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Hollywood Hex  (We are unique! Records)  avril 2018

Le label toulousain We are unique! Records, à qui l’on doit (excusez du peu) les deux premiers albums de Midget ! mais aussi les disques de Le Flegmatic, reste décidemment fidèle à ses artistes en publiant le nouvel opus de Michael Wookey (ce même Wookey fut d’ailleurs arrangeur pour Angil and the Hiddentracks, autre signature de taille de cette petite structure).

Si vous aviez connaissance et goûtiez déjà son précédent album, Submarine Dreams, vous ne devriez pas être déçu ; si vous ne connaissiez pas, j’espère que cette chronique vous donnera, au moins, l’envie de découvrir.

Bien qu’heureusement différent du précédent opus, la continuité est bien là et les partis pris artistiques sont forts : toujours l’importance donnée à la voix (encore mixée en surplomb) audible et compréhensible, le chant est incarné, toujours le soin méticuleux accordé aux arrangements et toujours des prises de sons remarquables. Cette façon, si singulière, de faire sonner les instruments - qu’il s’agisse d’instruments connus, familiers, comme les batteries, les pianos, les Mellotrons, les guitares, les violons, etc. ou d’instruments aux sonorités moins familières évoquant une collectionneur bidoulleur de sons inattendus, de sons "inentendus" - le rapproche sur ce point de Pascal Comelade.

Les instruments ont chacun leur place, leur espace sonore – on est assez loin des bouillies de la scène "néo psyché" qui, à force d’être trop mixées, en deviennent bizarrement indigestes.

L’album s’ouvre sur une ambiance toute comeladienne au toy piano (joué par celle qui fut musicienne pour John Cage, Margaret Leng Tan), puis viennent d’annonciatrices scansions de cuivres. Le morceau mute encore, devient un peu hip-hop, pour finir dans la grandiloquence tout en cordes, cuivres et piano lyrique.

L’album se poursuit avec des morceaux reposant sur des rythmiques (simples) de batterie. Sur "Red Hot Dollas" s’ajoute un piano discret, des envolées de cordes et la voix parlée chantée prend une forme exorcisante. "Living by the sea" construit une ambiance plus cuivrée, celle d’un pop orchestrale mélancolique. Puis vient "Bane", morceau plus enlevé reposant sur le duo contrebasse batterie ; une discrète guitare, de douces montées de cordes et de cuivres donnent une ambiance petite fanfare adoucie à ce single. Le final, sorte de ballade folk lo-fi, est en rupture totale avec le reste du morceau.

Les trois titres suivants sont d’esprit plus ballades folk, arpèges de guitares, ambiance aux claviers, piano résonnant, piano en écho et Mellotron ("Long Live The Meadows"), ballade folk mélancolique, tout en retenue ("Hollywood Hex") très pianistique, guitare étouffée à la phrase rudimentaire jouée en boucle. "Do the Right Fear No Man", enfin, et ses violons expressifs est construit comme un crescendo toujours retenu, une lente progression.

Vient ensuite "Motherfucker" comme un interlude, puis "Shut your mouth and dance with me", sorte de ballade cabaret déglingué, ambiance harmonica, arpèges country folk, Mellotron élégant, synthés, "noisy" pouet pouet, et petites chorales.

Le classique "Pistol Whipped" prolonge l’ambiance si ce n’est la rupture brutale à la troisième minute comme un deuxième morceau plus en fanfare.

Voilà la fin, on le sent, avec "Small Voice of Calm". On range le décor, demain la tournée se poursuit et l’on est un peu satisfait, un peu mélancolique aussi. C’est l’heure de l’examen. Tout s’éteint après des crépitements. Les rythmes du cœur. Les lumières du cirque crépitent, s’éteignent, ou grillent.

Par rapport à son précédent opus, celui-ci peut sembler plus classique, moins cabaret expressionniste. C’est vrai ! Ce disque est plus grave, plus introspectif : Wookey semble se parler à lui-même, se donner des conseils comme pour se prémunir contre lui-même.

On note parfois un certain "minimalisme", une économie précieuse et précise plutôt que le déferlement sonore et l’opulence du disque précédent. Ce n’est pas un défaut. L’ensemble saisit autant par sa sincérité, par son sens évident de l’écriture, que par son souci de proposer un son singulier.

Entre cabaret expressionniste conscient de ses limites, pop orchestrale modeste et ballade folk violoneuse, l’ombre de Tom Waits semble s’être éloignée, remplacée par celle de Sparklehorse (celui de It’s a Wonderful Life) mais avec toujours ce qui fait d’un disque de Wookey est un disque de Wookey : il est unique ; et cherche l’essentiel, non dans le dénuement d’un duo guitare / voix ou piano / voix (dont on peine à comprendre ce qu’il aurait, par principe, de plus profond que le reste) mais au contraire dans l’intelligent usage de l’artifice.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Submarine Dreams de Michael Wookey
L'interview de Pauline Dupuy (Contrebrassens) & Michael Wookey (mardi 17 janvier 2017)

En savoir plus :
Le site officiel de Michael Wookey
Le Bandcamp de Michael Wookey
Le Soundcloud de Michael Wookey
Le Facebook de Michael Wookey


Francois Montjosieu         
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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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