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Simonetta Greggio  (Editions Flammarion)  août 2018

Lire un livre de Simonetta Greggio, c’est se confronter à ce que la littérature produit de plus beau. Découverte avec deux livres, Dolce Vita et Les Nouveaux Monstres, deux ouvrages qui retraçaient la vie politique italienne depuis 1959. J’y avais découvert une plume, un style si particulier pour raconter les tumultes politiques de l’Italie depuis les années 60.

Avec Elsa mon amour, son dernier ouvrage, le style reste mais le sujet change. Terminé les chroniques politiques, l’écrivain se lance dans la biographie romancée d’Elsa Morante, une figure littéraire italienne. Elsa Morante est née à Rome en 1912 et morte dans la même ville en 1985. Ecrivain, essayiste, poète et traductrice, elle épouse Alberto Moravia, une autre grande figure de la littérature italienne, avec qui elle restera mariée jusqu’à la fin de sa vie. En 1957, avec L’île d’Arturo, elle sera la première femme récompensée par le prix Strega, l’un des plus prestigieux prix italien attribué tous les ans en Italie. La Storia, son œuvre la plus connue, figure dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps.

Ecrivain assez peu connue en France, le superbe ouvrage de Simonetta Greggio nous permet de la découvrir pour certains, de mieux la connaître pour d’autres. Elsa mon amour est donc l’histoire romancée de la vie de cette italienne. Ecrit à la première personne du singulier, l’auteur imagine Elsa Morante à la fin de sa vie, écrivant une sorte de journal autobiographique.

Simonetta Greggio pénètre la vie d’Elsa Morante. Elle prend possession d’elle au travers de sa plume. Elle s’introduit dans sa conscience et son corps. Son écriture lumineuse fait que l’on a réellement l’impression d’entendre Elsa Morante, de lire son autobiographie. Il se dégage de ce livre une très grande authenticité. Elsa Morante s’adresse à nous, tout simplement, sous la plume de Simonetta Greggio qui nous livre au final un portrait complexe et complet de l’écrivain italien.

Construit autour de nombreux chapitres courts qui ne dépassent jamais quelques pages, nous suivons l’enfance d’Elsa dans le quartier populaire du Testaccio. On la voit très vite au contact des livres grâce à sa marraine Maria, qui s’occupe d’elle et lui donne accès à la culture. Elle commence à écrire ses premiers textes, des brèves nouvelles et des fables pour enfants.

Elle va rencontrer son mari, avec lequel les relations seront compliquées mais avec qui elle restera jusqu'à la fin de sa vie. Ses rencontres sont nombreuses, souvent avec des personnages connus comme Pasolini et Visconti. Sa rencontre avec Billy, artiste peintre homosexuel auquel elle s’attachera dans une relation platonique restera dans sa mémoire et fait l’objet de très belles pages quand elle s’adresse à lui. Sa mort restera pour elle un immense traumatisme. On la voit aussi fuir pendant la guerre, se faire avorter. Sa vie fut riche intense comme l’est la plume de Simonetta Greggio.

Il se dégage donc de ce superbe ouvrage une très vive émotion, portée par la poésie de l’auteur. L’amour est omniprésent dans le livre, qu’il soit donné ou reçu et l’on comprend mieux le choix du titre de l’ouvrage. On ressent aussi parfaitement l’admiration que porte l’auteur pour cette femme qu’elle a rencontrée au cours de sa vie.

Simonetta Greggio lui rend donc un immense hommage avec ce livre. Elle lui redonne vie, sous sa plume, le temps d’un ouvrage pour nous montrer qu’elle fut une femme exceptionnelle. Elle nous le prouve notamment en entrecoupant certains chapitres de rappels contextuels sur la vie d’Elsa, d’extraits de journaux d’époque, mais aussi de poèmes et de lettres d’Elsa.

Et de nouveau on succombe devant les immenses qualités d’écriture de Simonetta Greggio. Son talent pour nous décliner la vie d’Elsa nous envoûte pendant un peu plus de 200 pages avec toujours des références culturelles et politiques dans ses écrits.

Elsa mon amour est donc un livre sublime qui, une fois refermé, vous donnera envie d’aller lire les ouvrages d’Elsa Morante.

 
 

Jean-Louis Zuccolini         
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# 20 septembre 2020 : Orages ...ô des...espoirs !

Ce bel été indien se termine sur des orages, du tonnerre et des inondations terribles. Décidément 2020 ne nous épargne rien. Dans l'espoir de jours meilleurs et se faire plaisir au milieu de tout cela, voici notre sélection culturelle de la semaine.

Du côté de la musique :

"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre

Au théâtre :

les nouveautés :
"Aux éclats..." au Théâtre de la Bastille
"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
"Jos Jouben - L'Art du rire" à La Scala
"Mudith Monroevitz" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Ailleurs" de Gints Zilbalodis
at home :
"Caramel" de Nadine Labaki
"Tomboy" de Céline Sciamma
"Peur" de Danielle Arbid
"La Cour de Babel" de Julie Bertucelli
"La Bataille de Solférino" de Justine Triet

Lecture avec :

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"De soleil et de sang" de Jérôme Loubry
"Fin de combat" de Karl Ove Knausgaard"
"KGB" de Bernard Lecomte et "Napoléon, dictionnaire historique" de Thierry Lentz
"La danse du vilain" de Fiston Mwanza Mujila
"Louis XIV, roi du monde" de Philip Mansel
et toujours :
"Apeirogon" de Colum McCann
"Ce lien entre nous" de David Joy
"Dans la vallée du soleil" de Andy Davidson et "Les dynamiteurs" de Benjamin Whitmer
"Ensemble, on aboie en silence" de Gringe
"Hourra l'Oural encore" de Bernard Chambaz
"Mes fous" de Jean-Pierre Martin et "Et si on arrêtait de faire semblant" de Jonathan Franzen

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