Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce 23 rue Couperin
Théâtre Athénée-Louis Jouvet  (Paris)  mai 2018

Epopée poético-musicale écrite et mise en scène par Karim Bel Kacem, avec Fahmi Guerbâa et Karim Bel Kacem accompagnés par les musiciens Alain Franco, Aurélie Entringer, Serge Vuille, Flavio Virzi et Michael Schmid de l'Ensemble Ictus dirigé par Alain Franco.

Il y a toujours eu des musiciens dans la vie de Karim Bel Kacem : Messager, Mozart, César Franck, Debussy, Gounot.. Il faut dire qu'il s'agissait du nom des rues de son quartier d'enfance. Beaucoup d'oiseaux aussi puisque tout le monde surnommait sa cité amiennoise "le Pigeonnier". Et puis, également, du bruit, de la fureur... Car dans ces huit barres qui le formaient, le volcan social couvait, loin d'être éteint, et a fini par exposer...

C'est ce qu'il va raconter dans ce "23 rue Couperin"... En trois volets dans un bout à bout dialectique qui va fournir de quoi nourrir un théâtre total, tout autant documentaire que surréel.

Au début, un paysage de tours dans l'obscurité, avec quelques lumières ouvrant le champ à la pyrotechnie. Puis, alors qu'une voix plaintive de banlieusard jure à sa maman bien des choses, l'écroulement attendu des immeubles met à bas des centaines de Kapla. C'est la phase de la cité : elle bruit, elle crie, elle se débat et tombe... malgré la voix chevrotante d'André Malraux qui promettait jadis un radieux avenir gaulliste...

Alors la musique tente sa chance. Les plaques de rue prennent enfin leur sens musical et l'Ensemble Ictus, capable de tout jouer du classique aux musiques de films, sous la direction musicale de son pianiste Alain Franco vient adoucir les mœurs, donne l'illusion d'améliorer les choses. Aurélie Entringer (Alto), Serge Vuille (Percussions), Flavio Virzi (Guitare) et Michael Schmid (Flûte) sont à leur meilleur. Mais cela suffit-il ?

Ils s'esquivent un à un et c'est le retour au chaos qui triomphe avec passage de pigeons Cette fois-ci, ce n'est pas le murmure collectif, dans une pénombre encombrée de sirènes de police. C'est le cri déchirant d'un homme alors que les pigeons-pléonasmes hantent les ruines de la cité en feu. Il a tout de l'homme muré dans son désespoir. L'instant est pathétique. La fatalité ira jusqu'au bout. Il faut s'y préparer.

Commencé comme un constat, "23 rue Couperin" s'achève en parabole. La structure inventée par Karim Bel Kacem pour conter son enfance est certes rigide, mais elle laisse s'écouler de la vie entre ses pores. Fahmi Guerbâa incarne Yacine, l'humain des Cités, un humain au bord du néant, cabossé et en quête d'amour. Un programme qui nécessite plus qu'une pièce d'une heure.

"23 rue Couperin" de Karim Bel Kacem dit la banlieue, celle d'une ville moyenne française. Il cherche à dépasser le "brut de décoffrage" que l'on attend d'un tel sujet. L'empilement de moments très différents peut dérouter ou paraître factice. Qu'importe. Un sentiment passe. Un sentiment qui prend forme au-delà de la compassion ou de l'incompréhension.

Ce que peut le théâtre sur ce qui est montré, c'est à la fois infime et beaucoup. Une lumière qui s'allume, c'est un peu d'obscurité qui s'éloigne. Quelqu'un de plus qui écoute Yacine, c'est peut-être un jour la possibilité qu'il ne se jette pas dans le vide et qu'il n'ait pas besoin d'aller à l'extrême pour être applaudi. C'est l'utopie du théâtre sur la vie.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 20 mai 2018 : Un temps à sortir les palmes

Le Festival de Cannes se termine déjà, sans grandes envolées mais avec une belle palme d'or tout de même et surtout le soleil qui devrait vous donner envie de sortir les vôtres, palmes, histoire d'aller piquer une tête pour vous rafraichir les idées au milieu de tout ce marasme ambiant. Quoi qu'il en soit, pour vous changer les idées, voici comme chaque semaine notre sélection culturelle.

Du côté de la musique :

Glenn Branca, une vie dissonnante
"Quieter" de Carla Bozulich
Rencontre avec Romain Guerret autour de son projet solo Donald Pierre dont voici 3 titres live enregistrés au bar Le Planète Mars
"Free the prisoners" de Andrew Sweeny
"The sound like a tank even if they are a duo" de Archi Deep
"Liszt : Athanor" de Beatrice Berrut
"Lost and found" de En attendant Ana
"Les larmes d'or" de Frédéric Bobin
"Le courage des innoncents" de Olivier Savaresse
et toujours :
"Lion in bed" de Lion In Bed
"Take me away" de Andréane Le May
"JS Bach Inventions & Sinfonias" de Julien Lheuillier
"Lost memory theatre" de Jun Miyake
"Advertisement EP" de MNNQNS
"All inclusive" de Shaggy Dogs
"Bernstein : Mass" de Yannick Nézet Séguin & le Philadelphia Orchestra
"Ain't that mayhem ?" de Zëro

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Les Limbes" au Théâtre du Rond-Point
"4.48 Psychosis" au Théâtre-Studio d'Alfortville
"Strange Love" au Cirque Electrique
"17 fois Maximilien" au Studio Hébertot
"ABC D'airs" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Soulmates" au Théâtre du Marais
"Le Cirque Alfonse - Tabarnak" à Bobino
"Scud" au Théâtre Clavel
"Cabaret chinois et autres farces" au Théâtre Clavel
les reprises avec :
"Les Patissières" au Théâtre Trévise
"King KongThéorie" à La Pépinière Théâtre
"Les Petites Reines" au Théâtre La Bruyère
"Eric Boschman - Ni Dieu, ni Maître mais du Rouge !" à la Scène Thélème
"Légendes d'une vie" au Théâtre Le Lucernaire
"Warren Zavatta - Ce soir dans votre ville" au Théâtre Michel
et les chroniques des autres spectacles de mai

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" de Ilan Klipper
"Bienvenue en Sicile" de PIF
et les chroniques des autres sorties de mai

Lecture avec :

"La symphonie du hasard, livre 3" de Douglas Kennedy
"Les diables de cardona" de Matthew Carr
"Les invisibles" de Antoine Albertini
"Transit" de Rachel Cusk
et toujours :
"L'écrivain public" de Dan Fesperman
"Le chien de Shrodinger" de Martin Dumont
"Les saltimbanques ordinaires" de Eimear McBride
"Passage des ombres" de Arnaldur Indrioason
"Prison house" de John King

Froggeek's Delight :

"A way out" sur PS4, Xbox One et Windows
"Rétro lazer" Tome 1, magazine trimestriel
Le Google Home, enceinte intelligente

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=