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puce Festival La Route du Rock #28 (édition 2018)
Chevalrex - The Limiñanas - Grizzly Bear - Shame - Etienne Daho - The Black Angels -The Brian Jonestown Massacre - Föllakzoid - Josh T. Pearson - Patti Smith - Ariel Pink - Nils Frahm - Protomartyr - Charlotte Gainsbourg - Superorganism - Phoenix - The Le  (Fort de Saint-Père, Saint-Malo)  du 16 au 19 août 2018

Vendredi

Cette 28ème édition (ma 15ème) s’achève lundi matin vers 8h30. Pas forcément ma plus belle édition mais toujours le même plaisir à retrouver les potes et les stickers des Gérards. Parce que la Route du Rock, c’est avant tout moi le rendez-vous des copains. Qu’ils soient bénévoles ou festivaliers, on en finit presque par oublier qu’on vient quand même pour les concerts, et pour avoir la joie de dormir au camping festivaliers (dédicace spéciale à la baraque à hot-dog, sauveuse de vie à 4h du matin).

Pour une fois, j’arrive tôt cette année et ai même le temps d’aller voir Chevalrex à la plage, sur un transat Arte avec un sandwich au pâté. Si musicalement ça peut paraître intéressant, j’aurais préféré voir Topper Harley doubler son set, le garage 60ies étant plus ma came…

Direction le Fort de Saint-Père pour une très belle entrée en matière des Limiñanas. Un set sous le signe de la bonne humeur histoire de faire monter l’ambiance tout doucement. Et quand Anton Newcombe les rejoint pour une collaboration la température monte d’autant plus, même s’il ne restera pas plus d’une trentaine de secondes sur scène, qu’il quitte avant même la fin du morceau.

Grizzly Bear ensuite. Je continue malheureusement à les préférer sur disque tant je trouve leurs sets mous (pour être polie). Trois Routes, je pense qu’on peut éviter une quatrième participation…

Autour des anglais de Shame sur la scène des Remparts où je ne passerai pas beaucoup de temps cette édition. Contente de les voir mais contente de retrouver les copains, alors je les suis de loin.

Daho derrière, star du jour, avec un public venu massivement pour lui. Pas de photo, il faut être un Very Important Photographer pour avoir le droit de le mitrailler. Je n’ai pas le bon profil, tant pis. Je reste en fait par curiosité, parce quand même c’est Daho quoi. Quelques morceaux de son dernier album, beaucoup de vieilles chansons que le public reprend en chœur… je m’ennuie vite et décide de partir quand happée par les copains (comme d’habitude), je reste jusqu’à la fin et pousse même la chansonnette. Bon je peux dire que j’ai vu Daho. Mais je peux dire que j’ai vu Les Musclés aussi et j’en garde un meilleur souvenir.

Je zappe les Black Angels parce qu’il faut bien manger et prendre des forces avec la bande à Anton.  Je décide de tenter le Fish & Chips. Pas forcément la meilleure idée quand on vit en Angleterre mais c’était la file d’attente la plus courte. Et surtout, j’ai rencontré John et Leslie deux écossais retraités, venus évidemment en kilt (et non je n’ai pas regardé dessous. Le respect des aînés, c’est important).

Enfin arrive l’heure de Brian Jonestown Massacre. Un régal pour les oreilles et les yeux (quelles guitares, mais quelles guitares !). C’est propre, carré mais que c’est bon ! Tellement bon que je n’irai pas voir Föllakzoid, personne ne peut passer après les américains.

Samedi

Très impatiente samedi, heureuse de revoir Josh T. Pearson et Patti Smith, que j’avais vu au cours de ma vie à Malte. Josh m’a une nouvelle fois fait frissonner même si le concert de Malte, seul dans une église m’avait presque fait pleurer. Peut-être le plus beau concert de cette édition. Un de ceux qui donne envie d’être amoureux. Et puis c’est Josh. Il profite  du festival et se promène sur le site, très abordable pour le public. Respect.

J’avais vu Patti Smith à Malte, en 2014. En concert normal d’abord, puis devant les temples préhistoriques le lendemain au coucher du soleil avec lecture de poésie et concert pour une petite cinquantaine de privilégiés qui avait payé son entrée 5€ (si si). Toujours pas remise de ce moment de grâce, il m’est très difficile d’entrer dans le concert de ce soir. Mais c’est Patti, légende toujours engagée. Je ne reste pas et décide d’aller me poser au bar VIP. Où je vis un petit Moment Meurice.

Eh oui. Guillaume Meurice était présent pour dédicacer son dernier livre Cosme qui raconte l’histoire de cet homme (Cosme, présent lui-aussi) qui a trouvé la clé pour décoder le poème Voyelles de Rimbaud. Quel rapport avec la Route du Rock ? Patti Smith est une grande Rimbaldienne (elle a même acheté une maison à Roche, village du poète). Bref, je fais connaissance avec Guillaume Meurice toute fière de lui dire que j’ai grandi à Puteaux et que ses chroniques sur la ville sont toujours tellement justes et drôles. Surprenant pour lui de croiser une putéolienne (j’aime bien placer ce mot) ! Je fais la rencontre de Cosme. Très bavard mais ô combien intéressant. Je bois ses paroles, en apprend tellement sur sa vie et ses moments surprenants que j’en oublie d’aller voir Ariel Pink (agréable fonds sonore ceci-dit).

Je finis cette soirée avec le très attendu Nils Frahm, peut-être pas ce qu’il y a de mieux pour me tenir éveillée. Direction camping finalement où nous concurrençons le Macumba avec une contre-discothèque où nous  chantons Queen, David Bowie, Laurent Voulzy et Carlos (je n’aurais pas réussi à les placer dans la même phrase autrement).

Dimanche

Déjà dimanche, déjà plus de voix. Je cours au concert de Protomartyr que j’avais râté lors de leur premier passage au festival. Cette fois, j’arrive tôt et quelle claque ! Meilleur groupe américain actuel selon Iggy Pop, originaire de Detroit, critique du capitalisme et de la misère, ce groupe fait du bien. Et fait rire aussi. Son chanteur Joe Casey est le sosie de David Cameron !

Charlotte Gainsbourg. Pas de photo. Pas follichon non plus. Un son tellement propre que des murmures se font entendre : certains sont persuadés que c’est du playback. La pluie s’invite également pour ce concert et uniquement ce concert. Coincidence ? J’en profite pour aller manger.

Superorganism. Peu de choses à dire. Une bande d’ados toute en couleurs. Sympa. Cinq minutes.

Phoenix. Grosse tête d’affiche. Je ne suis toujours pas fan mais j’aime l’énergie dégagée. Ils assurent le show. J’aurais préféré qu’ils ne jouent pas "Playground Love". Même si c’est Thomas Mars qui chante, c’est avant tout AIR. Et il n’y a qu’AIR pour jouer du AIR (mon meilleur souvenir de 2004 d’ailleurs).

Au tour des jeunots The Lemon Twigs. Ça se trémousse, ça se tortille, ça en fait presque trop mais je comprends certains spectateurs qui affirment n’être venus que pour eux. Une très belle surprise. Je profite du statut de photographe pour ne pas me mêler à la foule et rester dans le no man’s land qu’est la fosse photo. Un revival 1970ies que je trouve rafraîchissant. Tellement de plaisir à voir des gamins de 20 ans sortir ça, et avoir l’attitude qui va avec. Dommage qu’un des frangins ressemble à Jean-Luc Lahaye. C’est perturbant.

Dernier concert auquel j’assiste, Jungle. Un énorme plaisir de les retrouver. Le vrai final de cette édition, absolument tout le monde danse. J’avais oublié à quel point je les avais adorés il y a quelques années sur la même scène. J’ai même ajouté le groupe à ma playlist sportive tellement la musique me donne envie de courir partout. Ça tombe bien, puisqu’à la seconde où le concert s’achève, c’est la chenille qui (re)démarre ! Peut-être pas la plus grande chenille du monde mais le rendez-vous est désormais incontournable.

Je fais l’impasse sur The Black Madonna en me reposant sur un transat au bar VIP, en attendant l’after, le dernier rendez-vous des copains avant l’année prochaine. Et quel after ! Pulp, Blur, Prince, Nirvana, The Postal Service, Coolio, Interpol, une version colombienne de "Voyage, Voyage" (j’en oublie) me font tenir toute la nuit et jusqu’au petit matin. 8h passées, le soleil est bien levé mais on ne va pas se quitter comme ça. Petit tour au bar des bénévoles où je dis au revoir aux copains anciens et nouveaux et je marche les 15 minutes qui me séparent de ma tente. Quelques petites heures de sommeil et me voici dans le train direction Paris.

Et de 15. Pas ma meilleure édition. Il manquait certains copains pas fans de Daho ou Gainsbourg. Manquaient aussi d’autres copains chez qui j’aimais faire mes courses : les labels. J’espère les retrouver l’année prochaine.

J’ai parfois eu envie d’arrêter d’aller à la Route du Rock, aller voir ailleurs, changer. Mais rien n’y fait. Cela reste mon festival préféré parce que la Route du Rock, c’est avant tout le rendez-vous des copains.

 

En savoir plus :
Le site officiel de La Route du Rock
Le Facebook de La Route du Rock

Crédits photos : Jasmina Vulic (toutes les séries sur son Flickr)


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