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Maison des Métallos  (Paris)  mai 2018

Conférence-performance de Carole Thibaut.

L'année dernière, au Théâtre Ouvert, Carole Thibaut avait proposée une "petite conférence performée" sur son enfance à Longwy, son rapport à son père, ingénieur dans la sidérurgie lorraine. Cette fois-ci, la durée de "Longwy-Texas" a doublé.

Pour raconter cette Lorraine des hauts-fourneaux, berceau de sa famille, de ce "monde des pères", qui commence avec son arrière-grand père, elle utilise toujours des diapositives et des films vidéos, mais là encore les extraits d'actualité se sont amplifiés et, si elle demeure derrière un pupitre, avec un micro, elle lit un texte plus détaillé, peut-être un peu trop, puisqu'elle paraît plus hésitante que lors de la présentation de la version courte de sa conférence.

Elle poursuit le principe à deux voix qu'elle avait breveté l'an passé : de temps en temps, elle quitte le domaine des généralités sur Longwy, ses hommes, ses lieux, ce que y vivre voulait dire, pour prendre un autre ton et énoncer des propos plus personnels.

Ce qu'elle dit sur son père paraît peut-être un peu plus dur car en étoffant son propos ressortent toutes les attitudes du cadre dirigeant qu'il était, totalement obédient à la direction dont il faisait partie sans état d'âmes.

Parallèlement, elle donne plus de place à l'évocation de "Radio Lorraine cœur d'acier", la radio libre qui mena la lutte impossible contre les vœux d'un capitalisme toujours aussi de droit de divin quand survint la décadence et la déroute qu'il l'était dans ses années fastes et triomphantes.

Carole Thibaut, qui a quitté brutalement Longwy à dix ans, y est peu revenue. Elle a effectué trois voyages depuis la fin des années 1970, et le dernier à l'occasion du doublement de son spectacle. Cela lui a permis de régler leurs comptes à ce qu'elle appelle ses "mythologies"personnelles".

Ainsi elle a découvert qu'elle n'était pas le fruit de la "méritocratie ouvrière" que son arrière-grand-père et son grand-père n'étaient pas des ouvriers qui s'étaient élevés mais déjà des cadres dirigeants.

Le rapport à un père produit d'une caste qui se reproduit n'est forcément pas le même qu'avec un père qu'elle croyait être celui qui avait d'une certaine façon trahi la "classe ouvrière". Ainsi, Carole Thibaut sait également qu'elle n'est pas issue de ce peuple dont elle se rêvait.

Le récit est devenu sans faille et l'on sent finalement chez elle une petite déception, mais aussi une nouvelle interrogation : pourquoi, elle, la jeune fille de bonne famille qui voulait faire plaisir à son père a-t-elle franchi la frontière vers l'autre clan, pourquoi en devenant artiste a-t-elle enfreint un ordre immuable"?

En développant son enquête, elle n'a pas perdu le fil ni le sens de sa démarche, mais on la sent quand même un peu moins lyrique, un peu plus mal à l'aise pour dire les mots qu'elle usait l'an passé sans problème et peu moins convaincante pour montrer les choses avec un lyrisme pourtant déjà mesuré et tempéré.

L'an passé, on constatait qu'elle n'était pas du genre à terminer par "Les mains d'or" de Bernard Lavilliers. Aujourd'hui, pourtant, elle achève sa lecture par une chanson du même acabit, une chanson de Michel Fugain, "Le chiffon rouge", un texte plus faible, moins viscéral et moins démagogique sans doute que le chef d'oeuvre de Lavilliers : "Compagnon de colère, compagnon de combat, Toi que l'on faisait taire, toi qui ne comptais pas, Tu vas pouvoir enfin le porter, Le chiffon rouge de la liberté, Car le monde sera ce que tu le fera, Plein d'amour de justice et de joie".

L'ère Macron est aussi passée par là. Carole Thibaut retient peut-être encore plus son émotion. Elle sait qu'elle ne pourra pas (ou ne pourrait pas) faire de ce travail de mémoire un spectacle qu'elle jouerait régulièrement.

Malgré ce nouveau contexte et ses nouvelles interrogations de Carole Thibaut, on ne changera pas la conclusion de l'an passé : "Longwy-Texas» est une évocation nécessaire et sans fausses notes.

 

Philippe Person         
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