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puce L'Etat islamique de Mossoul
Hélène Sallon  (Editions La Découverte)  février 2018

Après avoir lu l’excellent dernier livre de Régis Le Sommier, Assad, qui nous proposait un portrait sans concession du dictateur syrien, me voilà maintenant en compagnie d’une autre journaliste, Hélène Sallon, qui travaille au Monde. Arabisante, elle a couvert entre mi-octobre 2016 et mi-juillet 2017, la bataille de Mossoul, en Irak, et a passé plus de quatre mois sur le terrain à suivre l’offensive des forces irakiennes contre le groupe djihadiste et à enquêter sur son règne à Mossoul.

De cette expérience, Hélène Sallon en a tiré un livre dans lequel elle décrit l’Etat islamique de Mossoul, la capitale économique de Daesh qu’elle présente comme une entreprise totalitaire. En préambule, l’auteur nous propose deux cartes ; l’une sur l’Irak pour situer cette ville de Mossoul dans ce pays, l’autre est un plan précis de la ville de Mossoul pour mieux comprendre l’organisation de cette ville peuplée de musulmans sunnites et de chrétiens.

En prologue, comme tout bon journaliste, Hélène Sallon prend le soin de nous expliquer son enquête en annonçant ces sources. Elle nous explique que la libération de cette ville récemment a permis de lever un voile sur la réalité du projet politique et social de l’Etat islamique, rappelant son ampleur et ses objectifs. Parmi ses sources, se trouve un personnage important, son œil de Mossoul, Mossoul Eye, un habitant qui a donné de nombreuses informations sur la ville et ses bourreaux grâce aux réseaux sociaux. Il a cessé pendant quelques temps de donner des infos quand cela devenait trop dangereux pour lui, puis en transmis ensuite par SMS à un ami habitant à Bagdad qui les relayait sur les réseaux sociaux quand les membres de l’Etat Islamique se sont mis à contrôler l’internet dans la ville. Hélène Sallon s’est ensuite appuyée sur des témoignages inédits recueillis auprès des habitants de Mossoul.

On apprend comment les djihadistes ont séduit de nombreux habitants une fois la ville prise, à coup de propagande et d’aides sociales aux plus défavorisés. On voit ensuite comment ils ont rapidement imposé leur idées, parfois les plus grotesques. La chicha se retrouve interdite, les jeux de cartes aussi, on coupe la tête aux joueurs de baby-foot pour qu’ils ne ressemblent plus à des statues. Le port du Niqab devient obligatoire pour les femmes qui peu à peu désertent les rues. Les femmes ayant commis l’adultère se retrouvent lapidés. On voit la situation des chrétiens évoluée rapidement. Ils sont rackettés, kidnappés quand les églises se voient confisquées.

Rapidement la mainmise sur l’économie se fait. Mossoul était une ville riche, située à un carrefour de routes commerciales, à proximité de champs pétrolifères et d’exploitations agricoles. Un racket s’organise, un impôt officiel est mis en place. Très rapidement, l’Etat Islamique va se constituer un petit pactole. Mossoul va devenir la capitale économique de l’Etat islamique quand Raqqa était sa capitale politique.

Très vite, la vie des habitants se retrouve sous contrôle de ces fous de Dieu. Les femmes n’ont plus aucun droit. Un projet universitaire est mis en place. Des disciplines sont imposées quand d’autres sont supprimées. La géographie se retrouve interdite car elle ne reconnaît pas les terres d’Islam et les terres de mécréants ! La violence et la terreur sont partout. On coupe les mains des voleurs, on défenestre les homosexuels.

La mainmise se fait aussi sur le secteur de la santé avec le contrôle de l’hôpital qui voit ses effectifs diminuer avec les nombreuses fuites du personnel à l’arrivée des djihadistes. Un ordre social, enfin, se met en place, le drapeau noir flotte dans toute la ville, une administration se développe. L’Etat islamique terrorise la population, particulièrement sa jeunesse qu’elle souhaite en même temps former à la guerre. L’école doit devenir le pivot du projet de recrutement et d’endoctrinement de l’Etat Islamique. La culture, elle est détruite, laissant le patrimoine historique de la région complètement détruit.

Un chapitre est consacré à la situation particulière des Yézidis qui ont connu l’enfer sous l’Etat Islamique du fait de leurs croyances ésotériques. Beaucoup de femmes Yézidis sont devenues des esclaves sexuelles.

L’Etat islamique de Mossoul est donc une brillante enquête sur une ville où la vie et la mort cohabitent. C’est aussi une enquête sur une organisation totalitaire effrayante qui aura duré trois ans mais qui aura des répercussions sur plusieurs générations de Mossouliotes. Mossoul est devenu un champ de ruine composé d’une population traumatisée constituée de gens qui ont suivi les djihadistes et d’autres qui les combattus. La réconciliation des populations sera longue et compliquée.

Pour Mossoul aujourd’hui, la tâche est immense.

 

Jean-Louis Zuccolini         
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# 16 septembre 2018 : Un été sans fin

On n'est pas trop mal sous le soleil de septembre. Il faut bien cela pour faire oublier un peu l'actualité politique et sociale. Pour se détendre, voici notre petit programme culturel hebdomadaire, notamment avec de la musique, des spectacles à foison, la rentrée des expositions, une sélection de films et toujours de la littérature. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Let my children hear Mingus" de Géraud Portal
"Joy as an act of resistence" de Idles
"Move through the dawn" de The Coral
"Reiði" de Black Foxxes
"Rising, la fin de la tristesse" de Blaubird
"Idomeni" de No Mad ?
"Sun on the square" de The Innocence Mission
et entre livre et musique "Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe

et toujours :
"June" de Brendon Anderergg
"Comme de Niro" de Madame Robert
"Neige à Londres" de Eles
Retour sur la 28eme édition du Festival de la Route du Rock de Saint Malo
Interview avec Judith Owen en concert le 17 septembre au 3 Baudets
le Rock chic de Thomas Breinert, découverte à prolonger par l'écoute de la session acoustique.

Au théâtre :

les nouveautés :
"Infidèles" au Théâtre de la Bastille
"Dialogue aux Enfers" au Théâtre de Poche-Montarnasse
"Le C.V. de Dieu" à la Pépinière Théâtre
"Signé Dumas" au Théâtre La Bruyère
"Solaris" au Théâtre de Belleville
"L'éternel premier" à La Pépinière Théâtre
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"Galilée, Le Mécano" au Théâtre de la Reine Blanche
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les reprises :
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"Cyrano de Bergerac" au Théâtre Le Ranelagh
"Une ombre dans la nuit" au Théâtre Le Ranelagh
"La Loi des Prodiges" au Théâtre du Petit Saint Martin
"Gérémy Crédeville - En vrai le titre on s'en fout" à la Comédie de Paris
"Fabrice Petithuguenin - C'est compliqué" au Théâtre Le Bout
"Manon Mezadorian - Pépites" au Théâtre du Marais
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Expositions avec :

"Picasso : Chefs d'oeuvre !" au Musée national Picasso
"Country Life - Chefs d'oeuvre de la Collection Mellon" au Musée de la Chasse et de la Nature

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les films de la semaine :
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Ciné en bref avec :
"Blackkklansman" de Spike Lee
"Whitney" de Kevin Macdonald
"Photo de famille" de Cecilia Rouaud
"Bonhomme" de Marion Vernoux
et la chronique des autres sorties de septembre

Lecture avec :

"Au loin" de Hernan Diaz
"Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe
"Federica Ber" de Mark Greene
"K.O." de Hector Mathis
"L'extase totale" de Norman Ohler
et toujours :
"Ce que l'homme a cru voir" de Gautier Batistella
"Dans la chambre noire" de Susan Faludi
"L'écart" de Amy Liptrot
"La femme à part" de Vivian Gornick
"Sous les branches de l'udala" de Chinelo Okparanta
"Wild side" de Michael Imperioli

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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