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puce La Double Inconstance (ou presque)
Théâtre Gérard Philippe  (Saint-Denis)  mars 2018

Comédie d'après l'oeuvre de Marivaux mis e en scène par Jean-Michel Rabeux, avec Morgane Arbez, Aurélia Arto, Claude Degliame, Hugo Dillon, Roxane Kasperski et Christophe Sauger.

D'abord une question : pourquoi cette parenthèse "(ou presque)" alors qu'on assiste à l'adaptation de "La Double Inconstance" par Jean-Michel Rabeux plus que "presque" fidèle au texte de Marivaux ?

Modestie ? Fausse piste ? On ne tranchera pas mais peut-être y verra-t-on la préfiguration à la fin pessimiste que le metteur en scène ajoute, sans avoir besoin d'ajouter un mot à la comédie de Pierre Carret puisqu'à l'instar de Pierre Ménard, auteur d'un "Don Quichotte" en tout point pareil à celui de Cervantès selon Jorge Luis Borges, pour Jean-Michel Rabeux, c'est Pierre Carlet le véritable auteur de "La Double inconstance"... Or Pierre Carlet est le vrai nom de Marivaux... Presque le vrai nom dirait Rabeux et l'on en finirait alors plus..

Reste qu'on assiste à une "Double Inconstance" faussement joyeuse, faussement évidente puisque ce qui arrive à Arlequin (Hugo Dillon) est aujourdhui le principe de la collection Harlequin : les jolies roturières telles Sylvia (Morgane Arbez) peuvent épouser les Princes (Claude Degliame) et les gars de la campagne prétendre ne pas s'en offusquer en s'accordant avec des conseillères en communication comme la belle Flaminia (Roxane Kasperski).

Mais est-ce si simple ? Et cette manipulation orchestrée avec l'aide de tous ceux qui sont à son service, comme l'intrigant Trivelin (Christophe Sauger) ou la belle coquette Lisette (Aurélia Arto), n'est-elle pas un jeu de dupes qui se paie cash après la dernière réplique troussée par Pierre Carlet dit Marivaux ?

"La Double Inconstance" est créée au moment où s'achève la "Régence", cette parenthèse libérale et libertine entre les règnes de Louis XIV et de Louis XV. L'absolutisme, pour quelques mois, est oublié et le texte de Marivaux en est l'expression.

Mais ce n'est qu'une pause avant la catastrophe que sera le règne de Louis XV, d'où ici cet abus de hauts talons, de perruques rose ou jaune flashies, ces acteurs travestis en femmes et ces actrices en hommes. Tout est sans dessus dessous, même si le prince est en réalité déjà maître du jeu, qu'il étend son droit d'aimer sur toutes ses sujettes, même celles qui ont déjà des engagements amoureux...

Rabeux a-t-il voulu, sans en avoir l'air, juste avec un "presque", définir une analogie avec 2018 où les princes et les bergères peuvent théoriquement s'aimer de leur plein gré... mais où rien ne se passe comme ça, d'où l'impasse nihiliste finale ?

On restera dans l'expectative, tout en admettant que tout ce qui paraît pure gratuité, comme par exemple l'inévitable passage rock, ou l'idée que ce soit la grande Claude Degliame qui joue le Prince (grimée et poussant sa voix vers les graves avec une conviction totale), n'affecte pas la qualité de l'ensemble.

Au moment où triomphe "Le Jeu de l'amour et du hasard" monté par Catherine Hiegel, le travail de Jean-Michel Rabeux, moins classique et plus risqué, explore une autre voie possible pour expliquer pourquoi l'oeuvre de Marivaux résonne encore aujourd'hui.

En effet, il prouve sans en avoir l'air que ce que dénonçait, à son époque, l'auteur de la "Double Inconstance" a toujours cours, c'est-à-dire l'éternel combat de classes sociales antagonistes qui s'affrontent, toujours et encore, sur le terrain du pouvoir et de l'amour.

Une belle leçon pour un beau spectacle maîtrisé et sans fausses notes avec une distribution brillante, parmi laquelle, outre Claude Degliame, on soulignera la performance de Morgane Arbez en Silvia et celle de la piquante Aurélia Arto en Lisette.

 

Philippe Person         
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21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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