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Samuel Maoz  avril 2018

Réalisé par Samuel Maoz. France/Israel/Allemagne. Drame/Guerre. 1h53 (Sortie le 25 avril 2018). Avec Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray, Shira Haas, Karin Ugowski, Yehuda Almagor, Yaakov Zada Danie et Irit Kaplan.

"Foxtrot" de Samuel Maoz fait partie de ces films israéliens que les Israéliens ne verront pas ou ne voudront pas voir.

Comme les films d'Amos Gitaï, il y a trop de matières en fusion idéologique pour qu'un citoyen lambda, habitué aux médias dominants et à leur langue de bois, puisse y trouver de quoi remettre en question toutes ses certitudes acquises ou fabriquées.

C'est bien dommage et c'est forcément la limite de ce film fort, de ce brûlot destiné à l'exportation, aux cœurs et à la raison de la diaspora lointaine perdue dans l'illusion d'une paix rêvée et impossible.

Ce qui arrive à Michael (Lior Ashkenazi) et Dafna (Sarah Adler) est quelque chose qui peut arriver à des quinquagénaires israéliens : un jour, à leur porte, apparaît un annonciateur de mauvaises nouvelles sous la forme d'un soldat à la triste figure. Evidemment, le couple n'a pas besoin de plus d'informations. Il sait que le malheur vient de le frapper, que l'enfant chéri happé par le "devoir" a succombé.

Dès lors, "Foxtrot" de Samuel Maoz va raconter cliniquement comment la société israélienne, et Tsahal en tête, prend en charge le malheur de ses citoyens. Le récit est froid et cinglant, laisse sans voix sur cette organisation minutée et militarisée dans laquelle le libre arbitre de la peine des parents n'a pas de place.

Mais si, sans doute, la plupart des gens se plie à l'ordre collectif, Michael et Dafna entrent en résistance et en colère. Laïcs, intellectuels, humanistes, ils sont ce qu'on aimerait qu'Israël soit, devienne ou redevienne. Vœu pieux que Samuel Maoz s'empresse d'anéantir dans un rebondissement qu'on taira et qui, finalement, conduira le couple en passe de succomber aux événements, à être, par une "énorme" ruse dont seule l'Histoire est capable, l'instrument de son propre malheur.

Le film a engendré une polémique avec Miri Regev, la ministre de la culture, qui n'a pas aimé la vision donnée par Samuel Maoz de l'armée israélienne. Notamment, on l'imagine, quand il décrit un check-point dans lequel quatre pioupious israéliens, plus effarés que glorieux, exercent leur "autorité" sur la population palestinienne.

Ce qui en découle, d'après les partisans du gouvernement israélien actuel, est un pur fantasme, pour ne pas dire comme eux, "un pur mensonge" de Samuel Maoz. Honnêtement, on aimerait qu'ils aient raison mais chaque spectateur jugera si le cinéaste est allé ou non trop loin...

Après "Lebanon", "Foxtrot" confirme l'immense talent de Samuel Maoz qui accumule les plans virtuoses. Certes, on pourrait peut-être lui reprocher une certaine cérébralité qui confine parfois à la froideur. Reste que les scènes où interviennent Sarah Adler - sans doute une des plus grandes actrices israéliennes - et Lior Ashkenazi sont vraiment formidables, confirmant la qualité et la richesse de ce cinéma malheureusement souvent "off shore".

"Grand Prix du jury" à la Mostra de Venise, "Foxtrot" de Samuel Maoz est une œuvre indispensable. On aimerait qu'elle réveille des consciences au-delà du cercle qu'elle va atteindre.

 

Philippe Person         
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21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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