Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce C'est maintenant que ça commence
Théâtre Essaion  (Paris)  juin 2018

Spectacle musical conçu par Etienne Luneau et interprété par Etienne Luneau et Joseph Robinne.

On avait laissé Etienne Luneau et Joseph Robinne aux portes du "Chat noir" pour un spectacle au titre éponyme, l'année dernière au Théâtre 13/Jardin.

Ce bel hommage au mythique cabaret où triomphèrent Aristide Bruant ou Jehan Rictus laissait deviner de la part du chanteur et de son compositeur une grande aisance avec les chansons de cette époque, et plus largement, avec le répertoire que l'on qualifiera après la Libération de "chanson Rive-Gauche".

"C'est maintenant que ça commence !" est plus qu'une preuve de leur talent à faire revivre, en la modernisant et en la revisitant selon la formule consacrée, cette grande tradition de la chanson française.

Quand Etienne Luneau entre en scène, veste étroite et cravate fine et que Joseph Robinne s'installe à son piano en plus qu'accompagnateur, ce ne sont pas simplement deux jeunes gens qui entament un tour de chant voix/piano. Derrière eux, ils sont tous là, les fantaisistes et les réalistes, les diseurs, les poètes et les provocateurs.

Dans les inflexions mêmes de sa voix chaude, bien posée, Etienne Luneau réveille Brel et Debronkart, les deux Jacques de la chanson à interpréter le verbe haut, avec humour, arrogance et beaucoup de postillons. Comme ses devanciers, il sait se servir de son corps et de sa gestuelle dans un tour de chant à voir et à entendre.

Mais Luneau a mille influences. Parfois, on a l'impression qu'il a construit une chanson sur le modèle de celles de Bruant. Parfois, quand il fait réapparaître son personnage à la diction ibérique, successivement adepte du tango,du flamenco et du slow, on frôle le Reggiani de "Arthur, où as-tu mis le corps ?". Quant à son feuilleton "Hervé Brisson", il rappelle la complainte de Fantomas chère à Robert Desnos.

Luneau pourrait très bien fournir des chansons à Juliette, la seule qui, grâce à son parolier Pierre Philippe, se rapproche vraiment de ce répertoire. Evidemment, pour l'instant, ce qu'il propose n'a pas la même richesse musicale puisqu'il se contente - et c'est déjà formidable - de marier sa voix aux touches du piano de son complice Joseph Robinne. Il faut dire aussi que cet instrument lui ait bien utile, puisque il a pris l'habitude, entre chaque chanson, de boire un verre d'eau qu'il pose sur l'acajou noir de l'accordéon du riche.

C'est à bon rythme qu'il mène ce spectacle merveilleusement construit en boucle et qui agrège vite tous les spectateurs. Car, qualité suprême pour se produire sur scène sans avoir été entendu préalablement à la radio, les chansons d'Étienne Luneau séduisent à la première écoute, presque au bout d'un seul refrain.

Très vite, on comprend aussi que les personnages décrits peuvent, à tout moment, réapparaître dans une autre chanson. Cet "effet à la Tintin" est assez jouissif, surtout quand Etienne Luneau, vers la fin de son spectacle, propose une chanson somme qui utilise des éléments de toutes celles qui l'ont précédée.

Lui qui porte, en l'assumant complètement, l'héritage d'un art français de la chanson devient ainsi son propre héritier.

Mais ce n'est sans doute pas là son seul objectif et l'on peut parier que, s'il le souhaite un jour, il saura avec son compère écrire des "tubes" ou mieux des "standards" que l'on fredonnera avec un plaisir égal à celui que l'on a aujourd’hui en essayant de se remémorer ce flux musical que l'on vient d'entendre.

Un spectacle dynamique qui rend tout simplement heureux.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 07 juillet 2024 : La culture, pour toujours

Les grenouilles prennent la route d'Avignon et nous vous livrerons nos chroniques quasiment au jour le jour exceptionnelement ! En attendant, voici le programme de la semaine. Pensez aussi à nous suivre sur nos réseaux sociaux.

Du côté de la musique :

"Les chants de l'aurore" de Alcest
quelques clips à découvrir : Dropdead Chaos, MATW, For the Hackers, Elias Dris, CXK
Festival Chauffer la Noirceur #32, nous y serons avec Gogol Bordello, Glauque, Mike Love et quelques autres
"Shame" de Venice Bliss
et toujours :
"Locust land" de Bill MacKay
"Flash-back" de de Laurène Heistroffer Durantel
"Hommage à Nadia Boulanger" de Lola Descours
"All things shining" de Oh Hiroshima
"Deutche theatre Berlin trilogy" de PC Nackt et Nico van Wersch
"Le seum" de Resto Basket
"Times" de Seppuku
des festivals à venir : U Rock Party #3, Cooksound #13, La Guinguette Sonore #7
quelques clips : BEBLY - Lofofora - Chien Méchant - Wendy Pot - Cloud House - JMF Band
on termine la saison du Morceau Caché par "Émission 33 - Alt-J, The Dream, analyse par Alt-J"

Au théâtre :

Spéciale Avignon :
"Normal" à La Scala Provence
"Le poids des fourmis" au Théâtre La Manufacture
"Les enchanteurs" au Théâtre des Gémeaux
"Cyborg Experiments #1" au Théâtre La Factory
"Cet amour qui manque à tout amour" au Théâtre Chapau Rouge
"Rêveries" au Présence Pasteur, salle Jacques Fornier
"160 000 enfants" au Théâtre des Lilas
"Anne Chrsitine et Philippe" au Tiers lieu La Respelid'/Carmel
"Blanc de blanc" au Théâtre Transversal
"Classement sans suite" au Théâtre La Luna
et également toutes les chroniques par théâtre :
Le récapitulatif des tous les spectacles d'Avignon chroniqués chez Froggy

Cinéma avec :

Saravah" de Pierre Barouh
"La récréation de juillet" de Pablo Cotten et Joseph Rozé

"El profesor" de Marie Alché & Benjamin Naishtat

"Six pieds sur terre" de Hakim Bensalah
"Nouveau monde" de Vincent Capello
et toujours :
"La Gardav" de Thomas et Dimitri Lemoine
"Heroico" de Davis Zonana
"Roqya" de Saïd Belktibia
"L'esprit Coubertin" de Jérémie Sein

Expos avec "Résistance" de l'artiste Ukrainien Pinhas Fishel, Pavillon Davioud

Lecture avec :

Nos polars de l'été :
"7m2" de Jussi Adler Olsen
"La meute" de Olivier Bal
"Les effacées" de Bernard Minier
"Norferville" de Franck Thilliez
et toujours :
"Délivrées" de Delilah S. Dawson
"Un autre eden" de James Lee Burke
"Joli mois de mai" de Alan Parks
"Se perdre ou disparaitre" de Kimi Cunningham Grant
"Vic Chestnutt, le calme et la fureur" de Thierry Jourdain
"La cité des mers" de Kate Mosse
"Merci la résistance !" par un Collectif d'auteurs
"Mon homme marié" de Madeleine Gray
"Rien de spécial" de Nicole Flattery
"Le temps des cerises" de Montserrat Roig
"Neuf mois" de Philippe Garnier
"De sable et d'acier" de Peter Caddick-Adams
"Je ne suis pas un héros" de Eric Ambler
"Après minuit" de Gillian McAllister

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=