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Théâtre Dejazet  (Paris)  mars 2018

Comédie de Ivan Tourgueniev, mise en scène de Alain Françon, avec Nicolas Avinée, Jean-Claude Bolle-Reddat, Laurence Cote, Catherine Ferran, Philippe Fretun, Anouk Grinberg, India Hair, Micha Lescot, Guillaume Levêque et, en alternance Thomas Albessard, Quentin Delbosc-Broué et Anton Froehly.

Avant Anton Tchekhov était Ivan Tourgueniev et, coutumier du premier, Alain Françon monte l'opus dramatique majeur du second, "Un mois à la campagne", une comédie de moeurs dont l'intrigue évoque la villégiature goldonnienne déclinée à la russe.

Au gré d'une humeur pouvant être qualifiée de fantasque à une époque où le trouble bipolaire n'a pas encore émergé des limbes psychiatriques, Natalia Petrovna (Anouk Grinberg) règne en diva sur sa maisonnée, son mari Arkady (Guillaume Levêque), homme désenchanté, propriétaire terrien progressiste et mari bon bougre, Radikine Micha Lescot), l'ami de celui-ci et amoureux transi, son fils, sa belle-mère collet-monté (Catherine Ferran), sa jeune pupille Vera (India Hair) et les "ancillaires"de la gouvernante (Laurence Cote) au médecin de campagne (Philippe Fretun).

Un nouveau venu engagé comme précepteur (Nicolas Avinée), jeune étudiant qui a la beauté rustre et la vitalité de la jeunesse plébéienne, va éveiller la libido chez la jeune fille et susciter une envie de passion amoureuse chez la femme.

Car le personnage central de Natalia entre en résonance avec de futurs et mémorables avatars romanesques, Anna Karénine, Emma Bovary et Lady Chatterley, bien que pour elle, contrairement à celles-ci, le principe de réalité, par ailleurs consolidé par fuite du jeune homme sans doute ambitieux peu séduit par l'alternative jeune fille désargentée/femme mariée menant beau train de vie, la ramène à un salutaire pragmatisme.

Mais tel "un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages" comme le définit avec lucidité Radikine, ce personnage plus pinterien que pasolinien de l'étranger impromptu, va néanmoins bouleverser l'ordre établi et vider le petit théâtre de la maîtresse de maison.

Rien ne sera plus comme avant car il s'ensuit le départ de Radikine, de Vera qui, par dépit et stratégie d'indépendance, accepte un mariage avec un barbon riche et peu exigent (Jean-Claude Bolle-Reddat) et même de la gouvernante qui va changer de statut en épousant le docteur.

Alors certes, la déception amoureuse du premier amour non partagé, la rivalité amoureuse et les tergiversations entre amour et devoir constituent le coeur de cible de l'opus mais il est passionnant d'y découvrir, alors qu'écrit en 1850, et au détour de scènes qui peuvent sembler anecdotiques, avec la diatribe du médecin, tant une virulente critique sociale contre la classe dominante qu'un jugement radical à l'encontre de la gent féminine et de son pouvoir de séduction et de manipulation des hommes.

Le texte, tel qu'il ressort de l'allègre traduction-adaptation de Michel Vinaver, rend compte des différents registres d'une partition placée sous l'obédience de la comédie mais qui navigue entres scènes de pure comédie et parodie mélodramatique en passant par la dramatique comédie des sentiments.

En délicats costumes pastel confectionnés par Marie La Rocca, les protagonistes de ce microcosme saturé par un ennui délétère évoluent, sous les douces lumières de Joël Hourbeigt, dans un décor de Jacques Gabel, esquisse de terrasse et de jardin impressionniste en fond scène aux allures de vieille photo jaunie qui, en autres temps et lieux, pourrait évoquer l'atmosphère des Fêtes galantes.

Alain Françon dirige avec efficacité une distribution judicieuse et de haut niveau quant à la qualité de l'interprétation, avec une mention spéciale à India Hair et Nicolas Avinée dans cette déclinaison des jeunes premiers et Micha Lescot classieux en dandy célibataire-coucou de vaudeville.

Et, dans le premier rôle, un rôle taillé sur mesure qui lui permet d'embrasser quasiment tout les emplois du répertoire classique, de l'amoureuse à l'héroïne tragique en passant par la coquette et la victime mélodramatique, Anouk Grinberg subjugue.

 

MM         
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# 16 septembre 2018 : Un été sans fin

On n'est pas trop mal sous le soleil de septembre. Il faut bien cela pour faire oublier un peu l'actualité politique et sociale. Pour se détendre, voici notre petit programme culturel hebdomadaire, notamment avec de la musique, des spectacles à foison, la rentrée des expositions, une sélection de films et toujours de la littérature. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Let my children hear Mingus" de Géraud Portal
"Joy as an act of resistence" de Idles
"Move through the dawn" de The Coral
"Reiði" de Black Foxxes
"Rising, la fin de la tristesse" de Blaubird
"Idomeni" de No Mad ?
"Sun on the square" de The Innocence Mission
et entre livre et musique "Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe

et toujours :
"June" de Brendon Anderergg
"Comme de Niro" de Madame Robert
"Neige à Londres" de Eles
Retour sur la 28eme édition du Festival de la Route du Rock de Saint Malo
Interview avec Judith Owen en concert le 17 septembre au 3 Baudets
le Rock chic de Thomas Breinert, découverte à prolonger par l'écoute de la session acoustique.

Au théâtre :

les nouveautés :
"Infidèles" au Théâtre de la Bastille
"Dialogue aux Enfers" au Théâtre de Poche-Montarnasse
"Le C.V. de Dieu" à la Pépinière Théâtre
"Signé Dumas" au Théâtre La Bruyère
"Solaris" au Théâtre de Belleville
"L'éternel premier" à La Pépinière Théâtre
"1830 Sand Hugo Balzac : tout commence..." au Théâtre Essaion
"Galilée, Le Mécano" au Théâtre de la Reine Blanche
"Vipère au poing" au Théâtre Le Ranelagh
"4.48 Psychose" au Théâtre La Croisée des Chemins
les reprises :
"La Nostalgie des blattes" au Théâtre du Petit Saint-Martin
"Cyrano de Bergerac" au Théâtre Le Ranelagh
"Une ombre dans la nuit" au Théâtre Le Ranelagh
"La Loi des Prodiges" au Théâtre du Petit Saint Martin
"Gérémy Crédeville - En vrai le titre on s'en fout" à la Comédie de Paris
"Fabrice Petithuguenin - C'est compliqué" au Théâtre Le Bout
"Manon Mezadorian - Pépites" au Théâtre du Marais
et la chronique des autres spectacles de septembre

Expositions avec :

"Picasso : Chefs d'oeuvre !" au Musée national Picasso
"Country Life - Chefs d'oeuvre de la Collection Mellon" au Musée de la Chasse et de la Nature

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Leave No Trace" de Debra Granik
"L'Amour est une fête" de Cédric Anger
"Sugarland" de Damon Gameau
Oldies but goodies avec : "Rue des Cascades" de Maurice Delbez en version remastérisée
Ciné en bref avec :
"Blackkklansman" de Spike Lee
"Whitney" de Kevin Macdonald
"Photo de famille" de Cecilia Rouaud
"Bonhomme" de Marion Vernoux
et la chronique des autres sorties de septembre

Lecture avec :

"Au loin" de Hernan Diaz
"Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe
"Federica Ber" de Mark Greene
"K.O." de Hector Mathis
"L'extase totale" de Norman Ohler
et toujours :
"Ce que l'homme a cru voir" de Gautier Batistella
"Dans la chambre noire" de Susan Faludi
"L'écart" de Amy Liptrot
"La femme à part" de Vivian Gornick
"Sous les branches de l'udala" de Chinelo Okparanta
"Wild side" de Michael Imperioli

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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