété et le vide existentiel comme qui ont généré un comportement autodestructeur tous azimuts

Automutilations ("J'ai à peine dix ans quand ça commence. Les coupures, les brulures,les conneries, les violences. A seize ans je m'attaque aux poignets"), vols, addictions médicamenteuses, prostitution occasionnelle, sexualité homosexuelle violente et tentatives de suicide, autant d'appels muets sans réponse et autopunitions récurrentes, émaillent ce récit rétrospectif et cathartique saisissant pour "avec le soleil noir, enfin en finir".

 
* "2 petites dames vers le Nord"
"Bidules, trucs"
"C'est Noël Tant pis !"
"Et l’enfant sur le loup"
"Journalistes"
"La chair des tristes culs"
"Les couteaux dans le dos, les ailes dans la gueule"
"Ma folle otarie"
"Par la fenêtre, ou pas !"
"Pédagogies de l'échec"
"Perdues dans Stockholm"
"Pour l’amour de Gérard Philipe"
"Se mordre"
"Sortir de sa mère"
"Sur les cendres en avant"

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 9 décembre 2018 : l'empire d'essence

Pénurie d'essence peut être, mais pas de pénurie des sens avec notre sélection hebdomadaire à lire, à voir et à écouter. C'est parti sans plus attendre pour une semaine de plaisirs.

Du côté de la musique :

"L'allégresse" de DaYtona
"C'est la vie" de Phosphorescent
"Oak leaf" de Raoul Vignal
"Karl Maria Von Weber : Symphonie N 1 & concertos" de l'Orchestre Victor Hugo, Jean François Verdier, Nicolas Baldeyrou, David Guerrier et Thomas Bloch
"City walk" de Adrien Chicot
"Tribute to an imaginary folk band" de Bedmakers
Rencontre avec Emma Solal, accompagnée d'une session acoustique aux couleurs de l'Italie
"Valdevaqueros" de Fred Nevché
"Chapitres V et VI" de La Pietà
"Parallel universe blues" de Papercuts
et toujours :
"Persuasive" de Persuasive
"About Bridges" de Régis Boulard et Nico Sacco
"No tourists" de The Prodigy
"Kings and bastards" de Roberto Negro
"Tout bleu" de Tout Bleu"
Plutôt me rendre" de Anne Darban
Nicolas Vidal en interview accompagnée de sa Froggy's session live, autour de son album "Bleu Piscine"
"Il était fou" de JUR
"Young girls punk rock" de Lilix & Didi
Mokado, Clozee et Grandepolis dans une sélection singles et EP
"S/T" de The Balkanys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Antigone" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Love, Love, Love" au Théâtre de Belleville
"Un Picasso" au Studio Hébertot
"Bérénice Paysages" au Théâtre de Belleville
"J'admire l'aisance..." au Studio Hébertot
"Le Double" au Théâtre 14
"J'ai des doutes" au Théâtre du Rond-Point
"L'Ecole des femmes" au Théâtre Dejazet
"Kiss & Cry" à la Scala
"Dans ma chambre" au Théâtre La Flèche
"F(r)iction" au CNAC de Châlons-en-Champagne
les reprises :
"Stuck Plastik, une pièce en plastique" au Théâtre-Studio d'Alfortville
"Aglaé" au Théâtre du Rond-Point
"L'Ombre de la baleine" au Théâtre Lepic
"ABC D'airs" au Théâtre Le Lucernaire
"Barbara amoureuse" au Théâtre Essaion
la chronique des spectacles de novembre
et la chronique des autres spectacles de décembre

Expositions avec :

"La Galerie des Sculptures" au Petit Palais
"Youssef Chahine" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Pachamama" de Juan Antin
"Utoya 22 juillet" de Erik Poppe
"Rêver sous le capitalisme" de Sophie Bruneau
"Le sous bois des insensés" de Martine Deyres
Oldies but Goodies avec :
"Le Solitaire" de Michael Mann dans le cadre de la Rétrospective James Caanà la Cinémathèque française
et "La Cousine Bette" de Max de Rieux dans le cadre du Cycle Balzac à la Cinémathèque française
la chronique des sorties de novembre
et la chronique des autres sorties de décembre

Lecture avec :

"Le coup d'état Macron, le Prince contre la nation" de Guillaume Larrivé
"Allez tous vous faire foutre" de Aidan Truhen
"Dialectique de la pop" de Agnès Gayraud
"Inconnu à cette adresse", "84, Charing cross road" et "Les heures silencieuses" de Kressmann Taylor, Helene Hanff et Gaëlle Josse
"Pierre Laval, un mystère français" de Renaud Meltz
et toujours :
"Humains dans la rue : Histoires d'amitiés, avec ou sans abri" de Jean Marc Potdevin, Anne Lorient et Lauriane Clément
"Le meurtre du commandeur, livre 2 : La métaphore se déplace" de Haruki Murakami
"Les vérités cachées de la guerre d'Algérie" de Jean Sévillia
"No society" de Christophe Guilluy
"Séance infernale" de Jonathan Skariton
"Tous les Mayas sont bons" de Donald E. Westlake

Froggeek's Delight :

bientôt Noël... pensez aux cadeaux
"Assassin's Creed : Odyssey" sur PS4, XBOXONE, PC Windows
"Astrobot rescue mission" jeu en réalité virtuelle sur PS4
"Marvel's Spider-Man" en exclusivité sur PS4
"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=