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puce Van Dongen & le Bateau-Lavoir
Musée de Montmartre  (Paris)  Du 16 février au 26 août 2018

Kees Van Dongen compte parmi les neuf figures consacrées de la peinture néerlandaise qui scandent l'exposition "Les Hollandais à Paris 1789-1914" proposée au Petit Palais dans le cadre de l'Année culturelle néerlandaise en France. » (2017-2018),

Concomittament, l'exposition monographique lui est consacrée, "Van Dongen & le Bateau-Lavoir" se tient fort logiquement au Musée de Montmartre, dès lors qu'elle est retrace sa période montmartroise lorsqu'il a commencé à travailler au fameux Bateau-Lavoir puis dans des ateliers rue Lamarck en 1908 et rue Saulnier jusqu'en 1913.

Une période fondatrice que les commissaires Anita Hopmans, responsable de recherche à l'Institut Néerlandais d’Histoire de l’Art de La Haye, et Saskia Ooms, responsable de la conservation au Musée de Montmartre, proposent de (re)découvrir en une soixantaine d'oeuvres dispensées dans un didactique parcours chronologique scénographié par l'Atelier Maciej Fiszer qui a joué la carte de la couleur pour dynamiser l'espace muséal.

Van Dongen à Montmartre, la naissance d'un Fauve

Comme ses homologues compatriotes, Van Dongen vient à Paris en 1897 dans le cadre d'un voyage en France comparable au voyage en Italie du 18ème siècle, mais y revient en 1899 pour y rester et y faire belle carrière.

Car "l'indésirable venu des polders de la Hollande" aux idées libertaires est en quête tant de reconnaissance artistique que de notoriété et, dès 1904, il affirme son ambition picturale.

Ainsi il expose au Salon des Indépendants et dans les galeries parisiennes ayant pignon sur rue avec des paysages néo-impressionnistes, dans lesquels se sent l'influence de son aîné et compatriote Van Gogh ("Le Sacré Choeur-Matin", "Maisons à Montmartre", "La pente aux arbres"), des scènes de genre expressionnistes ("Le Moulin Rouge-Le Promenoir", "Les Fêtards") et des portraits qui annoncent le Fauve. ("Femme rattachant son jupon", "La buveuse d'absinthe").

Car il saura oeuvrer de manière stratégique en se positionnant en outsider pour se démarquer des deux pôles de son temps, le cubisme de Picasso et le modernisme décoratif de Matisse en optant pour le fauvisme et la figuration expressionniste, privilégiant le genre du portrait alors décrié et qui en fera un acteur du Tout Paris cosmopolite des Années Folles.

En 1905, Van Dongen devient “le grand incendiaire de la peinture” avec son parti-pris d'une chromatisme violent qui préside aux toiles qui immortalisent les lieux de divertissement populaire de la Butte tel le cirque, les carrousels ("Le manège de cochons") et les cabarets et ses protagonistes ("Les artisans du cirque", "L'écuyère", "Portrait de vieux clown").

Et surtout il crée un archétype féminin singulier et unique, avec son grand regard cerné de noir et sa chair voluptueuse, indissociablement lié à son nom pour le grand public, dont le prototype est "Les deux yeux" et le modèle Fernande Olivier dont le portrait est retenu pour l'affiche de l'exposition.

Ce traitement stylistique, qui lui vaut d'être copieusement éreinté par le critique d'art André Salmon comme "le peintre des boudoirs payants, des lupanars, du retroussé", nul dans l'art de la composition, qui confond sa palette de couleurs avec la boîte à maquillage des prostituées", s'épanouit jusqu'au monumental tableau intitulé "Les Lutteuses de Tabarin" par lequel il défie les picassiennes "Demoiselles d’Avignon".

En 1912, il abandonne Montmartre et traverse la Seine pour s'installer à Montparnasse, le nouveau pôle culturel avant-gardiste parisien. Finie la vie de bohême, Vive la période cocktail ! Ses modèles ne sont plus les petites femmes de Pigalle à la sensualité plébéienne mais les dames alanguies du "beautiful people" de la Rive gauche aisée pour lesquelles il use d’un naturalisme stylisé et d'une palette pastellisée.

Mais ceci est une autre histoire...

 

En savoir plus :

Le site officiel du Musée de Montmartre

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation du Musée de Montmartre


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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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